Postmodernisme : nouvelle frontière du capitalisme

Il est paradoxal que l’un des plus grands succès littéraire et cinématographique de notre époque soit une série de romans magiques : les aventures du fameux Harry Potter. Le paradoxe ne tient pas à la qualité intrinsèque de cette œuvre, mais bien au fait qu’elle surgit dans une période qui a fait du « désenchantement du monde » sa catégorie centrale. De Marcel Gauchet à Francis Fukuyama, ils sont légions les auteurs qui nous annoncent que les temps sont mûrs pour regarder le monde sans les lunettes des idéologies et des « grands récits ». Démocratie libérale et marché nous offrent le véritable génome de nos sociétés postmodernes, un décodage plus fin est en cours, mais l’essentiel est là.

En France, François Lyotard forgeait dès 1979 les contours de cette condition postmoderne en nous invitant à prendre congé de la période ouverte par l’époque des Lumières. Après Auschwitz et le Goulag, la modernité (progrès, nation, sujet, œuvre…) est délégitimée. La faillite des grands récits idéologiques clôture à la fois les comptes du passé et scellent toute projection dans l’avenir. Il s’agit d’ouvrir une nouvelle époque, celle de la postmodernité : une sorte de présent éternel s’installe avec en son centre l’insoutenable légèreté de l’individu.

Pour Frederic Jameson, le postmodernisme est la logique culturelle du capitalisme tardif. Il s’agit de décoder sous ce vocable une véritable révolution culturelle, intrinsèquement liée à la vitalité insolente du capitalisme du dernier quart de siècle. Son objectif théorique n’est ni d’être un avocat du concept de postmodernité, ni de le déconstruire. En le prenant « tel qu’il se manifeste » tant dans les productions culturelles que sur le plan théorique, il cherche à cerner ce moment historique où « marché et culture fusionnent ». La démarche de Jameson est particulière dans la mesure où son fil à plomb consiste à décrire et à analyser l’ensemble des phénomènes culturels qui succèdent à la modernité. Ce qui le conduit à privilégier une périodisation historique : le postmodernisme correspond à une étape du développement capitaliste, qualifié en référence explicite à Ernest Mandel de tardif, dont il en est l’expression sur le plan culturel.

==> Lire l’article (vivement recommandé)

3 Réponses to “Postmodernisme : nouvelle frontière du capitalisme”

  1. « Autour de quelle propriété la société devrait-elle s’organiser ? »

    Aucune de ces réponses. (à la limite, des « propriétés communes locales » pourraient exister)

    • Aucune de ces réponses ? C’est comme si je te demande « Quelle langue devrait-on parler ? » et tu me réponds « Aucune ».

      Ça fait aucun sens ! La propriété commune est en dernière instance une non-propriété vu que c’est « le commun ».

  2. Oh, peut-être que j’ai mal compris, alors.

    En tout cas, de toute façon, la meilleure réponse est « commune ».

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :