2. Manifeste insurrectionnel

La question du pouvoir, c’est la question de l’Agir. C’est le champ de l’action et de la pérennité de celle-ci.

En ce sens, le pouvoir est une question de rapport de forces entre des pratiques sociales. La praxis, l’ensemble des actions que l’on pose en vu de la transformation de nos rapports sociaux, est centrale dans cette problématique.

Quel est le véritable matérialisme ? Évidemment, c’est celui qui s’inscrit directement dans la praxis. Conséquemment, le pouvoir s’exerce, il ne se prend pas. L’idée de “prendre le pouvoir” est nécessairement une réification. L’État ne se capture pas: il est immatériel. Le système d’État est un réseau de relation sociales (un réseau de pratiques significatives).

Si le pouvoir est praxis, notre praxis est la démocratie. Le pouvoir du peuple est l’exercice des pratiques significatives que les groupes en son sein se donnent. Nécessairement, la démocratie est réciprocité, écoute, discussion et argumentation. La démocratie cherche des terrains d’entente dans les pratiques sociales. Son objectif est de s’entendre sur des normes. Les normes guident la pratique des individus parce qu’elles sont significatives pour ceux-ci. Lorsque les normes ne conviennent plus à un membre, il convient de trouver un nouveau terrain d’entente grâce à la pratique démocratique. Ainsi, la démocratie ne peut être formelle. Elle s’inscrit dans des pratiques de groupes. La démocratie est donc un réseau de pratiques hétérogènes.

L’adepte du matérialisme désirant la congruence se doit d’adopter une pratique insurrectionnelle. L’insurrection vise à remplacer un système d’État par un autre. Ces systèmes s’opposent donc nécessairement et le conflit ne peut se résoudre que dans la violence.

La violence doit être entendue comme le refus catégorique d’adopter un type de relation sociale (dans notre cas, notre refus du capitalisme). La violence est ni offensive ni défensive: elle est l’unification de ces deux pôles dans la praxis. La pratique même de la violence amène l’exercice du pouvoir. La violence devient légitime lorsqu’elle est reconnue dans des formes de pratiques. En ce sens, “faire violence” devient un point de vue de classe. « Se défendre » devient un point de vue de classe. « Tuer » devient un point de vue de classe. Bref, est légitime toute violence désirant protéger des pratiques significatives.

Notre position de classe est celle de la position des dominé(e)s. La classe du prolétariat est la classe des gens qui ne possèdent pas les moyens de reproduire leurs conditions d’existence sans devoir s’aliéner, se prostituer. Parce qu’ils contrôlent les choses même qui nous permettent de vivre, les capitalistes nous dictent quoi faire avec la menace de nous laisser mourir de faim si l’on n’obtempère pas. Leur objectif est la valorisation du capital. Le capital est l’ensemble des rapports de production; ce sont des rapports sociaux ! Les capitalistes veulent accumuler du travail ! Ils clament la propriété sur ce qu’ils ne peuvent posséder (nous), s’approprient le fruit du travail des prolétaires et laissent mourir les prolétaires qui n’engraissent pas le capital !

Nous voulons nous réapproprier notre travail, notre production, le monde et nos vies !
Nous possédons tout le pouvoir: il suffit de dire non, de résister et de construire nos alternatives !
Il est temps de faire insurrection !

Mort à la hiérarchie, à la domination et à l’oppression !
Mort au capitalisme !

Vive la liberté, l’égalité et la solidarité !
Vive le communisme !

Gloire à l'insurrection !

3 Réponses to “2. Manifeste insurrectionnel”

  1. Je sympathise avec votre colère mais je ne comprend pas en quoi l’insurrection peut être un programme, si un groupe prépare une insurrection réelle, il ne va pas le crier sur les toits. Sur le fond, la violence politique n’est qu’un instrument de la lutte des classes, elle n’est légitime que défensive, et on constate qu’elle n’est efficace également que dans ce cas, sinon elle n’obtient pas l’accord des masses. Toutes les manifestations violentes des révolutions sont des contre-violences, en commençant par la prise de la Bastille. Prêcher l’insurrection, c’est comme tirer des coups de pistolet en l’air. Je ne connais pas le Canada, mais je n’ai pas l’impression que votre manifeste va avoir beaucoup d’écho chez les travailleurs, si c’est votre but. Lorsque Mao a organisé des insurrections, avant la création de l’APL c’était dans le contexte de la lutte nationale chinoise, où les agressions subies par la Chine justifiaient à peu près tout.

    J’ai l’impression que vous cherchez à constituer un noyau activiste sans bien savoir où vous allez. Réflechissez bien avant de vous retrouver en tôle pour rien pour trente ans comme les gens d’Action Directe chez nous.

  2. Ne Varieter Says:

    Malheureusement, si tu écris bien, tu n’écris néanmoins que des brûlots, sans nuances, sans but. Donne moi un but, une image de ce que nous pourrions atteindre, un vrai projet, et je te suivrai. Ton texte est celui d’un prêcheur, empli de haine et tourné uniquement vers la destruction d’un système qui malgré tout permet aux gens de vivre, où est l’alternative ? « Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente »

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