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La lutte des classes schématisée

Posted in Document de travail, Théorie on 12 novembre 2011 by nsrgnt

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La militarisation de la police

Posted in Document de travail, Théorie on 16 octobre 2009 by L'Agitateur

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Préavis : Ce billet plutôt long est sujet à des modifications et corrections. Ce petit message s’effacera sous peu. Bonne lecture !

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Lance-grenades fumigènes, vestes par balles, masques à gaz, casques anti-balles, canons à eau, fusils à pompe aux balles de caoutchouc (parfois avec poivre de Cayenne) et plastiques, des matraques plus longues et plus malléables, des menottes (tyrap) plus pratiques à manier, et encore plus de nouvelles technologies toujours grandissantes. Ces armes sont de plus en plus efficaces et visent toujours une plus grande portion des manifestantEs pour en devenir des « armes de répression massive ». Les arrestations de masse et les interventions policières deviennent de plus en plus préventives et ciblées, via un profilage bien défini (autant racial que politique). Les chiens s’ajoutent et les visites à domicile ne se font plus aussi rares qu’avant.

Les lois et règles donnant l’impunité, le blanchissement et la tolérance aux brutalités policières – ou tout simplement à la police dans son rapport avec le citoyen – est à un niveau continuellement plus élevé. Les règlements et condamnations contre les manifestantEs et citoyenNEs en général sont de mal en pis : interdiction du port de masque, saturation des prisons (il y a près de 3 millions de prisonnierEs aux États-Unis, soit le plus haut taux sur la planète), prohibition de se défendre contre une brutalité policière, illégalité de se rassembler sans autorisation de la police, accusation de troubler la paix pour avoir manifesté sa colère par la parole, et bien plus.

Les fonds mis en dépenses policières – celles-ci représentent une partie des dépenses totales de la sécurité publique – et le contrôle social augmentent sans cesse. L’accroissement de l’effectif policier se fait dans le même sens, bien que la criminalité est à la baisse, surtout celle contre la propriété privée qui regroupe l’écrasante majorité des « crimes » recensés. Prenons le Canada en exemple avec pour comparaison les États-Unis : les dépenses ont passé de 6.3 milliards de dollars constants en 1985 à 10.5 milliards de dollars constants en 2007, soit une augmentation de 67% ; ce chiffre se situe à 398% aux États-Unis. Au Canada, l’effectif policier est de 65 000 personnes, soit plus que l’armée canadienne (!) ; aux États-Unis, ce chiffre gonfle à 861 000 personnes (excluant les polices privées) donnant ainsi une présence policière plus accrue par 100 000 habitantEs qu’au Canada. De plus, chaque canadienNE paie 320$ par année pour la répression, soit 80$ de plus qu’en 1985.

L’équipement à lui seul évolue à une vitesse phénoménale depuis quelques décennies, voire précisément depuis la chute du Mur de Berlin et s’est lourdement aiguisé avec la création du Département de la Sécurité intérieure aux États-Unis après les attentats « magiques » de 2001. À regarder de plus près, nous pouvons y voir une chose commune : chaque arme de répression utilisée aujourd’hui par la police provient de l’armée, et souvent de l’armée américaine. Ayant prouvées leur efficacité sur le terrain, ces armes et protections ont été adaptées aux populations civiles et transférées entre les mains des agentEs du contrôle social. Par « adaptation », c’est la non-létalisation de ces outils de répressions afin de maximiser le nombre de personnes ciblées tout en limitant les pertes civiles – car, ne le nions pas, il y a des morts quand même.

Survolons un peu l’historique sur certains de ces jouets répressifs contre les masses.

Le bromoacétate d’éthyle, ancêtre du gaz lacrymogène, date de la pré-Première Guerre mondiale. En France, ce gaz lacrymogène se voulait d’être une arme contre les barricadéEs et les manifestantEs (autrefois nomméEs forcenéEs) afin de les déterrer de leur trou et de les affaiblir pour les rendre inaptes à se battre. Les tests massifs ont été faits durant la guerre de tranchées de la Première Guerre mondiale mais se sont avérés être un échec. Pour y remédier, l’utilisation de gaz moutarde a été produite afin d’intoxiquer plus massivement les troupes ennemies. Nous pouvons faire le même parallèle avec le gaz lacrymogène contre les populations civiles : il y a différents types de gaz, dont les premiers n’ont qu’un effet psychologique sur les manifestantEs et irritent légèrement les voies respiratoires. Instables et faibles contre les protestataires, de nouveaux gaz plus toxiques, plus durables et plus efficaces ont vu leur apparition : vomissements, nausées, étourdissements, irritations sévères des voies respiratoires et des yeux, hypersalivation et brûlure de la bouche. Ces gaz sont relativement CS (le plus utilisé), OC (poivre de Cayenne) et CR. Leur utilisation fut globalisée dès les années 30. Ironiquement, l’emploi de ces agents chimiques en tant de guerre fut interdit dès 1997.

Vous pouvez consulter la brochure « Surprise ! On a des droits ?! » pour connaître en profondeur les effets de ces toxines et savoir y remédier en cas d’intoxication.

Afin d’être en capacité de respirer au travers de ce poison et survivre le temps qu’on puisse s’échapper de ces nuages verts, il fallait des filtres à air autre que l’urine sur un tissu déchiré ou découpé de son uniforme. Ce filtre, c’est le masque à gaz. Bien que les masques ait été développés pour les travailleurs dans les mines asphyxiantes, ils ont été plus que nécessaires pour les soldats durant la Première Guerre mondiale. Mais qui dit gaz lacrymogène dit grenade lacrymogène et dit lance-grenade. Cette dernière, originairement le M79, a été développée révolutionnairement pour la première fois durant la guerre du Viet Nâm. Son objectif était de tirer un explosif aussi fort que la grenade plus loin, plus précisément et plus vite tout en étant facile à transporter. Idéal pour repousser l’ennemi et détruire ses positions en un temps record, ce lance-grenade est devenu indispensable pour les forces policières. Vous apercevrez un petit nuage de fumée lors du tir : c’est de la poudre noire afin d’éviter que le projectile ne se détruit. Son utilisation globale fut dès les années 80.

Les casques anti-émeutes proviennent des casques des soldats pour protéger leur tête contre les balles, les débris et les explosions aptes à tuer. Pour être plus efficaces, ces casques ont été munis d’une visière protégeant le visage, et même d’une couche extérieure opaque empêchant autrui de percevoir son visage, rendant le ou la policierE masquéE. En ce sens, le ou la prolétraitre est impossible à reconnaître et identifier en cas d’une brutalité policière quelconque. En ajout à cette protection, les vestes par balles. Autrefois des armures en métal contre les flèches et épées, elles sont aujourd’hui contre les balles, les débris et armes non-létales possible. Des protèges jambes, bras, épaulettes, pieds et mains (!) ont été mises à dispositions récemment aux forces de l’ordre. Le bouclier anti-émeute, jadis du Moyen Âge, garde sa fonction primaire : se protéger contre les projectiles. Il sert aussi à repousser les manifestantEs au corps-à-corps tout en ayant la possibilité de voir devant soit – si le bouclier est fait de matière plastique. Avec le bouclier vient la matraque, celle-ci étant un intermédiaire entre les poings et le pistolet : blesser sans tuer, telle est la devise de cette arme primitive autrefois nommée « gourdin », très utilisée durant la Première Guerre mondiale par les grenadiers sans arme à feu. De plus, elle sert de protection et de bousculade. Ces matraques se transforment actuellement en tonfa pour être plus malléables et efficaces à la fois pour la défense du ou de la prolétraitre et l’offense contre le ou la prolétaire.

Finalement, le fusil à pompe, dont le tromblon en est l’ancêtre, fut utilisé encore une fois durant la Première Guerre mondiale pour déloger l’ennemi de sa tanière. C’était une arme de combat, c’est-à-dire un rôle offensif dans son utilisation : charger vers l’ennemi et le faire reculer en tirant à multiples reprises avec un taux élevé de chance de le toucher. Dans les années 30, le fusil à pompe fut converti en fusil d’émeute : moins précis, moins blessant, il tire désormais des balles de caoutchouc, de plastique et même d’air (bean bag) et de poivre de Cayenne ! Ces balles laissent des traces d’une très courte durée sur la peau, occasionnent des saignements et peuvent faire perdre la voix. Pour les curieux et curieuses, la douleur est supérieure à celle d’une balle de peinture. Pour les chiens, ils ont été domestiqués par les militaires, peu importe l’époque, depuis bien avant l’an Jésus-Christ jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. Bien que très pratiques, ils ont eu pour premières fonctions la garde, la chasse et la guerre.

Depuis, l’imagination n’a pas manqué : il y a les tasers qui ont fait leur apparition, les canons à eau, tout récemment les canons à son, les longues matraques rétractables, les flash-guns, et d’autres armes toujours plus puissantes dans leur impact. Il est même question de canons à ondes et de stickey foam (mousse-colle). Encore un peu et certains penseront même à transférer le bâton électrique vers la matraque électrique pour un effet plus petit que le taser. Rappelons que certains de ces outils fut en premier lieu employés contre des animaux comme le pepperspray (Gaz poivre) afin de repousser les attaques d’ours au Canada. Il ne serait donc pas étonnant que les bâtons électriques, actuellement utilisées contre les animaux sauvages « incontrôlables », se transposent sur les individus …

Après ce bref retour historique des joujoux de la police et ces chiffres concernant les coûts policiers annuels, il faut garder en mémoire que ce n’est pas contre la criminalité que les dépenses et l’effectif policier augmentent. Ce n’est pas non plus pour garantir une meilleure sécurité des citoyenNEs – qui n’est pas menacée – du pays ou combattre le terrorisme. Ce n’est aucunement pour arrêter les véritables criminelLEs de ce système, c’est-à-dire les capitalistes qui détruisent aujourd’hui la planète sous le couvert du fantasme libre-marché.

Non.

Il y a davantage de forces policières, de fonds dans les dépenses policières, d’armes sophistiquées, efficaces et de masse dans le but de mieux vous contrôler, de vous berner, de vous réprimer en réduisant considérablement la nécessité du « nombre » des forces de l’ordre présentes sur le terrain. C’est pour créer un rapport de force beaucoup plus inégal entre le prolétariat et la prolétraitrise (en d’autres termes, les prolétaires et la police) dans différentes situations, réduisant ainsi l’énergie gaspillée par les réactionnaires de l’État. C’est pour garantir une victoire assurée de l’autorité bourgeoise peu importe les moyens les plus légaux et pacifiques que les protestataires vont employer – et si vous osez sortir du cadre légal bourgeois qu’on vous impose, c’est aussitôt la répression. Il leur faut limiter (voire éviter) toute blessure infligée aux chienNEs de garde du Capital et la concentrer que sur les populations civiles qui oseraient se révolter. De sorte, le rapport de force qui était d’unE policierE pour unE prolétaire est devenu d’unE policierE pour plus d’une dizaine (voire centaine) de prolétaires. C’est dans leurs intérêts et non ceux de la collectivité.

La police a besoin de se militariser pour contenir socialement tous les individus qui retournent peu à peu dans ce qui a été avortée avec l’arrivée de l’État-providence de la social-démocratie : la lutte des classes. Ce conflit social qui grandissait dans la première moitié du XXe siècle se remet en marche exactement là où l’histoire l’avait mis à l’écart temporairement le temps de célébrer la « mort du socialisme » d’un côté et la « mort du capitalisme » de l’autre. De ce fait, le contrôle social, bien préparé des décennies à l’avance, doit être plus répressif et de masse puisque la force de persuasion et de désinformation s’amoindrissent. Nous le voyons très bien aujourd’hui : des émeutes mensuelles, hebdomadaires voire quotidiennes explosent pour très peu. Malheureusement, ces soulèvements bloquent au stade de jacquerie.

Ces jacqueries se produisent très majoritairement contre toutes les propriétés productrices de Capital comme les usines et industries, suivies par les restaurants, les supermarchés et les banques lorsque possible. Les domiciles et résidences ne sont donc aucunement la cible de ces révoltes insignifiantes. En fait, c’est plutôt la police qui pénètre dans les résidences pour arrêter des militantEs et personnes jugéEs dérangeantEs contre le capitalisme – exactement comme dans les pays sous occupation militaire étrangère. À chaque manifestation, lors d’une présence protestataire dans les rues, ces réactionnaires de l’État sont aussitôt à leur poste pour protéger le Capital et ses entreprises, ainsi que ses tentacules institutionnelles et corporatives. Il est important de rappeler que « la police est la première ligne de défense constituée de « groupe d’hommes (et récemment de femmes) arméEs » destinéEs à défendre les intérêts de la classe dominante ». Le but du prolétariat est de réduire en cendres la bourgeoisie et sa domination capitaliste, contrairement à la police qui est là pour maintenir son existence et la protéger contre les attaques de tout acabit. C’est son rôle, peu importe le nombre de « gentilLEs policierEs » que vous pouvez connaître. La police a pour seule fonction la répression et n’hésitera pas à vous frapper si l’ordre est lancé par leur gourou.

Il y a donc là aliénation.

Comme dans les pays occupés par les impérialismes canadien et étasunien, les forces réactionnaires contraignent sous l’ordre les citoyenNEs à des lois qui n’ont nullement été écrites et élaborées par le prolétariat. La différence entre nous et l’étranger, c’est que ces populations sous occupation sont les premières à subir les nouvelles technologiques de répression de masse qui, éventuellement, viendront nous embrasser si leur efficacité s’avèrent positive. Rendons-nous à l’évidence : ces forces à l’étranger sont des militaires ; celles ici sont officiellement des policierEs mais officieusement, ce sont plutôt des militaires aussi. Les mercenaires engagéEs là-bas sont les fascistes ici qui aident à la répression.

Le ou la policierE n’est plus. SoldatE, il ou elle est entrainéE pour neutraliser les sujets potentiellement suspects et dangereux pour l’ordre et la paix sociale, et non pas pour communiquer et dialoguer. Il ou elle est ultra-disciplinéE, oubliant tout lien avec la réalité humaine et obéissant aux ordres comme un militaire qu’on lui dicte. L’agentE de la paix (nom particulier en Amérique du Nord pour définir « police ») rentre dans un rapport militaire avec la personne interpelée en l’obligeant à obéir à tout ce qu’il ou elle lui demande sans résistance sous peine d’être brutalisée. Pire, il n’y a aucun avertissement donné et la confrontation physique est aussitôt exécutée : comme c’est unE soldatE, on ne peut se défendre par risque « d’en manger toute une ». La personne interpelée par le ou la policierE-soldatE se laisse violenter afin de réduire au maximum toute accusation qu’elle subira. Parfois, après une bonne séance théâtrale et musicale de leur spectacle dans la rue (c’est-à-dire : se mettre en rangs, taper sur leur bouclier et aboyer des « Move ! move ! »), la police se félicite sur les brutalités infligées sur des manifestantEs.

L’individu devient donc un simple sujet, un objet dans le rapport social avec le ou la policierE-soldatE et se fait manipuler à la guise de ceTTE dernierE. IllusionnéE par les « droits » que le ou la prolétaire possède, il ou elle croit que justice sera rendue et qu’il ou elle en est protégéE ainsi. Erreur, ce n’est pas le cas. La justice actuelle même est une institution du capitalisme et de ses modes de production. Son rôle n’est pas de protéger, mais de réprimer tout ce qui irait à l’encontre de ces dernières ! Les soldatEs détiennent l’autorité et la domination sur vous, peu importe ce que vous pensez, et gagneront tant et aussi longtemps que vous ne lutterez pas concrètement avec une militarisation de vos propres moyens via une organisation armée et révolutionnaire. Pour se débarrasser de ces conditions matérielles de domination et de répression bourgeoises, il faut et nécessairement passer par la lutte armée organisée qui éclatera au travers du retour actuel de la lutte des classes et mettre à terre le capitalisme, solage de la police, de la justice et de l’armée. Le rapport de force inégal et l’impunité policière persisteront si nous continuons à nous maintenir diviséEs et pusillanimes face à l’État bourgeois qui continue à amplifier son arsenal d’armes de répression massive.

Rentrez-vous bien ceci dans la tête : prochaine fois que vous percevrez unE policierE, sachez que c’est unE soldatE qui n’est aucunement votre amiE. Pour les plus pacifistes d’entrevous, sachez que cela fait l’affaire de l’État bourgeois qui souhaite que vous restez dans les moyens de luttes minables qui ne sont qu’une perte de temps. Ce n’est pas avec des fleurs dans leur canon du fusil que le capitalisme tombera, et encore moins de lui-même. Prolétaires révolutionnaires, nous devons exercer le pouvoir et le maintenir par tous les moyens possibles. Toute autre façon est vouée à l’échec.