Manifestation contre la brutalité policière 2012

Manif 15 mars 2012

11 Réponses to “Manifestation contre la brutalité policière 2012”

  1. Je préfèrerais qu’on proteste contre la police, mais bon…

    • Il faut bien que les camarades fassent les premiers pas de leur éducation politique dans ce qui les touche. Ça n’existe pas l’illumination révolutionnaire, alors il faut y aller par une expérience de classe qui s’accumule et qui développe la compréhension idéologique. Cette manifestation est, pour notre collectif du moins, un tremplin pour l’éducation de d’autres, une opportunité pour commencer à formuler leurs sentiments. C’est pourquoi on encourage à sa participation et à d’autres qui ne semblent pas immédiatement pertinentes.

    • Plus loin encore, il faut faire autre chose que protester.

      Ça suffit le spectacle de rue.

      • Rigueur dialectique, camarade ! Rappelle que cet autre chose c’est l’organisation en parti, en front et en armée ! Et c’est à nous d’insister pourquoi cela est juste tout en encourageant les camarades à faire le cheminement nécessaire vers la conscience de classe.

  2. Bakouchaïev Says:

    Est-ce que le COBP et la CRAP font partis de ce regroupement?

    Et pour ce qui est du spectacle de rue, il faut bien diffuser nos idées. Pourquoi se confiner à Internet ou un espace restreint?

    Avant l’action et l’organisation, ça prend une forme de réflexion. Il faut trouver une façon de sortir les gens de leur torpeur et de leur ignorance.

    Malatesta est un de ceux qui justement a tenté de partir la révolution sans réel appui populaire. Ça n’a pas fonctionné et ça ne pourra jamais fonctionner sans mouvement large, comme en Russie et en Espagne.

    Mais un tel mouvement ne sort pas d’une boîte de céréale.

    • J’ai déjà expliqué ce point dans mes deux commentaires précédant, mais je vais le réaffirmer en l’approfondissant étant donné ta réponse.

      Action et réflexion font en fait parti du même mouvement. L’action demande une conscience théorique qui se vérifie dans l’action. De façon typiquement idéaliste, tu poses la réflexion comme préalable à l’action; tu supposes un état d’inaction (tu dis bien torpeur et ignorance) qui est brisé par la « bonne conscience ». La réalité est en fait une série d’actions sur lesquelles ont réfléchi pour mieux agir. Il en est ainsi des masses prolétariennes: elles arrivent avec toute leur expérience de classe qui est en fait leur expérience de vie. Dire que les masses sont dans la torpeur, c’est dire qu’elles n’ont aucune vie à raconter. Les idéalistes arrivent avec leurs utopies toutes faites et leur bonne conscience morale pour illuminer les masses. Les communistes se doivent d’organiser les masses selon les divers degrés de conscience, c’est-à-dire d’expérience. Seul l’unification des masses permet le partage de l’expérience, le développement de la conscience et l’action révolutionnaire. Tu dis avec justesse qu’un tel mouvement n’apparaît pas simplement parce qu’il est moralement juste et c’est pourquoi Errico Malatesta et nombre d’autres ont lamentablement échoué.

      Si tu ne fais que répondre au camarade L’Agitateur, sache qu’il parle en fait de la conviction de la gauche que les mots suffisent à changer le monde. Cela lui fait s’arracher les cheveux de sur la tête. Il porte une grande frustration face à l’idéalisme bourgeois qui est rampant dans la gauche. Son nombre de contributions à ce sujet abonde sur le site, comme tu sembles l’oublier.

      • Bakouchaïev Says:

        Je ne nie pas qu’il puisse y avoir un mouvement dialectique entre action-réflexion ou que les gens des classes populaires ont un vécu. Mais peu de gens conteste l’État et le capitalisme, peu de gens ont ce désir de changer les choses, de s’organiser et surtout de se battre. Il faut avoir la tête dans le sable pour penser le contraire.

        L’Agiateur fait souvent des appels à l’action révolutionnaire, mais un travail de propagande est nécessaire pour arriver à cette étape. Mon impression est que l’Agitateur est impatient et veut sauter des étapes. Cette attitude mène à des catastrophes. Je pense te rejoindre en disant que cette action comme bien d’autres est une forme de propagande en soi.

        La différence entre moi et vous est que je ne veux pas organiser les masses. Les gens doivent apprendre à s’orgnaiser eux-mêmes, sans chefs ou messies. Je ne veux pas illuminer les masses, mais qu’elles trouvent par elles-mêmes où se trouvent la switch.

  3. Le collectif n’a pas la prétention d’organiser les masses. Comme nous l’avons indiqué dans Qui sommes-nous ?, nous n’avons que la prétention de faire du matériel d’éducation et du matériel théorique avec parfois un commentaire politique. D’ailleurs, comme nous l’avons dit dans Qui sommes-nous ?, le lectorat que nous visons est l’avant-garde idéologiquement peu développée, c’est-à-dire une avant-garde pratique, spontanée, et l’avant-garde totalement désorganisée en recherche de connaissances et d’organisation. C’est pourquoi L’Agitateur sert surtout de base de donnée éducative plutôt que de blog politique où les mêmes billets s’enchaînent les uns derrières les autres et des commentaires sur tous les événements possibles existent. Encore une fois, comme nous l’avons dit, notre but est le perfectionnement idéologique de l’avant-garde. Bref, les gens qui visitent le site ont déjà certains objectifs et besoins et c’est sur cela que nous misons.

    Ce qui n’est pas ouvertement déclaré, mais qui est tout de même un aspect important de la politique communiste, c’est que les membres du collectif font aussi leur propre éducation à travers des expériences de recherche et de rédaction qu’en tant que communistes nous partageons avec qui veut bien. Offrir et créer des opportunités d’exprimer son expérience de classe (de façon préférablement rigoureuse) avec d’autres fait parti de la politique communiste et certains membres ou lecteurs en ont grandement bénéficié soit par l’entremise directe du blog ou par des discussions privées.

    D’un autre côté, parler de L’Agitateur en tant que personne n’est pas entièrement correct. Des membres du collectif publient sous le pseudonyme d’administration et pas sous leur propre pseudonyme; aussi, tous les textes sont sujets à révision et modification par le collectif. Le seul véritable critère de publication est la rigueur théorique du propos par rapport au marxisme-léninisme-maoïsme, seul courant qui porte une pratique hautement révolutionnaire en ce moment, et la pertinence d’un sujet théoriquement sympathique.

    En tant qu’anarchiste sans qualificatif, je sais bien que tu es pour la spontanéité absolu. Par contre, je dois te répondre que l’histoire a prouvé maintes fois que les anarchistes qui n’organisent pas les masses n’arrivent à rien d’autre que des petits groupes (d’affinités) à très courte espérance de vie pour la simple et bonne raison qu’il y a refus de vouloir construire une idéologie forte par l’union et refus d’assurer une permanence. Plus les anarchistes organisent les masses, plus ils s’approchent de la politique communiste (eux-même prennent le qualificatif). Maintenant, tu peux continuer à être plein de bonne volonté et d’espérer un monde meilleur en criant anarchie dans des manifestations ou tu peux participer à la création d’un large mouvement possédant les mêmes stratégies et tactiques afin de réaliser ses objectifs politiques contre une classe dominante elle-même extrêmement organisée. Je t’invite à prendre contact avec les révolutionnaires sympathiques et sérieux du Parti communiste révolutionnaire ou, du moins, te joindre à l’Union des communistes libertaires (malgré ses lacunes), la seule organisation anarchiste (communiste) que je connaissance qui a réussi a se maintenir à travers plus d’une décennie sans perdre trop de plumes.

    Voici la réflexion d’un des membres de l’UCL qui illustre bien le besoin organisationnel. Bien que cette réflexion ne met pas en perspective toute l’histoire du prolétariat pour en dégager ses meilleures expériences, c’est-à-dire qui sont effectivement arrivées à une victoire écrasante sur l’ennemi, elle met en relief le besoin « terre-à-terre » de s’organiser sous une même base:
    http://libcom.org/history/history-nefac-quebec-city-2001-2008

    En dernier lieu, l’Agitateur est un site web et cela ne remplace aucunement la pratique révolutionnaire d’organisation des masses. Pour mettre une chose parfaitement claire, ce site n’est pas le texte sacré pour l’illumination révolutionnaire et ne remplace en aucun cas la nécessité et la primauté de se regrouper en parti qui agit de façon unifiée dans le sens d’un but commun clair. Et pour arriver à cette unité de classe, le parti se doit absolument d’aller chercher les masses dans ce qui les concerne et de les prendre avec leur niveau de conscience de classe hétérogène tout en les poussant à la développer.

    J’espère que tous mes commentaires dans ce billet ont été limpides et que plus personne ne va croire ou avoir le réflexe bourgeois de penser que l’on est un groupe d’êtres se croyant divins et voulant manger le prolétariat avec nos idées parfaites. Il me semble que nous l’avons assez expliqué dans les trois dernières années pour avoir été clair à ce sujet.

  4. Bakouchaïev Says:

    Je ne sais pas où tu as pris que j’étais pour la spontanéité absolu, mais ce n’est certainement pas de moi. Je suis tout à fait pour l’organisation, mais sur une base horizontale. Mais la centralisation et l’autoritarisme, ce n’est pas pour moi. D’où mon rejet du parti et de la plateforme.

    J’avoue qu’avec ce genre d’affirmations lancées en l’air, je n’ai pas lu le reste de ton message ou fort peu.

    C’est toi qui a parlé d’organiser les masses, relie toi. Pour ce qui est de mon réflexe bourgeois, je vis dans un 1 et demi mon cher. Là tu vas me dire que mes conditions matérielles ne comptent pas, que je suis aliéné et que je reprend des idées bourgeoises, mais tu tomberais dans l’idéalisme pur.

    Les communistes traitent de bourgeois ou de petit bourgeois tout ce qu’ils n’aiment pas et ne comprennent pas, ce qui inclue les anarchistes. Pourtant ce dédain historique, le fait de regarder les anarchistes de haut, me semble ironiquement, un réflexe assez bourgeois et pédant.

    • Je ne te force pas à participer à notre site si tu nous trouves frustrant, mais sache que je m’applique énormément et écrit des billets pour presque chaque commentaire dont je trouve méritant une réponse appropriée, ce qui fait en sorte que je considère objectivement la participation des lecteurs sur notre site plutôt que je ne vomis des réponses à peine articulées et empreintes de sentiments désorganisés. Tu as daigné répondre à mon commentaire précédent en ne le lisant même pas étant donné ton « indignation » devant ma dénonciation de la spontanéité. Sans parler que l’argument des « communistes sont au dessus/déconnectés du prolétariat » revient sans cesse malgré son manque cruel de vérité. Je t’invite à être plus réfléchi pour que l’on puisse poursuivre notre discussion, sinon je crois qu’il n’y a plus rien à discuter.

      Maintenant, les conditions matérielles, c’est l’histoire de vie objective de quelqu’un et de l’ensemble. Nous grandissons et vivons dans des sociétés bourgeoises et il est normal que nous ne nous soyons pas débarrassés des conditionnements de cette société. C’est aussi normal que l’on dénonce les fausses lignes comme la tienne puisqu’elles sont teintées de réflexions précapitalistes, individualistes, bourgeoises, spontanéistes, utopistes et j’en passe. Nous nous appliquons aussi à démontrer pourquoi, ce qui fait une des forces du communisme face à l’anarchisme et d’autres tendances politiques.

      Et l’horizontalisme c’est la spontanéité par affinité. Hormis les plateformistes, les anarchistes conçoivent en général la vie sociale et la révolution comme la spontanéité de la démocratie directe par affinité et l’atteinte d’une masse critique de démocratie, sans parler des individualistes, des lifestyle, des primitivistes, etc. Et cette démocratie, c’est le refus absolu d’avoir une ligne politiquement contraignante qui engage ceux qui font parti de l’organisation, même lors de désaccord profonds, et ceux qui ne font pas parti de l’organisation. L’anarchisme, c’est surtout l’action directe et le réseautage. Toute ligne politique contraignante est de facto refusée au nom de la liberté. Toute action militaire contre les forces capitalistes est refusée. La propagande par le fait est la forme par excellence de la guerre politique. Tant que toute la classe ou, du moins, une masse critique n’est pas organisée dans la démocratie directe, la révolution est impossible. C’est une conception mécaniste qui n’arrive évidemment pas à créer des organisations qui persistent dans le temps puisque la base des relations entre individus ou groupes est l’affinité et non pas l’intérêt de classe. Le moyen anarchiste par excellence, la « démocratie directe horizontale », ne crée pas une classe idéologiquement et politiquement forte car elle enlise les membres dans leurs positions subjectives étant donné le refus de la rigueur et de la discipline de classe, perçues subjectivement comme « autoritaires » plutôt que comme le reflet des phénomènes de la vie sociale objective. Les communistes misent sur les conditions objectives de la classe pour former une unité démocratique.

      J’ai flirté avec les anarchistes durant mes premières années de formation politique pour finalement me rendre compte qu’il n’y avait aucune avenue dans cette idéologie (et je spécifie idéologie) puisqu’elle n’a historiquement menée à rien de persistant, est principalement composée de raisonnements partiels et d’idéalisme, qu’elle manque de caractère scientifique et que ses arguments politiques sont généralement construits sur la base de raisonnements moraux plutôt qu’objectifs. Les anarchistes font parti de l’avant-garde du prolétariat, mais l’anarchie ne mène pas à la révolution. Les anarchistes participent à la progression de la conscience de classe, mais ne peuvent pratiquement et théoriquement porter la classe jusqu’à la révolution étant donné le niveau inférieur de développement théorique et pratique, niveau reflété par les résultats de leurs efforts.

      Pour te renvoyer la pointe, tu dis que les communistes traitent les comportements bourgeois d’effectivement bourgeois, mais vous, vous traitez tout ce qui n’est pas conforme à vos idéaux d’autoritaire sans pouvoir vraiment fournir des explications basées dans l’objectivité et la science, vous basant toujours ultimement dans des arguments moraux et métaphysiques ou en disant que la « vrai révolution » est toujours « récupérée » à un point ou un autre. J’ai assez lu de propagande et de littérature anarchiste pour maintenant lui mettre mon poing dedans. Vous usez généralement de sophismes au lieu de science pour démontrer vos points. Il est bien plus facile de targuer « d’autoritaire », donc de mal et d’indésirable, d’utiliser cela comme « explication » au lieu d’une démonstration, quelque chose plutôt que d’expliquer la complexité des relations sous-jacentes à un phénomène et de démontrer une voie pratique pour arriver à ses fins, le qualificatif bourgeois n’étant qu’un des descriptifs largement documentés.

      Ultimement, les communistes font la révolution et les anarchistes « durs comme fer » (lire idéalistes) vont encore dire que l’on est autoritaire et que l’on ne fait pas une « vrai » révolution. Ils clameront encore être le « vrai prolétariat », hors du prolétariat qui avance sans eux. Va donc dire à un membre du Parti communiste d’Inde que son mouvement de millions de communistes est autoritaire, que sa révolution ne sert à rien puisqu’elle n’est pas « vraiment vraiment vraiment libre », que tout ce que ces gens font est un mensonge, que tous les acquis objectifs de la révolution sont en fait de la poudre aux yeux et que les milliers de gens qui ont donné leur vie pour obtenir et défendre ces acquis l’ont fait de façon « non-démocratique », donc inutile. C’est pourquoi je me permet d’envoyer promener ta pratique politique tant qu’elle n’aura pas engendrée quelque chose de comparable (et qu’on ne me ramène pas la guerre civile espagnole comme seul et ultime exemple car la guerre a été aussi largement menée par les communistes). En effet, les anarchistes ont tendance à rejeter la classe réelle pour la pureté des idées (tout comme de nombreux soit-disant communistes par ailleurs), mais je sais que les conditions objectives gagneront la majorité de cette avant-garde puisque l’histoire démontre ce qui suit en tout point jusqu’à maintenant: soit ces gens abandonnent l’avant-garde, soit ils développent une conscience plus avancée.

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