Quand la répétition devient une performativité

Non, ce blogue n’est pas mort. Il n’est pas en pause non plus. Le nombre de sujets ne manquent pas d’ailleurs. Il pourrait y avoir un billet sur l’Islam. Un autre sur les révolutions dans les pays arabes. Un troisième billet concernant les hédonistes qui mélangent maladroitement consumérisme avec « sensibilité humaine du monde de la vie » et Révolution. Ainsi qu’un billet à propos de la mollesse congénitale au Canada.

Malgré tout, aucun de ces billets n’est écrit et ce n’est pas sans raison.

En fait, ce qui se passe en ce moment est une absence de répétition. J’entends par là que les articles écrits sur ce blogue ne sont pas des copier-coller, encadrés par une analyse-recette sur des sujets à peine différents les uns des autres. Pensons aux très nombreux blogues qui pondent des quantités astronomiques d’articles, de chroniques et de billets pour garantir des statistiques de visites toujours plus élevées. Leur contenu est riche en nombre parce qu’il y a des mots sur à peu près tout, mais pauvre, très pauvre en pertinence parce qu’au bout du compte, on s’en câlisse pas mal et ça nous apprends rien de nouveau.

La propagande de l’ASSÉ et de ses associations étudiantes membres par exemple. Plus précisément, le journal L’Ultimatum. Beaucoup d’articles, quand même bien écrits, avec d’excellentes références, sont rédigés pour informer les membres. L’esthétique est accrochante et la lecture est plutôt facile. C’est très informatif. Le problème, c’est la redondance incroyable des textes : ils se répètent tous, l’un après l’autre, sur les mêmes points, avec les mêmes arguments, dans un cadre très technique et spécifique bien intégré au capitalisme. En d’autres termes, ces textes critiquent la gestion du capitalisme sans nécessairement faire appel à son abolition pure et simple pour diverses raisons stratégiques.

Bien sûr, certaines personnes diront que les néophytes n’en savent rien, et qu’ils et elles ont tout à apprendre de ces textes; que ceux-ci sont mieux faits, mieux construits et plus solides dans leur argumentaire; que se mettre continuellement à jour sur l’actualité est une nécessité chez tout-e militant-e.

Mais en quoi la répétition du « Il faut en finir avec le privé, avec le profit, avec la marchandisation de l’éducation, avec le néolibéralisme ! » leur feront comprendre que le problème réside dans le capitalisme et non pas dans une simple fausse dichotomie entre le privé et le public ? Le néolibéralisme n’est qu’une forme de gestion du capitalisme, la marchandisation de l’éducation est inévitable, la privatisation est un processus nécessairement intrinsèque aux mécanismes du marché capitaliste et le profit est l’unique moyen de survivre en tant que possédant-e du Capital. Conséquence, les militant-e-s et activistes se coincent à lutter pour un capitalisme plus humain. Ils et elles recyclent ce qui a déjà été dit et le répète sans arrêt comme une sorte de vérité absolue transcendantale.

C’est là que la répétition prend une tournure morbide, voire presque mystique. C’est l’idée inconsciente qu’à force de se répéter sur un sujet, à force de dire la même chose, à force de reprendre les mêmes termes, les mêmes phrases; bref, la même rhétorique, il y aura réalisation, transformation, illumination. Comme si la parole devient l’acte, l’abstrait devient matériel. Un peu à la manière des prolétraitres (la police) qui, en affirmant « vous êtes en état d’arrestation », vous mettent les menottes et vous embarquent pour une visite au poste de quartier. En d’autres termes, le dire se cristallise en agir et se justifie par le dire : c’est la performativité.

Nous pouvons clairement le voir dans les luttes étudiante et syndicale actuelles. Le discours s’articule autour d’une volonté de reconnaissance par l’État des besoins du peuple (un amalgame d’individus de différentes classes sociales et sous-classes), c’est-à-dire : investir plus dans le public et moins dans le privé. Pour ce faire, il faut être entendu, montrer sa colère et faire reculer le gouvernement. Le moyen employé est principalement la manifestation dans les rues, munie de banderoles, de pancartes, d’instruments musicaux et de mégaphones pour scander des slogans. Pour en arriver là, il faut passer par les assemblées générales à n’en plus finir, aux monologues infinis et à des ajustements minutieux tout à fait délirant.

Évidemment, tout ceci est très libéral malgré l’ironie de vouloir en finir avec le libéralisme. Ce que vise ces actions et la rhétorique qui les accompagne est claire : renforcer la totalité capitaliste pour n’en critiquer que ses fragments. Nous parlons alors de mieux gérer le capital, les institutions et les services offerts. Nous parlons aussi de mieux gérer le personnel responsable de ces mêmes choses. Le problème de surface devient donc le problème fondamental; l’image devient l’original; la forme devient le contenu. En un mot, le combat contre le capitalisme devient un combat contre l’imaginaire capitaliste.

La lutte se tourne pour ainsi dire sur l’apparence des conflits sociopolitiques. Il n’est pas rare de lutter en changeant son image de profil sur Facebook, en diffusant une vidéo sur YouTube ou en faisant la manchette à TVA pendant 30 secondes. Étant donné qu’on répète sans cesse qu’il faut se faire entendre et crier plus fort pour être entendu, il y a effectivement une tentative réelle à crier plus fort sans jamais remettre en question la notion de communication avec l’ordre établi. Nous crions ainsi plus fort envers le même Autre, l’antagonisme du peuple, c’est-à-dire le gouvernement. Pourtant, le gouvernement n’est pas le maître du monde, et encore moins autonome ou indépendant de tout. Ce n’est pas une affaire de structure.

Néanmoins, il est important de comprendre ceci : ils s’en câlissent. La parole ne leur est intéressante que lorsque le rapport de force est égal ou à notre avantage. Pour atteindre un tel rapport de force, il faut nécessairement passer par une violence matérielle. Avec le discours qui véhicule entre les branches militantes, celles qui supposément sont les générations en lutte pour le futur, est une perte de temps. Il ne mène nulle part, si ce n’est le renforcement de ce qui existe déjà, mais avec une exigence au droit à la différence (« nous sommes différents, reconnaissez-nous dans notre différence et donnez-nous une place libre dans le capitalisme !»).

Si nous voulons en finir avec le libéralisme, il faudrait d’abord et avant tout en finir avec son langage, c’est-à-dire sa manière de lutter, sa rhétorique et ses paradigmes. Tant que nous allons parler le libéralisme et faire le libéralisme, nous allons reproduire le système indéfiniment. Combattre le libéralisme pas bon avec le libéralisme humain et bon est une fantaisie. Choisir entre le libéralisme et le libéralisme (!), l’un avec les mots doux de révolution, et l’autre avec les mots durs de l’économie capitaliste, n’a rien d’une possibilité de sortie. Cela reste du libéralisme, partie intégrante du capitalisme qui s’opère autour de la propriété privée.

36 Réponses to “Quand la répétition devient une performativité”

  1. Ils ne s’en câlissent pas, ils trouvent ça drôle!😦

  2. Très bien écrit. Toutefois, je trouve déplorable que vous tombiez dans le piège d’associer capitalisme et libéralisme. Il vous semble impossible d’imaginer un monde totalement libéral, mais où le profit privé n’existerait pas. Un monde où on ne ferait pas abstraction du Capital, mais qu’on le répartirait plutôt équitablement entre CHAQUE terrien, l’égalitarisme. Bref, un monde où le Capital social serait libéralisé, démocratisé.

    Et si nous avions fait erreur pendant plus de 200 ans et que ce n’était pas la propriété privé qu’il fallait détruire mais plutôt le profit privé, source de tous les déséquilibres? Si cela vous intéresse, je vous propose de faire lecture sur le néo-communisme du 21e siècle, qu’on nomme également le libéral-égalitarisme.

    Solidairement.

  3. Bakouchaïev Says:

    @ André Franc-Shi : Vos propos me laissent perplexe. Le capital est une forme d’accumulation de profit qui découle de la propriété privé des moyens de production, qui elle-même est basée sur le surtravail (heures non payées pour le travail accompli gratuitement pour les capitalistes) ce qui engendre la plus value, à la base du profit. Le profit ne saurait être socialisé, il découle de l’exploitation des travailleurs et des travailleuses. Vous ne pouvez pas vous débarasser de l’exploitation des travailleurs et des travailleuses, si vous ne voulez pas vous débarasser du capital et de la propriété privé des moyens de production. La sortie du capitalisme passe par la collectivisation des moyens de production (je parle ici de l’autogestion et non de la gestion de l’économie par l’État qui nous mènerait à la répétition de la révolution d’Octobre).

    @ l’Agitateur : Je suis sommes toute d’accord, mais sortir de ce cul de sac va être laborieux. Quand les gens ont d’autres options que la confrontation violente, ils prennent d’autres options. On est loin de l’éviction des proprios par les locataires et des employeurs par les travailleurs et travailleuses.

    C’est quand ils sont désespéréEs que les gens agissent, pas avant. L’économie de l’Argentine s’est complètement effondrée et c’est pour ça qu’une forme d’autogestion a pris place dans ce pays. Mais comme nous l’ont montré les révoltes arabes et la révolution russe (on ne sera probablement jamais d’accord sur ce point) quand les gens se soulèvent sans organisation politique crédible et bien ils se font récupérer.

  4. @Bakouchaïev : Merci de votre critique. Je penses que vous avez identifié le problème (« je parle ici de l’autogestion et non de la gestion de l’économie par l’État »), mais que vous refusez d’en conclure les enseignements (« Le profit ne saurait être socialisé »). Qu’est-ce que l’autogestion, sinon la gestion par chaque individus librement?

    Si le Capital est surtravail, je n’ai RIEN ni contre le Capital, ni contre le surtravail. Toutefois, le surtravail est permis par l’action complémentaire de TOUS les terriens et donc le Capital appartient à l’Humanité toute entière. Le profit privé (ou le salariat) doit être considéré comme un VOL et traité comme un crime comparable à la fraude aujourd’hui.

    Toutefois, attaquer la propriété privé de front, c’est utiliser un « remède de cheval » pour quelqu’un qui aurait un rhume. C’est le même principe que les anti-biotiques : on détruit tout, le bon comme le méchant. En quoi la propriété privé serait néfaste si on en retirait l’idée de profit privé? Par exemple, si j’ai un projet d’inventer et de distribuer une nouvelle sorte de pompe à eau pour développer les pauvres plus pauvres, en quoi est-ce néfaste pour l’Humanité que je sois le seul architecte de MON projet? Je penses que les travailleurs devraient être libres de s’associer comme bon leur semble : en coopérative, en fédération, en PME ou même en entreprise à employé/patron unique, PEU IMPORTE! La liberté de CHAQUE individus doit primer; non plus celui des organisations, des partis politiques, des États ou des corporations (mais cela n’empêche pas que les travailleurs pourront se réunir en corporation, si cela leur plaît).

    Mais pour qu’un tel système fonctionne, il faut détruire le capitalisme; il faut détruire le Capital privé et le profit privé qui en est le principal moteur. Pour se faire, il faut impérativement faire (non pas nationaliser mais) l’AFRICATION* de toutes les banques (et par ricochet de toute l’économie) et ainsi publier les chiffres d’affaires de CHAQUE entreprises. Ainsi, chaque patron d’entreprise est maître de la gestion du Capital de son entreprise, mais ne peut attribuer de salaire ni à lui, ni à quiconque. Ensuite, pour répartir ce Capital social équitablement, il suffit de le distribuer (admettons à chaque mois) sous forme de revenu égal pour tous. Saviez-vous que si nous faisions cela au Canada (si on prend le PIB et qu’on le divise par le nombres d’habitants), on pourrait offrir un revenu de plus de 3000$ PAR MOIS à TOUS les canadiens? Et si on applique la même formule sur toute la planète, on pourrait déjà offrir un revenu de plus de 950$ par mois à TOUS les terriens, imaginez! Il suffit ensuite d’établir un système « d’investissement démocratique » où chaque individu se verrait demander d’investir (par exemple) 20% de ce revenu dans des projets sociaux (entreprise privé, recherche spatiale, assainissement de l’eau, réparation des routes, la construction d’un hôpital ou d’une école, libre à chaque individus de décider librement). Ainsi, chaque individu devient banquier, investisseur, politicien, fonctionnaire….bref, maître du Capital social. Nous ne voulons pas détruire le marché des marchandises, mais le marché du travail!

    Là où je suis 100% d’accord avec vous, c’est quand vous invoquez que lorsque « les gens se soulèvent sans organisation politique crédible et bien ils se font récupérer ». Je ne vois pas pourquoi vous prétendez qu' »on ne sera probablement jamais d’accord sur ce point ». Nous (les libéral-égalitaristes), prônons l’organisation d’une délégation citoyenne révocable depuis des années. Mais notre délégation révocable a apprit des erreurs du passé et nous tentons de rapprocher le pouvoir du simple individu. Lors de la Commune de Paris de 1871, un délégué représentait +/- 15625 individus; lors des révolutions russes, les soviets représentaient +/- 500 à 1000 individus; mais lors de la prochaine révolution libérale-égalitariste un délégué révocable représentera seulement 25 individus! 15625 \ 25 = 625; 625 \ 25 = 25. Notre mouvement est même logiquement mathématique et malgré que toute la démocratie mondiale reposerait sur de minuscules groupes de 25 individus, elle se ferait en seulement 6 paliers. 6 paliers de délégués révocables, formés de groupes de 25 individus (la grosseur d’une classe d’école), qui représenteraient les 7 milliards d’humains, imaginez!

    Voilà, Bakouchaïev, j’espère avoir éclairci suffisamment ma pensée. Si vous êtes encore perplexe, je vous prit de bien vouloir me souligner les points qui vous incombent et j’espère avoir la chance d’échanger de nouveau avec vous.

    http://www.unionrevolte.blogspot.com

    *L’AFRICATION, ce n’est pas mettre sous tutelle de l’État (par opposition à la nationalisation), mais mettre sous contrôle de l’Humanité. L’Africation de l’économie, c’est répartir de façon neutre TOUT le capital social; cela doit s’accomplir par les calculs et l’action d’un ou de plusieurs ordinateurs. Ses actions sont donc impartiales et traitent chaque individus sur un pied d’égalité.

  5. nsrgnt Says:

    Pour l’instant, je ne vais m’en tenir qu’à une courte explication des raisons pourquoi vous avez tort tous les deux.

    André se borne à la sphère de la circulation et rejette complètement l’importance des origines du profit ie. la sphère de production. Par contre, bien que l’explication par Bakouchaïev sur l’origine de la plus-value soit satisfaisante, je tiens à souligner que s’en tenir à une explication productiviste du capitalisme est insuffisante pour saisir celui-ci.

    https://agitateur.wordpress.com/2010/01/19/karl-marx-en-bref/

    Le capitalisme est une totalité sociale: plus qu’un simple mode de production économique, c’est un mode de reproduction sociale. Ignorer l’aspect coercitif du capital, c’est ignorer ce qu’est le capitalisme.

    Ergo, socialiser le profit, ce n’est pas se débarrasser du capitalisme et de tous ses processus: prolétarisation, exploitation, marchandisation et valorisation. La socialisation du profit est ENTIÈREMENT compatible avec le capitalisme. L’entité collective s’appropriant le profit agit comme CAPITALISTE COLLECTIF (voir Engels, Anti-Dühring). Le capital demeure la force sociale motrice au lieu des êtres humains.

    • Bakouchaïev Says:

      @ nsrgnt : Je sais bien que le capitalisme est un système de reproduction sociale et qu’il est contraignant. C’est ce que j’ai voulu mettre en lumière. Les prolétaires n’ont pas le choix de vendre leur force de travail pour combler leurs besoins essentiels et se reproduire socialement. Tout ça car ils et elles ne possèdent pas leurs moyens de production. Tout ça est interrelié. Le terme cool de ces interrelations, c’est la dialectique.

      Mon but n’était pas de faire une description détaillée du système capitaliste, mais de pointer brièvement en quoi André Franc-Shi ne se débarasse pas des fondements du capitalisme.

      Parce que si on change radicalement le système de production (dans le sens d’aller à la racine de), on change aussi les rapports sociaux. Si on a pas changer les rapports sociaux ou l’élément coercitif du capitalisme et bien on pas changer fondamentalement notre mode de production. Bref, on a pas changé grand chose, à part peut-être la tapisserie.

  6. @nsrgnt : Merci de vos apports, mais je suis assez certain que vous n’avez pas saisi la totalité de ce que nous proposons.

    Vous dites que je « rejette complètement l’importance des origines du profit ». Je comprends que le profit d’aujourd’hui et d’autrefois a été accumulé par l’exploitation des travailleurs, mais il n’est pas obligé d’en être ainsi! Le Capital a toujours existé (même avant l’invention de la monnaie) et il existera toujours. Ce n’est pas un problème de produire plus que ce que les individus peuvent consommer. Le problème survient lorsque la répartition de ce Capital ne se fait pas de façon juste. Maintenant, nous proposons de répartir ÉGALEMENT le Capital entre chaque humain, non pas par l’État, mais par l’Africation de l’économie.

    Je ne dis pas que le simple fait de collectiviser le Capital abolira toute forme de Capital. Toutefois, si le profit privé n’est plus, les individus n’auront plus intérêt à faire des actions complètement stupides pour s’accaparer des miettes de richesses. Dans notre système volontariste, les travailleurs seront libres de travailler et d’agir comme bon leur semble. Certainement qu’il y aura des individus qui auront une mode de vie plus prolétarien (travail répétitif) ou bourgeois (travail d’organisation), mais au bout du compte, tous deux seront tout aussi libres de faire autre chose et seront rémunérés de la même façon qu’ils travaillent ou pas (ils auront leur juste part du Capital social).

    Processus de prolétarisation? Peu importe si nous sommes tous libres à tout moment d’être prolétaires ou bourgeois! Nous proposons un système volontariste, donc je ne vois pas où pourrait provenir l’exploitation des travailleurs…

    Et si ce que vous appelez « L’entité collective » était un simple ordinateur qui se contentait de répartir le capital social également à TOUS les individus? Aucune organisation, aucune banque, aucun regroupement ni aucun État ou individu ne gèrera plus que SA part du Capital social; une part égale aux autres, évidemment.

    Si le capitalisme c’est l’accumulation et la concentration du Capital social, hé bien donc, le système libéral-égalitariste que nous proposons ABOLIRA LE CAPITALISME en tant qu’accumulation et concentration du Capital social, non? :0)

    Je ne vois vraiment pas où vous trébuchez dans ces concepts.
    Le texte de Engels dont vous faites référence met justement en garde les révolutionnaires contre les 10 points à la fin du chapitre 2 du Manifeste du Parti Communiste. Les soviets russes ont refusés cet enseignement et ont remis le contrôle du Capital social à l’élite étatique (la formoisie). Vous voyez bien qu’il est également possible de détruire la propriété privé ET de préserver le capitalisme et l’exploitation des travailleurs. Ces deux questions sont fort différentes et pratiquement pas reliées entre elles, sinon sur un point de vu historique….

    Le réel enjeux, c’est le contrôle et la répartition du Capital social, du fruit du travail collectif de tous les êtres humains, vous ne pensez pas?

  7. nsrgnt Says:

    Ce dernier commentaire m’horrifie ! Comme dirait quelqu’un que je connais, « C’est dégeulassssss !!! »

    a) André a une compréhension quantitative du capitalisme au lieu d’une compréhension qualitative, ce qui l’amène à penser que le capital(isme) a toujours existé comme phénomène naturel chez l’être humain (une perspective clairement wébérienne) au lieu d’apparaître comme forme sociale historique spécifique (une perspective non-exclusivement tenue par des marxistes). Peu étonnant qu’il soit obsédé par la répartition du profit.

    b) Le commentaire est empreint d’une vision typiquement idéaliste et utopiste. Le futur parfait est imaginé a priori selon le bagage socioculturel de l’auteur (« selon sa culture »), un processus qui exclue automatiquement les dynamiques historiques futures, c’est-à-dire les « faits » qui vont arriver et les « transformations » que les sociétés vont subir par rapport à ce qui se passe concrètement dans celles-ci, sans oublier les dynamiques sociales passées propres à chaque sociétés. Bref, on balance aux poubelles l’Histoire pour laisser place au rêve.

    c) Le volontarisme est impossible dans une société où la coercition au travail existe encore ie. ou les travailleurs-euses sont dépossédé-e-s de leurs moyens de subsistance. Si André s’obstine à penser le contraire, je n’ai plus rien à discuter avec lui tellement c’est simple à comprendre.

    d) Bien que j’ai SPÉCIFIÉ CLAIREMENT les propriétés du capitalisme, André a fait complètement abstraction de ce fait dans sa réponse en s’entêtant à penser le capitalisme selon son beau syllogisme si parfait.

    e) Probablement la pire partie du commentaire, typiquement hypermoderne/postmoderne: le délire technologique. Amenons notre aliénation au maximum ! Complétons ce que le capitalisme est incapable de faire ! Anéantissons la société ! Ne soyons que des individus ! Débarrassons-nous de tout phénomène subjectif (par extension politique) en n’ayant QUE des rapports OBJECTIFS avec une machine qui s’occupe de transiger les rapports entre les individualités humaines. Plus d’institutions ! Plus de remises en question face à l’Autre ! Que des individualités sublimées du lien social ! Ce serait l’horreur et l’anomie ! C’est le fétichisme de la marchandise à son état le plus pur ! C’est le marché réalisé !

    f) Très empiriquement, il est clair que le groupe dont André fait parti n’a jamais réalisé ce que c’est le travail salarié dans le mode de production capitaliste. La peine quotidienne, la violence de la hiérarchie, la pression insoutenable du rythme, le salaire ridicule, les blessures, la folle discipline, la fatigue, les problèmes de santé, le vieillissement accéléré par l’usage extrême du corps, la honte, etc… Vous pouvez sérieusement vous foutre dans le cul votre délire de pseudo-intellectuels. J’en ai rien à cirer tellement c’est fabuleux. Je serais prêt à parier que vous n’êtes qu’une bande de petit bourgeois aux études payées. Vous ne pouvez pas comprendre ce qu’est le socialisme, encore moins le communisme, parce que cela n’est possible que lorsque l’on subit les effets du capitalisme. C’est ÇA le matérialisme.

  8. @nsrgnt : Cessez vos accusations d’ignorance et d’utopisme avec moi. Les seuls utopistes sont ceux qui font abstraction des enseignements du passé. En tout respect pour vous (je penses que vous êtes quelqu’un d’intelligent), j’avais bien raison de penser que vous ne compreniez RIEN à ce que j’avançais. Veuillez, s-v-p, relire mes dernières interventions, en complément de celle-ci.

    Je vous répète ad nauseam que chaque travailleurs sera libre de travailler quand, où et comment bon lui semble (volontariste), que le capital social généré par leurs actions et leurs échanges sera collectivisé et équitablement réparti entre chaque individus, et vous me répétez sans cesse que mes propositions sont coercitives. Ou bien il y a quelque chose que je ne connais pas à la sémantique de ce terme, ou bien vous faites exprès pour ne pas comprendre et détourner le sujet. Qu’est-ce qui est coercitif dans ce que nous proposons ?

    De plus, je ne prétends pas que le capitalisme a toujours existé, mais que le capital social, LUI, oui. J’ai profondément maudit cette accusation de votre part : “Très empiriquement, il est clair que le groupe dont André fait parti n’a jamais réalisé ce que c’est le travail salarié dans le mode de production capitaliste”. Qu’est-ce que vous ne comprenez pas dans ma phrase pourtant simple : “On abolit le marché du travail”? Ne m’accusez pas de vouloir préserver le salariat alors que je vous propose le revenu égal pour tous, c’est quoi ce fanatisme déplacé ?!? Je penses que vos préjugés concernant ma vie personnelle sont encore plus misérables; il ne me vaut même pas la peine d’y répondre.

    Sur cela, si vous finissez par entrevoir ce que je tentais de vous faire comprendre, où si un brin de curiosité vous vient à l’esprit, il me fera plaisir de poursuivre cet échange avec vous. En toute ouverture d’esprit et sans préjugés ni conclusions hâtives cette fois.

    Sans rancune.

  9. nsrgnt Says:

    Je dénote des contradictions ainsi que des paradoxes qui invalident l’ensemble de la structure imaginée. Outre ce à quoi j’ai déjà répondu:

    « La liberté de CHAQUE individus doit primer; non plus celui des organisations, des partis politiques, des États ou des corporations »

    Toute leçon élémentaire de sociologie nous démontre que les êtres humains s’organisent en groupes et sentent un attachement envers ceux-ci. Cette donnée fait littéralement parti de ce que nous pouvons considérer comme la nature humaine. Les enjeux qui découlent des rapports entre les intérêts des groupes forment ce que nous appelons « le politique ».

    « Nous ne voulons pas détruire le marché des marchandises, mais le marché du travail! »

    Les marchandises existent comme valeurs d’échange dans la sphère de circulation. Le profit résulte de la vente des produits du surtravail. Ces marchandises sont donc une spéculation en vu d’un profit espéré. Lorsque les marchandises ne trouvent pas de débouchés, nous nous retrouvons en situation de surproduction et, par extension, de crise économique (décroissance du capital). Le capitalisme possède plusieurs dynamiques, tactiques et stratégies afin de repousser les moments de crise.

    Le profit abstrait, sous forme monétaire, n’existe donc pas sous une forme qui lui est propre, saisissable et distribuable, en d’autre mots, en tant que valeur d’usage. Il est composé de valeurs d’usage qui ont été transformées en valeurs d’échange par les rapports au sein du procès de production. Les moyens de production supplémentaires ainsi que les biens de luxe ne sont pas des catégories qui entrent dans la définition du profit.

    Par définition, le capitalisme a donc tendance à surproduire. Cela est dû à la séparation du moment de production et du moment de consommation en deux entités indépendantes. Le capitalisme crée conséquemment, par ses rapports de force, un groupe exclusivement composé de producteurs (les bourgeois-e-s) et un groupe exclusivement composé de consommateurs (les travailleurs-euses). La lutte des classes vient perturber cette dichotomie.

    L’intérêt des prolétaires est de se réapproprier le procès de production, non pas pour générer des surplus inutiles, mais afin de vivre une vie plaisante caractérisée par la réponse à leurs besoins et leur autonomie (leur capacité de définir les normes ie. le politique).

    En ce sens, seule une production planifiée politiquement engendre la liberté et l’égalité. C’est dans l’agonisme, dont le compromis est un élément fondamental, que l’être humain se réalise. Par extension, le prestige individuel et de groupe est une qualité pour laquelle les êtres humains entrent en compétition.

    Conséquemment, il est impossible de « tout régler objectivement par une machine ». Par ailleurs, même dans ta fiction, tu ne pourras pas te débarrasser des formes institutionnelles du pouvoir puisque quelqu’un devra faire régner le décision objective de ta machine, ainsi que décider quels projets seront acceptés ou refusés. De plus, en postulant le surtravail, le profit lié au surtravail, le salaire, l’épargne, l’investissement et la propriété patronale (décisions privées de production), il est impossible de parler de volontarisme. Sous ces conditions, il se doit d’y avoir un moyen de coercition au travail ainsi qu’une forme d’injonction au profit. Je peux seulement conclure que tu parles d’un capitalisme à visage humain, ce que plusieurs appellent le socialisme. D’autre part, les revenus égaux ne prennent pas en compte les besoins réels des individus: quelqu’un avec plus de besoins (les sources sont multiples) reçoit donc une moins grande part du surplus social et se retrouve dans une situation de pouvoir inférieure. Pour me répéter, en liant ce trait au fait que le pouvoir économique équivaut au pouvoir politique et que les décisions « politiques » sont en fait des décisions économiques objectives, ce que tu proposes, c’est purement et simplement le marché.

    J’arrête d’écrire car la tête me bouillonne. Je n’ai pas envi de faire un essai. Par contre, je terminerai avec ceci: Tout le pouvoir aux soviets !

  10. @ nsrgnt : Là où nous sommes en accord, c’est lorsque vous prétendez que “les décisions politiques sont en fait des décisions économiques objectives”. C’est pourquoi nous abolirons le plus possible le politiques, en redistribuant le pouvoir économique directement aux individus. Vous savez, si vous passez par les mêmes chemins que par le passé, vous tomberez dans les mêmes pièges. Concernant votre dernière intervention, j’aurais quelques précisions à faire:

    Nous savons très bien que ”L’intérêt des prolétaires est de se réapproprier le procès de production”. Pourquoi donc pensez-vous que nous revendiquons que les travailleurs soient libres de travailler où, quand et comment bon leur semble (volontarisme)? Pourquoi pensez-vous que nous voulons répartir également le Capital social entre chaque individus? Pour qu’un travailleur qui veut réaliser un projet puisse le faire, sans risque et sans perte de revenu. Pour que les autres individus qui trouvent intéressant le projet de ce travailleur puissent démocratiquement investir dans celui-ci. Toutefois, ce travailleur innovant ne pourra pas s’approprier les bénéfices financiers de SON projet (profit), puisque (je penses que nous sommes en accord ici) le profit c’est le vol et qu’il sera interdit.

    Vous dites qu’“En ce sens, seule une production planifiée politiquement engendre la liberté et l’égalité”. Comment une organisation bien définie (organisé par une organisation supérieure aux individus) assure t’elle la liberté? Je penses qu’il y a un paradoxe ici : L’État, à toutes les époques de l’Histoire, n’a été que l’outils de la classe dominante pour se maintenir au pouvoir (vous vous rappelez votre marxisme 101?) et vous me dites que son organisation de l’économie nous assurerait liberté et égalité….on a vu ce que ça a donné lors du 20e siècle!

    Vous rajoutez que “quelqu’un devra faire régner le décision objective de ta machine”, mais cette machine, appelons-la ‘l’ordinateur social’, ne prendra AUCUNE décision, et se contentera d’AGIR pour faire régner l’égalité économique. Ce que je veux dire, c’est que cet ordinateur social sera relayé aux ordinateurs de toutes les banques et fera un compte rendu de tout le capital social accumulé dans les comptes de banques. Tel que je vous soulignais plus haut, cet ordinateur social aura la tâche (admettons une fois par mois), de redistribuer également entre chaque individus, TOUT le capital social accumulé pendant ce mois. Ainsi, il ne prend aucune décision, il ne fait qu’appliquer la simple formule : PIB \ Nombre d’habitants. Même un enfant pourrait programmer un tel ordinateur avec une formule aussi simple. Évidemment, pour qu’un tel système fonctionne, toute l’information doit être rendue publique et accessible par tous.

    Où avez-vous compris que notre ordinateur social devra “décider quels projets seront acceptés ou refusés”? Ce n’est pas à la machine sociale de faire cela, mais aux individus qui bénéficieront de ces projets! Je vous parlais précédemment du principe “d’investissement démocratique”, où j’avais proposé que 20% de capital social reçu par les individus soit investi dans des projets sociaux : construire un pont, réparer les routes, construire un hôpital, une école, la conquête spatiale, l’armement, la recherche contre le cancer, le reboisement, une entreprise ou organisation privé, etc… Je pourrais même investir (admettons) 25$ par mois pour chacun de ces projets! Chaque individu peut investir son investissement démocratique dans le projet qu’il veut, à condition que ce ne soit pas pour ses dépenses personnelles, évidemment. Ainsi, comme je prétendais plus haut, ce n’est PAS les partis politiques, les corporations ou toute autre forme d’instance qui prend les décisions, mais les citoyens eux-mêmes!

    Vous dites également qu’“en postulant le surtravail, le profit lié au surtravail, le salaire, l’épargne, l’investissement et la propriété patronale (décisions privées de production), il est impossible de parler de volontarisme”. Mais pourquoi donc? Personne n’est forcé de travailler, mais si quelqu’un aime suffisamment son travail, pourquoi ne pourrait-il par ‘surtravailler’? Puisque les travailleurs du futur recevront tous un revenu égal et que le surtravail est un travail rémunéré moindre que sa production, il y aura nécessairement du surtravail. Concernant le salaire, svp, cessez de faire comme si je voulais le préserver alors que nous voulons le remplacer par le revenu égal pour tous. Donc PAS de salariat! Concernant l’épargne, je n’ai RIEN contre ceux qui consomment moins que leur revenu; même que ces individus devraient être glorifiés socialement. Toutefois, si le capital social est socialisé, le capital engendré par leur épargne sera tôt ou tard redistribué aux autres, alors que l’investissement sera un droit donné également à tous les individus (revenu égal pour tous + investissement démocratique). Concernant l’aspect patronal, c’est essentiel pour que les innovants puissent être maître de leur projet. Mais peu importe, les travailleurs sont TOTALEMENT libres; donc si le patron veut avoir de la main-d’oeuvre, il devra convaincre les travailleurs que son projet est suffisamment intéressant et enrichissant. À tout moment, RIEN n’empêche un travailleur de quitter ce projet, sans perte de revenu, bien évidemment. Tout travailleur peut décider de devenir patron et débuter son propre projet si cela lui plaît. Comme je le prétendais plus haut, ils sont libres de s’unir en entreprise privé, en coopérative, en association, en fédération, PEU IMPORTE! Et si quelqu’un a besoins de financement, il devra solliciter l’investissement démocratique des autres individus qui forme sa société. Tous les aspect de notre système libéral-égalitariste sont conçus pour qu’à tout moment, ce soit les individus eux-mêmes qui soient aux commandes, non plus des organisations ou des regroupements…

    En terminant, vous dites que “sous ces conditions, il se doit d’y avoir un moyen de coercition au travail ainsi qu’une forme d’injonction au profit”. Vous n’avez pas tord! L’injonction au profit, c’est l’abolition du profit privé et la collectivisation du capital social. Le moyen de coercition au travail, c’est le principe de ‘travail civique’, présent dans tous les système volontaristes. C’est-à-dire que les tâches essentielles que personne ne veut faire (par exemple le travail dans les champs) seront mensuellement distribuées entre chaque individus par tirage au sort.

    Ce que nous proposons est très très loins du “capitalisme”, puisque l’accumulation du Capital est abolie! Même le système féodal s’apparentait d’avantage au capitalisme que ce que nous proposons. Il ne faut pas mélanger capitalisme et marché; car si le marché est essentiel au capitalisme, le capitalisme n’est pas essentiel au marché. Vous terminez en prétendant que “ce que tu proposes, c’est purement et simplement le marché”. EXACTEMENT! Le marché libre (libéralisme) à son état pure même, mais sans le système esclavagiste moderne que l’on appel le marché du travail. Maintenant le terme “libéral-égalitariste” prend tout son sens dans votre esprit, non? En fait, c’est le libéralisme où chaque individu sera réellement libre; contrairement au pseudo-libéralisme moderne qui exclu plus de 80% des terriens de cette liberté.

    Contrairement à vous, je terminerai ainsi : “Tout le pouvoir aux individus!” ;0)

    • Si vous proposez le libre-marché, que faites-vous donc sur ce blogue ? Parce qu’à vous lire, vous parlez comme les libertariens. Vous êtes décidément à la mauvaise place.

      • Je suis “ décidément à la mauvaise place.”? Je ne penses pas. Si vous parcourez mon blog, vous verrez que j’ai eu également de longs échanges avec les libertariens [et les anarchistes] (notamment sur le forum de l’institue Von Mises du Canada), qui refusent pourtant de constater les paradigmes modernes : bourgeoisie/prolétariat. Mais vous tombez dans le même piège si vous refusez de prendre en considération les STRATES sociales, qui elles, juxtaposent les classes sociales. C’est la raison pour laquelle la domination économique (de la formoisie dont était issue Staline) a perdurée en U.R.S.S., malgré l’abolition de la bourgeoisie. Décidément, ma place n’est pas plus auprès des libertariens, elle est auprès des néo-marxistes, c’est-à-dire des libéral-égalitaristes.

        Je sais que cela vous importe peu, mais je penses qu’il est important de précisé que j’ai eu un passé plutôt actif au sein du PCC-ML et du PCR-CO. Mais devant les échecs du passé, j’ai fait mes devoirs de remise en question, et vous?

      • Nous sommes, dans le collectif, des néomarxistes et nous nous identifions aucunement à votre théorie libérale. Vous faites plutôt allusion aux postmarxistes qui affirment la mort du marxisme et de son paradigme (qui ne se limite pas au dogme que vous traitez). Les « strates » dont vous parlez nient en totalité la hiérarchisation sociale verticale existante dans toute société organisée autour d’une propriété non-commune. Elles déclarent le monde d’aujourd’hui comme éternel, alors que toutes les classes sociales sont le résultat d’une totalité dialectique qui, au fil de l’histoire de l’humanité, a transformé l’ensemble des rapports sociaux. En un mot, vous faites du positivisme, et cette erreur épistémologique est sans frontière, hélas.

      • Demandez à un libertarien s’il souhaite collectiviser le capital social et instaurer le revenu égal pour tous, nous en reparlerons ensuite… :p

  11. nsrgnt Says:

    J’aurais normalement répondu, mais je constate une impasse. Ta foi idéologique dans le primat de l’individu, un phénomène moderne et bourgeois, se butte à notre perspective sociologique. Confiant dans ma perspective scientifique de l’être humain (secondée par des millions d’experts), je ne peux QUE discréditer ton projet idéologique et mettre en garde tous ceux et toutes celles qui en prennent connaissance du danger qu’il contient. L’être humain est un animal politique qui construit sa réalité sociale sur l’appartenance à des groupes. Toute personne qui désire le contraire désire en fait la négation de ce qui fait de nous des êtres humains. Ce point de vue est indiscutable hors d’un cadre scientifique et sa remise en question est quasiment impossible. Même les profanes de sciences humaines savent intrinsèquement qu’ils appartiennent à des familles, des groupes d’amis, des groupes de travail, à une nation, etc et que les façons de se comporter non seulement sont différentes entre les groupes, mais sont sources de conflits. Vouloir anéantir le rapport agoniste et tout centrer sur l’individu est une illusion folle. En ce sens, je n’ai absolument plus rien à discuter avec toi étant donné la distance quant à notre conception de l’être humain.

  12. Je trouves votre conclusion déplorable, mais je n’ai guère le choix de l’accepter. Vous continuez à vouloir emmener le débat sur d’autres enjeux, sans jamais remettre concrètement notre théorie en question. Est-ce que j’ai dit que je voulais abolir tous les groupes sociaux, les familles, groupe de travail ou de toute autre appartenance? Certainement pas! Trouvez une seule citation de ma part qui revient à cela, et je vous donne raison sur toute la ligne que notre projet est voué aux poubelles. Mais ce n’est pas le cas, et bien au contraire! Vous refusez d’argumenter concrètement et c’est cela que je trouve déplorable. Maintenant, seul le temps et la volonté de ceux qui acceptent le débat ouvert et franc donnera raison à l’un ou à l’autre d’entre nous.

    Parallèlement à cela, j’aurais aimé lire des contre-arguments et des solutions de votre part au « piège » du stalinisme. Si votre but est de concentrer le pouvoir économique entre les mains d’un État, l’Histoire nous a démontré que c’était la strate sociale formoise (les travailleurs formés) qui prenait le pouvoir et instaurait un nouveau mode d’oppression économique. Comment allez-vous vous assurer de limiter le pouvoir des formois (chefs syndicaux, fonctionnaires, cadres, délégués, etc.) par rapport au simple citoyen?

    • Vous êtes ridicule. Nous voulons l’abolition de l’État, du salariat et des classes sociales. Nous sommes très loin d’être des staliniens. Vous nous accusez de choses que nous critiquons depuis longtemps. Cela doit faire deux ans que nous expliquons la même chose, sous divers aspects : nous voulons le communisme, c’est-à-dire la mise en commun des moyens de production, redistribution et de diffusion; bref, une propriété commune. Ce dont vous traitez n’a absolument rien à voir avec nous.

      Néanmoins, l’erreur que vous faites dans toute votre analyse – et nsrgnt l’a bien démontré – est que vous vous limitez à voir la réalité comme un ensemble de choses isolés dans leur temps et espace, indépendantes et autonomes les unes des autres. Vous écartez le mouvement dialectique même de l’histoire (notre trajectoire préhistorique jusqu’à aujourd’hui en tant que société humaine totale) et de tout ce qu’il comprend (actions subjectives, langage, structures objectivés, individus, intersubjectivité, etc). Vos propositions sont techniques, dans la mesure où elles préservent l’ordre établi actuel (le capitalisme) en lui donnant un visage humain (acceptable, juste, tolérable, bon). Or, même humain le capitalisme reste du capitalisme et ses mécanismes du marché ne se changeront pas pour vous, ni personne : c’est dans la nature intrinsèque à la relation sociale qu’est le capitalisme que se forme l’exploitation, l’expropriation, les rapports de dominations et tout rapport inégalitaire.

      Pour faire simple, vous imaginez un monde impossible dans le cadre capitaliste. Vous développez vos idées et réflexions à partir d’un constat positiviste, c’est-à-dire que la réalité d’aujourd’hui est comme elle est, et ce qui compte est de gérer le tout selon les meilleures façons possibles. Juste le fait de parler des « individus » et des « citoyens » démontrent cet oublie de l’histoire de l’humanité dans sa totalité. Les « citoyens » n’ont pas toujours existé, ni même les « individus », et vous vous entêtez à démontrer que oui. Même chose pour le « capital social » qui est une pure invention jusqu’à tout récemment par les économistes.

      Bref, nous sommes communistes, vous êtes libéral (votre théorie du libéral-égalitarisme est une tentative libérale tordue de rassembler la dichotomie erronée d’égalitarisme et de liberté). Il est impossible de dialoguer en ce sens.

      • Vous dites que vous voulez “l’abolition de l’État”, mais que vous voulez également “planifier et organiser l’économie”. Maintenant, dites-moi comment vous allez faire cela sans une forme d’État où le capital social serait centralisé et organisé par des “représentants du peuple”.

        J’ai prétendu que vous étiez des staliniens parce que vous refusez d’émettre toute forme d’argumentation ou de proposition. Vous semblez avoir une confiance aveugle en une forme d’État que vous traduisez par “planification de l’économie”. Vous savez, si vous répétez le même paterne que lors des révolutions précédentes, que vous octroyez tout le pouvoir économique à la formoisie, nécessairement, le stalinisme s’imposera de nouveau.

        Vous rajoutez que je vous accuse ainsi de “choses que nous critiquons depuis longtemps. “ Cela me ravi, j’ai bien hâte de constater les conclusions auxquels vous arrivez. C’est justement “ le mouvement dialectique même de l’histoire” qui m’a fait arrivé aux conclusions que je (mais que plusieurs autres, dont Yanick Toutain) vous partage. Encore une fois, vous avancez de belles phrases, sans réellement apporter de contenu. Vous continuez (par préjugé) d’associer notre mouvement libéral-égalitariste au capitalisme, mais vous n’avez jamais précisé en quoi ni comment la il était réellement du capitalisme. Savez-vous au moins ce qu’est le capitalisme? En quoi la société que nous proposons fait l’apologie des inégalités que vous nous accusez? Faites juste me le dire clairement une fois pour toute et je vous fou la paix! Mais vous ne pourrez pas, et ainsi votre faible rhétorique me donne déjà raison!

      • L’économie, a travers l’histoire, a pris plusieurs formes et plusieurs rapports différents. Quand vous parlez d’économie, vous devriez vous détacher du paradigme capitaliste. L’État a pris essor pour réguler le marché capitaliste naissant et pas avant. D’autres institutions ont existé par le passé pour maintenir les sociétés jadis en ordre. Ce sont des structures socialement objectivées et construites par les actions subjectives des personnes, tout simplement. C’est pourquoi il est possible de planifier l’économie sans État. Cela s’est fait dans toutes les sociétés précapitalistes à travers l’histoire. Sous la propriété tribale, il y avait une certaine forme d’organisation sociale; pareil pour la propriété communale; même chose pour la propriété féodale et ainsi de suite.

        Comment réaliser cela ? Par la mise en commun des moyens de productions, de redistributions, de circulations et de diffusions. J’entends ici que toute la société gère ces moyens, par la division des tâches selon les localités des personnes aptes à l’activité sociale (à ne pas confondre avec le travail qui est une forme d’esclavage). Il n’y a pas de « boss qui dit quoi » ou de « gestionnaires, actionnaires, propriétaires » qui décident du sort de ces moyens. Tous décident collectivement de quoi faire, ensemble, selon les besoins de la société. Crevons-nous de faim ? Manquons-nous de domiciles ? Sommes-nous assoiffés ? Transformons notre production pour répondre à ces besoins fondamentaux et cessons le gaspillage orchestré par le capitalisme ! Qui transforme cette production ? Nous ! Qui nous ? Prolétaires ! Qui sont ces prolétaires ? La classe sociale subjectivement définie par une conscience commune ! Et celle-ci sera définie par nous-mêmes, ensembles : c’est le concept de solidarité.

        Dans un autre ordre d’idées, les arguments ont été dits. Soit vous ne savez pas lire, soit vous ne comprenez strictement rien à ce que le camarade nsrgnt raconte. Il a précisément répondu à chacune de vos idées et vous continuez à demander des arguments. Je me demande sincèrement si vous vous moquez.

        Nous refusons de suivre le même chemin que les staliniens pour la simple et bonne raison que nous sommes pas staliniens. L’URSS n’est pas un modèle pour nous, ni une nostalgie. Ce fut une expérience socialiste qui tourna au vinaigre et à la détérioration. La formoisie dont vous parlez, tirée du dialecte trotskyste que nous rejetons sévèrement, est propre aux sociétés postindustrielles comme la notre. Or, je vais vous le dire pour la dernière fois, nous sommes pour l’abolition des classes sociales et de l’inégalité sociale dans sa hiérarchisation verticale. Poser des questions à cet effet (ouais mais s’il y a des classes sociales !) relève d’un ridicule.

        En quoi est-ce que le libéral-égalitarisme est au capitalisme ? Simple : la relation sociale de la propriété privée demeure. Ce qui change, c’est son apparence, quelques parties techniques par-ci par-là; bref, les structures de la société. L’investissement, les finances, les prix, les salaires, les rapports fétiches, les rapports de domination, la corruption, les dettes, les prêts et ainsi de suite (toutes les contraintes générées par le capitalisme dans sa totalité) continuent d’exister, mais prennent une forme plus égalitaire. Cette expression néanmoins ne peut se maintenir à long terme pour la simple et bonne raison que l’organisation sociale, aussi volontariste soit-elle, est régulée, orientée, régentée par la forme de propriété du moment. Dans notre cas contemporain d’Amérique du Nord, c’est la propriété privée qui, dans sa totalité, prend le nom de capitalisme. Et le capitalisme pousse à la compétition qui mène à l’inégalité sociale. N’oubliez jamais les deux impératifs du marché capitaliste : toujours plus de production et une meilleure rentabilité – ou, si vous préférez, une plus grande concurrence et un meilleur profit ! C’est inné au capitalisme, cessez de le nier..

        Pour le dire dans des termes naïfs, toutes vos propositions veulent gérer la monnaie tout en gardant le capitalisme. Vous ne dites absolument rien d’anticapitaliste, et encore moins de communiste. La première chose que le communisme ferait est de déclarer toute propriété comme commune. La terre n’est plus une possession à quelqu’un, un groupe ou une société dans son ensemble, mais une terre, point final. Par la planification de l’économie, nous pouvons dire que nous avons besoin de telle quantité de production pour subvenir aux besoins des gens et, ainsi, exploiter un quantum X d’hectare de terre pour atteindre cette production. Ce n’est plus une affaire de « ceci m’appartient » ou « je possède cela ». Non.

        C’est pourquoi vous êtes idéaliste dans vos propos : vous voyez la solution dans une nouvelle gestion de la propriété privée en abolissant, ce que vous nommez, le « profit privé ». Or, le « profit privé » est une façon maladroite de parler de « profit du secteur privé ». En ce sens, vous êtes contre le privé et pour le secteur publique, tout simplement. Sauf que vous vous imaginez le publique gérable au sein du capitalisme sans d’État. Ceci est impossible. L’État existe pour réguler, orienter et régler les problèmes générés par le marché libre à sa pure forme ! Un marché libre de toute intervention est d’une fantaisie libertarienne – pour ne pas dire libérale !

        Si vous osez encore me parler de classe sociale en affirmant que nous voulons donner du pouvoir à une classe sur une autre, je vous ignore. Vous pensez comme un trotskyste et pensez que nous sommes staliniens. Pour cela, vous êtes vraiment dans les patates.

  13. Selon moi, ce que vous appelez “institutions” se traduit par État, et donc à toutes les époques de l’Histoire (mis à part la période de communisme-primitif) une forme d’État a toujours existé pour maintenir le pouvoir de la classe dominante en place. Mais ici les questions de sémantique importent peu et je préfère, si cela vous convient, réorienter le débat sur un aspect théorique.

    Si vous pensez que le concept de formoisie a été théorisé par Trotsky, c’est que vous n’y connaissez RIEN! Ce principe a été développé à la fin du 20e siècle, par le philosophe néo-marxiste Yanick Toutain. Refuser l’existence de la formoisie, ce serait comme refuser de constater que les machines (l’industrialisation) apporte une plus-value et donc un capital supplémentaire à celui qui le détient. Refuser de comprendre et de prendre en compte la formoisie, c’est refuser les enseignements du 20e siècle et se borner à commettre sans cesse les mêmes erreurs. À l’opposer, analyser l’économie-politique sous la loupe de la formoisie, c’est comprendre la déchéance du mouvement communiste au 20e siècle, la déviance stalinienne, l’absurdité de la révolution culturelle et même l’échec des soulèvements des années 60-70. Voici les différentes thèses du camarade Yanick Toutain et les enseignements qu’il fait de la formoisie :

    1° Tout différentiel de productivité induit un transfert de plus-value : L’entreprise la plus productive aspire la plus-value de celle dont la productivité est la plus faible.

    2° La formation augmente la productivité des travailleurs : C’est Adam Smith, dès la fin du 18° siècle qui l’a le premier décrit.

    3° Cette productivité augmentée grâce à la formation va donc – de la même façon que les machines perfectionnées – induire des transferts de plus value en direction de l’entreprise où se trouvent les travailleurs les plus formés.

    4° Cette plus value supplémentaire va être partagée entre le capitaliste et les travailleurs qualifiés : ceux ci réclameront, du fait de leur diplôme, de la récupérer sous forme de salaires supérieurs.

    5° C’est ce vol opéré sur le dos des travailleurs les moins formés qui va provoquer la création d’une classe sociale, bourgeoisie de la formation (formoisie, par un néologisme) ;

    6° Le prolétariat de Marx a donc éclaté en 2 classes différentes : La formoisie formée de travailleurs qualifiés qui exploite le prolétariat de la formation – formariat.

    7° De ce fait, la lutte des classes oppose 3 classes fondamentales : les 2 bourgeoisies, celle des actions et celle des diplômés et le formariat exploité par les 2 bourgeoisies.

    8° La révolution russe, dont Trotsky avait – dès 1905 – prévu les 2 étapes ( 1ère révolution anti-féodale, 2ème révolution anti-capitaliste), a donc connu une 3° étape, une véritable lutte de classes, entre 1917 et 1927, au cours de laquelle la classe sociale des diplômés a, peu à peu, rétabli ses privilèges.

    9° Les formois, les diplômés russes, étaient en 1917 la base sociale du parti menchevik (POSDR – menchevik). Ce parti a tout fait pour préserver un Etat bourgeois – y compris à partir de juillet 17 en persécutant les membres du parti bolchevik. Pendant et après la révolution d’Octobre, on voit les employés des postes, les syndicats de cheminots, de secteurs qualifiés, les enseignants etc.… saboter la révolution.

    10° En 1921, Lénine a ouvert la porte au loup en rétablissant (NEP) la hiérarchie des salaires (débat sur les spetz -spécialistes). L’opposition ouvrière ( de Kollontaï Chliapnikov) – dans un débat mal posé – a essayé de s’opposer au pouvoir croissant de la formoisie, sans la combattre en tant que classe. Le groupe Lénine Trotsky, victime de naïveté et par une erreur théorique, a commis une faute grave à ce moment.

    11° La défaite de l’opposition de gauche (Trotsky), puis de l’Opposition Unifiée (Trotsky Kamenev Zinoviev) contre le groupe Staline Boukharine a été la défaite du formariat allié à la petite formoisie radicale (honnête) contre le front commun de la formoisie(Staline) et de la paysannerie privilégiées( koulaks et moyens paysans) représentés par Boukharine.

    12° L’appellation « Thermidor » de Trotsky est donc plus pertinente que ce que lui-même en comprenait : Le Thermidor de 1794 est la victoire de la bourgeoisie et la mise en place d’un Etat bourgeois, le Thermidor de 1927 est la victoire de la formoisie et la mise en place d’un Etat FORMOIS.

    13° Un Etat formois est un appareil politico-militaire défendant les privilèges des diplômés en empêchant le retour des féodaux et des capitalistes.

    14° Tout Etat formois, par essence, persécute tous les courants égalitaristes susceptibles de remettre en cause les privilèges des diplômés. Les textes pseudo marxistes de Staline des années 30 dénonçant  » l’égalitarisme petit-bourgeois » sont la couverture idéologique du massacre de tout le parti bolchevik orchestré par l’ancien recteur de l’Université de Moscou, ancien socialiste menchevik, le procureur Vychinski.

    .15° La défaite de la révolution chinoise de 1927 a été planifiée par les dirigeants formois de l’URSS qui ne voulaient pas prendre le risque de voir un Etat à leur porte susceptible de remettre en cause la hiérarchie des salaires.

    16° La victoire de la révolution chinoise en 1949 a provoqué une situation instable qui s’est prolongé jusqu’aux années 60. Ce que certains ont appelé « la révolution culturelle » était en fait une révolution sociale, une révolution anti-formoise qui avait comme but de mettre fin aux privilèges salariaux que s’étaient accordés les hauts formois chinois.

    17° Les pays de l’Est, le « bloc socialiste » sont en fait des Etats dont le caractère formois s’est opéré sans transition, sans la période d’instabilité qui a caractérisé la révolution russe et la révolution chinoise : L’explication en est le poids politique important de la classe sociale formoise, en Allemagne de l’Est en premier lieu et dans les autres pays de l’Est : Dès le départ la bureaucratie formoise russe pouvait passer une alliance politique avec les ingénieurs et autres privilégiés formois.

    18° Seule l’Albanie où les niveaux de formation était faible a subi le poids politique des contradictions chinoises. Mais cela sans pour autant construire un Etat anti-formois.

    19° Le conflit qui a opposé Che Guevara et Fidel Castro est lui aussi le reflet de la lutte de classes formoisie – formariat. Le départ du Che pour l’Afrique puis pour la Bolivie signifie son choix du formariat du Tiers monde. Cela dit sa faiblesse en économie – comme avant lui Trotsky – ne lui a pas permis de comprendre la question des transferts de plus value et le fait que Castro le poussait vers la porte et la mort pour pouvoir passer une alliance avec la formoisie stalinienne mondiale. L’anecdote de l’ascenseur et des salaires privilégiés prouve amplement son incompréhension de l’aspect programmatique et stratégique des écarts de salaire. Cela dit la naïveté de son combat ne doit pas empêcher qu’il soit salué à sa mesure.

    °

    30° Il ne faut pas rééditer l’erreur de Marx en considérant le schéma comme achevé et définitif : il pourra exister de nouvelles classes à l’avenir

    PS : Cette 30° thèse a été dépassée par la production du concept d’innovoisie (vers 1996 ?) L’innovoisie est la classe exploiteuse formée de ceux qui touchent des droits d’auteur et des droits de brevet et qui, ce faisant, peuvent consommer plus que la production moyenne mondiale.

    • J’en ai rien à foutre de votre opinion. Je vous apporte des arguments tirés des études et analyses, ainsi que critiques de la sociologie – voire même de l’anthropologie. Votre « selon moi », je m’en balance. L’État n’existe que depuis la naissance du capitalisme pour assurer son bon fonctionnement. Nier cela, c’est nier plus d’un siècle d’Histoire de sciences sociales.

      Pour le reste, le terme de « formoisie » est effectivement créée par Yanick, mais reste néanmoins un concept trotskyste, pensée que nous rejetons sévèrement. Les classes sociales sont beaucoup plus complexes que vous ne le prétendez.

      • Contrairement à vous, je ne me fiche pas de ce que vous avez à dire, et c’est la raison pour laquelle je continuerai d’argumenter avec vous en tout respect.

        Si j’ai bien compris, vous nier le fait que la Rome antique avait son État esclavagiste et que le moyen âge avait son État féodal? Si vous me rétorquez que cela ne sont que différentes organisations sociales et ne sont en fait pas des États, ce n’est qu’une question de sémantique et je ne penses pas qu’il soit souhaitable de perdre plus d’énergie sur cette question.

        Vous dites que la formoisie est un « concept trotskyste »? Étrange…pourtant le faible Trotsky ne l’avait qu’effleuré avec sa théorie de « révolution permanente ». Le même constat est pourtant venu à la tête de Mao et le contraint à sa « révolution culturelle ». Pourquoi alors attribuer la formoisie à Trotsky et pas à Mao? Meme Adam Smith avait décelé cette classe sociale (sans l’appeler classe sociale); ou Marx, qui a souligné le capital-formation dans soin ouvrage « le Capital ». Et vous refusez quand même d’accepter la notion de formoisie, malgré les événements du 20e siècle ?!?

  14. Votre “camarade nsrgnt” n’a pas démoli un par un mes arguments. Il a seulement démontré qu’il ne comprenait strictement rien (ou très peu) à ce que j’avance.

    Vous scandez sans cesse le mot d’ordre “planification de l’économie”, mais vous ne semblez pas réaliser que tout système économique est planifié. Même l’actuelle économie capitaliste, dans son pseudo-libéralisme est plus ou moins planifiée : par les banques centrales et de prêts, par les organisations internationales, les États… Je comprends que vous voulez la planifier autrement…tout comme nous. Maintenant, c’est à savoir à qui bénéficiera l’organisation économique de demain, celle que nous voulons bâtir.

    Maintenant, qu’est-ce, CONCRÈTEMENT, la “mise en commun” dont vous faites l’éloge? Vous dites “J’entends ici que toute la société gère ces moyens, par la division des tâches “ et ajoutez plus loin que “Tous décident collectivement de quoi faire, ensemble, selon les besoins de la société.” Mais ce sont là des phrases qui paraissent bien, mais dans le fond, dénudées de sens concret! Qui dirigera et organisera le capital social? Les délégués révocables du peuple? Pourtant, cette expérience économique a déjà été testée de par le passé et démontrée non concluante pour surpasser les embûches de la formoisie, tel qu’exprimé plus haut dans l’extrait du camarade Yanick Toutain.

    Vous rajoutez qu’il “n’y a pas de « boss qui dit quoi » ou de « gestionnaires, actionnaires, propriétaires » qui décident du sort”. Mais il y a tout de moins des gens en charge qui prennent les décisions. Si vos intentions sont différentes que les expériences menées de par le passé, expliquez-moi, svp!

    Vous dites “En quoi est-ce que le libéral-égalitarisme est au capitalisme ? Simple : la relation sociale de la propriété privée demeure.” Mais c’est totalement faux! Ce n’est pas parce que ceux qui démarrent des projets sont maître de leur travail et de leur projet, que la propriété privé (au sens capitaliste) demeure! Pour savoir cela, il faut savoir d’où vient le capital qui finance les projets des individus privés. Et dans ce cas-ci, le capital provient des individus tous ensembles, qui décident de répartir leur “investissement démocratique” comme bon leur semble, en finançant l’entreprise, la coopérative, des projets de science, etc., selon leurs besoins et comme bon leur semble. Ainsi, celui qui veut démarrer une “entreprise” (ou plutôt un projet) doit pouvoir convaincre ses concitoyens d’investir (une partie ou la totalité de leur investissement démocratique) dans son projet, c’est cela la démocratie participative; c’est cela la démocratie proportionnelle; bref, LA démocratie populaire. Et puisque les profits sont socialisés, ils seront redistribués à tous les mois, directement aux individus, une partie égale pour leur consommation personnelle, une partie égale pour leur investissement démocratique. Ainsi, l’économie est démocratisée (planifiée, organisée) par tous les individus, à la source (l’investissement) et à la finalité (l’achat et la consommation des marchandises), avant de recommencer le cycle.

    De plus, si les services financiers sont abolies et que les banques sont Africationalisés, il n’y a plus de prêts, plus d’intérêts sur le capital ou de dettes, plus d’oppression financière. Cela, je l’ai souligné précédemment, mais vous entretenez un discours à sens unique.

    Vous rajoutez “vous vous imaginez le publique gérable au sein du capitalisme sans d’État”. Mais non! Je n’imagine pas le publique gérable, mais le publique qui gère! Je suis d’accord avec vous qu’actuellement, “L’État existe pour réguler, orienter et régler les problèmes générés par le marché libre”, mais vous mélangez tout! Ce n’est pas le marché des marchandises qui crée les inégalités et les “problèmes”, mais le marché du travail, qui LUI, revoit sans cesse à la baisse les conditions de vie des prolétaires. C’est ce marché du travail qui transforme l’Homme en marchandise et le contraint à la prostitution économique! Il ne faut pas abolir le marché qui fixe le prix du pain, mais bien celui qui fixe la force de travail. Le marché des marchandises est le meilleur moyen de répartir équitablement les marchandises.

    Malgré nos différents, je penses sincèrement que notre but ultime soit le même…

  15. Moi, bien que les opinions ne semblent pas la bienvenu ici, je penses que cette discussion repose sur plusieurs malentendus. Et c’est justement la raison pour laquelle la « gauche » ne triomphera JAMAIS, elle est incapable de trouver un consensus social, contrairement au consensus de « création de richesse » de la droite.

    • @Fred, on ne veut pas que la ‘gauche’ triomphe, on veut que la Révolution populaire le fasse!

      Là où je suis en accord avec vous, c’est que les forces révolutionnaires ne parviendront jamais à un consensus. Heureusement pour nous, le matérialisme historique nous démontre que, bien que notre projet ne soit pas assuré de réussite, le ‘leur’ est logiquement et inévitablement voué à l’échec.

      Solidairement.

  16. Episteme Says:

     »André a une compréhension quantitative du capitalisme au lieu d’une compréhension qualitative, ce qui l’amène à penser que le capital(isme) a toujours existé comme phénomène naturel chez l’être humain (une perspective clairement wébérienne) »

    Hein? Ce passage m’apparait très curieux. Trouvez moi un passage chez Weber qui implique que le capitalisme est naturel chez l’homme ou plus généralement qu’il existe quelque chose de « naturel chez l’homme ».

  17. Texte très inspirant camarade, je suis content qu’Episteme m’ait donné le goût d’écrire : 
    « de tout ce qui fut écrit, tu trouves juste sa a dire?
    non mais on s’en caliss tu pas d’un passage de Weber? »

    parce que ça m’a fait relire le texte (et celui de l’ASSÉ) et sa m’a vraiment inspiré. J’vai commencer à m’occuper du prolétariat rural, je crois pouvoir leurs faire comprendre un vision diférente que celle que TVA, TQS (j’apelle sa encore TQS parce que j’ai arêté d’écouter la télé avant que sa change) et compagnie nous brulent dans la tête. J’vai peut-être pas les radicaliser, mais il vont peut-être penser à voté pour QS « au pire »…

    « il y a effectivement une tentative réelle à crier plus fort sans jamais remettre en question la notion de communication avec l’ordre établi. Nous crions ainsi plus fort envers le même Autre, l’antagonisme du peuple, c’est-à-dire le gouvernement. Pourtant, le gouvernement n’est pas le maître du monde, et encore moins autonome ou indépendant de tout. Ce n’est pas une affaire de structure. »

    Au lieu de penser à coment me rendre dans la télé, les journeaux ou la radio des gens, j’vai tout simplement me rendre à eux…. on vera s’que sa donnera, à quel niveau mes embition se réaliserons, sans compter toutes les opportunités qui en découplent.

  18. @ Philippe-Antoine Cormier : Évidemment, vous avez tout notre support et nos encouragements. 🙂

    Fait-nous un compte rendu svp!

  19. Episteme Says:

     »« de tout ce qui fut écrit, tu trouves juste sa a dire?
    non mais on s’en caliss tu pas d’un passage de Weber? »

     »

    Et moi, je suis un peu deçu qu’on ne m’ait pas répondu. Je pensais peut-être pouvoir comprendre quelque chose de Weber que je n’avais pas compris en premiere lecture(et dont j’avais plutôt compris le contraire, au vrai).

    Peut-être parce que Weber n’a strictement rien a voir avec ce genre de « perspective » que critique nsrgnt. Enfin, « on s’en calisse-tu », comme vous dites.

    Au fait, c’est un peu pompeux d’utiliser le passé simple pour dire quelque chose d’aussi fruste(surtout quand on l’aligne avec un  »caliss » juste apres, sans compter le texte bourré d’erreurs qui suit…).

  20. À mon avis, l’auteur de ces lignes n’avait aucune compréhension des concepts libéral-égalitariste et au lieu de s’en informer, il s’est obstiné à le critiquer bêtement et sommairement. Lorsqu’il s’en est rendu compte, il s’est jeté dans tous les sens pour sauver son honneur. Ainsi, si j’étais vous, je ne perdrais plus de temps à essayer de trouver un lien entre ses affirmations et Webber; s’il ne répond pas, c’est tout simplement qu’il n’y a pas de lien à faire.

    • S’il ne répond pas, c’est qu’il en voit pas l’intérêt d’expliquer en long et large une réponse évidente lorsqu’on regarde ne serait-ce que 30 secondes la page wikipédia de la sociologie de Weber.

      Faites enquêtes au lieu de lancer des accusations. Nous ne sommes pas vos parents, ni vos professeurs.

      • Episteme Says:

        En ce qui me concerne en tout cas, je ne vois pas quelle « accusation » j’aurais lancée. A ma connaissance c’était une question. D’autre part, j’ai fait mieux que regarder la page de wiki sur weber- j’ai lu certains de ses travaux, entre autres ceux portant sur le capitalisme. Tout le sens de l’enquête de Weber sur le capitalisme vise a rendre compte des conditions historiques de son émergence, en fait des attitudes d’esprit(a cet égard, historiquement contingentes) qui y ont pu y conduire. Qu’on accepte ou non la these de Weber a ce sujet, je conçois difficilement comment on peut l’assimiler a un « naturalisme » quelquonce. En tout cas il n’y a pas « d’évidence » a ce niveau.

        Je n’ai jamais lu une once chez Weber de « ça devait se passer comme ça, une éthique protestante devait s’inserer forcément dans une nature humaine déja si prompte a la frugalité, ce qui a permis l’accumulation de capital, etc. »

        mais peut-être nsrgnt se base-t-il sur autre chose? D’autres travaux de Weber que par ex. éthique protestante et esprit du capitalisme? Bref, d’ou tire-t-il cette histoire de « perspective weberienne » qui conduirait a affirmer que « le capitalisme a toujours existé et qu’il est naturel chez l’homme ».

  21. Décidément, cet « Episteme » est un fin intellectuel à l’esprit éveillé. Je considère qu’il porte bien son pseudonyme… :0)

  22. Comme on dit, ça l’a brassé dans la cage depuis la dernière fois que je me suis pointé. En effet, mon bon camarade Agitateur m’a bien cité en ce qui concerne ma perte d’intérêt dans la discussion, mais puisque d’Episteme demande à savoir où Weber considère le capitalisme comme naturel, voilà l’extrait exact:

    Si l’on veut maintenant se demander quelles furent les conséquences que cette situation [le développement des villes] impliqua pour le développement du capitalisme, il faut examiner de près la différence de nature qui existe entre l’activité lucrative de l’Antiquité et celle du Moyen Âge, et observer de la même manière les différentes espèces de capitalisme.
    La première chose à remarque est que nous rencontrons partout, dans les époques les plus diverses, et sous de multiples formes, un capitalisme non rationnel, qu’il s’agisse d’entreprises capitalistes destinées au fermage des impôts (en Occident comme n Chine ou au Proche-Orient) et au financement de la guerre (en Chine et en Inde à l’époque des petits États); d’un capitalisme spéculatif fondé sur le commerce – il n’y a guère d’époque de l’histoire, en effet, qui n’ait pas du tout connu de commerçants; d’un capitalisme usurier qui exploite par des prêts à intérêts la détresse d’autrui. L’orientation de ces formes de capitalisme tend soir vers le butin, les impôts, les honoraires administratifs, l’usure publique (lorsque le magistrat était rémunéré par avance, comme par exemple César par Crassus, et qu’il tentait alors de détourner les sommes avancées, en abusant de sa fonction), soit enfin vers des tributs et le financement des difficultés effectives. Mais l’ensemble de ces états de choses possède un caractère irrationnel, n’offrant pas la possibilité de déboucher sur un système rationnel de l’organisation du travail. L’orientation d’un capitalisme rationnel, en revanche, tend vers les possibilités ouvertes par le marché, et donc vers les possibilités économiques à proprement parler; plus un tel capitalisme est rationnel et plus il ouvre de possibilités tant dans le sens de l’écoulement que dans celui de l’approvisionnement. Ériger ce capitalisme en système est resté l’apanage du développement moderne occidental depuis la fin du Moyen Âge.

    – Weber, Max. Histoire économique. Esquisse d’une histoire universelle de l’économie et de la société, Gallimard, p. 353.

    Quant à André, pour être clair, ce que je te reproche c’est de construire un système a priori, un modèle, alors que tu ne devrais pas (sans compter que ton modèle est défectueux). Chaque formation sociale doit suivre son propre parcours historique, mais ce qui est déterminant aujourd’hui, ce sont les caractéristiques du mode de production dominant, le capitalisme. Toutain s’amuse à soulever les fractions de classe, mais ce qu’il ne fait pas, c’est concevoir le capitalisme comme une totalité qui, ultimement, divise le monde entre « ayant-part » et « sans-part », entre ceux qui ont la propriété des moyens de subsistance et ceux qui ne l’ont pas.

    Mon estimé camarade Agitateur a bien raison: ultimement, on s’en câlissssss des subtilités. Tout ce qui compte vraiment, c’est que les socialistes du monde adoptent un consensus stratégique, le communisme, malgré les divergences tactiques, les spécificités nationales, afin de fonder de nouvelles sociétés. En somme, ton libéral-égalitarisme ne satisfait pas mes exigences minimales et, honnêtement, comme tu as pu le constater, je n’ai plus vraiment envie d’en discuter.

  23. J’aurais bien aimé lire ta vision des Révolutions Arabes… Un petit truc pour nous faire rêver, lorsqu’on voit aujourd’hui ce qu’elles deviennent, spoilées en Tunisie par les hommes d’affaires crasseux oubliés par Ben Ali ou en égypte par l’armée….
    tu parlais d’une révolution mondiale qui aurait lieu dans le tiers monde ! Est-ce cela ? ( Bon, en tout cas ça m’a pas l’air d’être ces indignés… ) !

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