15e Journée Internationale Contre la Brutalité Policière

En juin dernier, des milliers de militant-e-s anticapitalistes convergèrent vers la ville de Toronto afin de dénoncer la tenue du Sommet du G20. Tout au long de la fin de semaine, nous avons été témoins de la plus vaste opération d’arrestations de masse et de répression policière au Canada. En seulement 3 jours, plus de mille personnes ont été arrêtées de façon arbitraire, et détenues pendant des dizaines d’heures, souvent sans accusations, dans des conditions qui relèvent de la torture. On ne compte plus les bavures policières ayant eu lieu lors de ce week-end de juin à Toronto. Si ces évènements passeront dans l’histoire comme une opération de répression policière inégalée, il ne faut pas oublier que cette violence de la part des « forces de l’ordre » est le lot de plusieurs au quotidien. Parce que la police se met au service de l’État, un système dominant, exploiteur et oppresseur.

Les politiques d’une clique comme le G20 font sentir leurs effets nocifs dans nos vies quotidiennes. C’est la job non-syndiquée au salaire minimum, c’est les milliers de pubs qu’on croise, le loyer trop cher qu’on n’arrive plus à payer, c’est la rue. Pour les populations marginalisées du centre-ville, ses effets se font sentir de façon encore plus évidente. Avec la complicité des élu-e-s et des gens d’affaires, le SPVM pratique un profilage social qui cible les itinérant-e-s ,les jeunes de la rue et les travailleuses et travailleurs du sexe. Imposition de quadrilatère, distribution massive de tickets pour des infractions mineures, intimidation, harcèlement, arrestations brutales; les moyens utilisés dans le but de « nettoyer » les quartiers, afin de favoriser les développements immobiliers et commerciaux pour les biens nantis, sont nombreux et critiquables. Le chantier du futur Quartier des spectacles est un exemple flagrant de ce nettoyage social orchestré par les gens d’affaires, avec les élu-e-s municipaux-ales dans leur poche et appliqué par les agent-e-s du SPVM. Désormais, les marginaux ne sont plus les bienvenus dans un tout nouveau centre-ville embourgeoisé, prestigieux et propre.

Dans ces « nouveaux » quartiers aseptisés, la notion d’espace public est de plus en plus restreinte pour celles et ceux qui vivent dans la rue. Pour en rajouter, le SPVM ne se satisfait plus seulement de défendre les intérêts des plus riches comme « service public », mais vend ses services de sécurité au plus offrant. En 2009, la location de policier-ère-s a permis au SPVM d’amasser 4,2 millions de dollars1. Les commerçant-e-s de la Place Dupuis font partie des entreprises qui achètent les services du SPVM afin d’augmenter la présence policière autour du centre commercial. Ainsi, non-content de contrôler l’accès au Carré Berri par une présence massive de policier-ère-s qui harcèlent ceux et celles qui le fréquentent, le SPVM intensifie sa main-mise sur cette partie du centre-ville en vendant ses services aux commerçant-e-s.

Et ce n’est certainement pas la prétendue aura de sainteté du nouveau directeur du SPVM, Marc Parent, qui viendra changer la donne. Celui que l’on surnomme le « Obama » de la police, issu d’une supposée « aile gauche » du SPVM est dans les faits un ardent défenseur de l’utilisation du Taser2. Sur la question du profilage, Tremblay et Parent ont bien beau affirmé sur toutes les tribunes vouloir mettre un terme aux profilages, dans les faits, ils contribuent à maintenir en place ces attitudes discriminatoires. Si la Ville et le SPVM veulent véritablement s’attaquer au phénomène du profilage social, ils devraient tout d’abord se positionner sur les recommandations contenues dans l’avis de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse paru en 2009 qui affirme que la surjudiciarisation des personnes itinérantes repose sur des pratiques policières ciblées destinées à libérer l’espace public plutôt qu’à l’application neutre et impartiale de la loi.

Pour une quinzième année, le Collectif Opposée à la Brutalité Policière invite toute la population à prendre part à une manifestation dans le cadre de la Journée Internationale contre la brutalité policière. Cette année, nous occupons l’espace public dans le centre-ville de Montréal! Nous en avons assez des tickets, assez de nous faire repousser toujours plus loin. Cette fois-ci nous restons!

Revendications

Nous exigeons:

  1. Que le SPVM mette fin à toutes formes de profilage qu’il soit social, racial ou politique.
  2. La reconnaissance du principe selon lequel tant qu’il y aura des inégalités économiques, il y aura de l’insécurité sociale
  3. La fin de l’impunité et des abus policiers.
  4. Que les policier-ère-s ayant commis des abus soient jugé-e-s comme tout autre citoyen-ne, devant un tribunal impartial.
  5. L’abolition de tout règlement restreignant le libre accès aux espaces publics, tel que le règlement interdisant la présence de chiens dans les parcs du centre-ville.
  6. La fin de la vente des services du SPVM à des intérêts privés.

7 Réponses to “15e Journée Internationale Contre la Brutalité Policière”

  1. Les policiers sont ceux qui propagent le grabuge dans les rassemblements populaires. Le sommet de Montébello en 2007 en a été une preuve définitive (vidéo de policiers déguisés et armés de pierres incitants les manifestants à la violence). La même stratégie est survenue en Tunisie et en Égypte. Ils appellent cela des « agents provocateurs ». Ce sont plutôt des bandits assermentés!

  2. Bisou agitateur, j’viens de voir une vidéo de slavoj zizek sur l’Egypte, et j’ai pensé à toi. Ce qu’il dit de ce qu’il s’y passe est intéressant.

    Bon, si t’as un peu de mal à l’anglais, un article résumant ses propos😉
    http://blogs.mediapart.fr/blog/isabelle-mayault/070211/la-revolution-egyptienne-selon-zizek

  3. Stéphane Says:

    @André Franc-Shi

    Est-ce que les policiers sont les seuls et toujours ceux qui orchestrent les actes violent dans les rassemblements?

    Vous utilisez un sophisme élégant. Vous dénigrez la police en prenant un exemple, mais en général, ce sont les manifestants qui sont la source du grabuge. Vous parlez d’un groupe pour attirer l’attention, au détriment des véritables responsables. Vous détournez le débat et l’attention.

    J’ai jamais compris pourquoi de tel rassemblement ne donne jamais son itinéraire et n’a pas son propre service de sécurité. Quelques personnes avec des brassards serviraient à contenir la foule et éviter les abus. On n’accepte pas les gens à cagoule et armé. ça ferait une belle manifestation, mais les voyous aiment les kodak. Malheureusement, on vit dans une société d’image et de coup d’éclat.

  4. Salut,

    J’aimerais quelle journée va avoir lieu cette manifestation.

    Merci,

    Sam

  5. La famille d’une victime poursuit la ville de Gatineau et l’agent Pierre François Blais
    Agence QMI

    07/07/2011

    OTTAWA – La famille d’un homme, qui a été abattu par la police il y a trois ans, poursuit la Ville de Gatineau et l’officier qui a tiré les coups de feu.
    « Nous voulons encore la justice », a déclaré jeudi Donna Leclair. Son frère David Leclair, âgé de 35 ans, est mort le 28 juin 2008.
    Il a été abattu devant le domicile de sa mère, alors qu’un policier répondait à un appel dans le secteur Aylmer.
    Le policier de Gatineau, Pierre-François Blais, qui a frappé David Leclair avec une matraque, l’a aspergé de poivre de cayenne et a tiré trois fois sur lui, dont une fois dans le dos, a été blanchi par la Sûreté du Québec.
    Le policier a soutenu que David Leclair s’était emparé d’un pied de biche lors de la confrontation, mais les témoins disent qu’il était désarmé.
    « Il n’a pas seulement enlevé la vie de David, il a détruit toute notre famille. Cela ne devrait pas arriver à qui que ce soit », a ajouté la sœur de la victime.
    Après trois longues années à attendre d’obtenir justice et des demandes répétées pour la tenue d’une enquête publique, la famille Leclair a déposé le 23 juin dernier une poursuite civile de 430 000 $.
    « Nous ne faisons pas cela pour des gains financiers. Nous voulons la justice. Si c’est la façon qu’ils ont de nous entendre et bien, c’est notre façon de nous faire entendre », a déclaré Donna Leclair.

  6. Dans le dossier de l’agent Pierre francois Blais Gatineau était habillé selon les photos de l’incident en tenue militaire de combat. David Leclair a surement pensé qu’il s’agissait d’un intrus et voulait probablement se défendre et défendre sa famille contre un apparent fou déguisé en militaire ou en chasseur qui s’est introduit dans sa résidence.De plus, David Leclair a été tiré dans le dos par Pierre Francois Blais, donc il est faux de prétendre que Leclair résistait puisqu’il avait le dos tourné.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :