La plus vieille loi marxiste de l’histoire

Cette loi est fondamentale pour comprendre la dialectique matérialiste de toute société de classes. Elle est nécessaire pour saisir la dynamique sociale et politique qui s’opère dans ces sociétés. Malgré les apologistes postmodernes de la fin de l’histoire, cette loi est toujours d’actualité. Celle-ci se résume en ces mots très clairs :

Les bourgeoisies n’accepteront jamais de se laisser exproprier pacifiquement.

Tout-e révolutionnaire doit assimiler cette vérité et abandonner son misérable libéralisme occulté en actions politiques comme les manifestations. Les demandes et revendications n’y feront rien. Les parades festives et colorées non plus. Les dialogues et les rencontres ne feront que ralentir (et même freiner) l’inévitable guerre civile traduite en lutte des classes. Tant et aussi longtemps que le capitalisme n’est pas menacé avec ses classes ayant part au capital (actionnariat, patronat, gestionnariat, propriétariat, possessionariat; bref, les bourgeoisies) et leurs aliéné-e-s (ça peut être vous-même, prolétaires !), la mobilisation dans cette direction est futile.

Je vais être direct : ils et elles doivent dormir les yeux ouverts en grinçant des dents. C’est à ce moment que nous pourrions dire avoir fait quelque chose de concret contre l’ordre établi pour, éventuellement, s’en aller vers le communisme. Autrement, nous resterons pathétiques dans notre pitoyable et maladroite lutte idéaliste.

12 Réponses to “La plus vieille loi marxiste de l’histoire”

  1. Excellente diatribe. Votre blog est intéressant, nous y reviendrons fréquemment.

    Ce que je retire de votre billet c’est qu’il ne faut pas se laisser illusionner par les promesses de la sociale-démocratie gau-gauche, mais rester fidèle à la théorie et à la critique. Je ne pense pas que ce le momentum pour les armes, mais le jour viendra inéluctablement.

    • Vous avez tout à fait raison de dire que le momentum n’est pas arrivé. Même qu’elle ne viendra pas de si tôt dans notre contexte sociopolitiquement et économiquement impérialiste à économie de service. Beaucoup reste à faire avant d’atteindre des conditions matérielles propice à une crise sociale et politique.

      Le mieux à faire maintenant est de s’y préparer et saisir l’occasion lorsqu’elle se présentera. Et ça, des occasions, il y en aura plusieurs.

  2. Bakouchaïev Says:

    Essentiellement je suis d’accord, mais j’apporterais certaines nuances au niveau de la lutte de classes (plus précisément pour ce qui est de la guerre civile). Aussi, on ne s’entendra jamais pour ce qui est de la question de l’État qui demeure essentielle. Certes on doit se défendre, mais je demeure anti-autoritaire. Puis on ne peut pas justifier n’importe quoi au nom d’un idéal ou d’un paradis terrestre qui adviendra peut-être…ou pas. La fin ne justifie pas les moyens, car la fin dépend des moyens employés.

    En même temps on est tellement loin de la lutte réelle. La société est crissement pacifiée. Un grafitti ou s’en prendre à une clôture peut être considéré comme un geste violent. J’exagère à peine. Il y a un étudiant qui s’est plaint parce que du monde ont lançé des balles de neige aux policiers à la dernière manif à Québec. Come on! Ils sont tellement équipés.

    • Camarade, j’ai à peine parlé de la guerre civile. Je comprends mal ton « apport à la nuance » alors que rien n’a été étalé sur cette question dans le billet présent.

      Pour ce qui est de l’État, nous sommes d’accords sur la finalité, et non le chemin à prendre pour mener à terme, c’est-à-dire : l’un par la dictature du prolétariat – nécessité socialiste inévitable, traduite par la guerre des classes – et la reconnaissance directe de la société comme épurée de toute classe sociale. Sauf que cette reconnaissance ne peut se faire pacifiquement avec le consentement de l’autre; bref, selon le liberal way of struggle.

      La raison en est très simple : il y aura une réaction armée, qu’on la veuille ou non, nous poussant malheureusement à assurer une force militaire supérieure pour garantir notre victoire de notre classe contre l’autre classe (selon la contradiction antagonique).

      Autrement, je suis d’accord avec toi pour dire que la lutte matérialiste est loin d’être présente au Québec. C’est ce que je dénonce aussi.

      • Bakouchaïev Says:

        Oui, je me suis peut-être mal exprimé. C’est bien parce que tu n’as pas élaboré sur certains points que j’ai amené celui-ci. Peut-être aussi à cause de ce que je lis présentement (l’homme révolté de Camus) et ce sur quoi je dois travailler (la révolte chez Camus). Je ne suis pas d’accord avec lui (il abandonne la révolution pour se contenter de ce qu’il considère la révolte), mais il amène des points intéressants.

        Il y aura forcément une réaction, on s’entend là dessus. Mais comment y répondre? Je prône la résistance, mais sur une base horizontale. Ce qui s’est fait dans l’Histoire, bien que je ne suis pas un grand connaisseur sur le fonctionnement interne de ces groupes armés.

        Pour moi il y a quelques problèmes au niveau de l’analyse marxiste. Selon moi, il y a plus que deux classes sociales dans la société. Il y a des divisions au sein des travailleurs et travailleuses salariéEs. Je reprend ici l’analyse de M. Albert, qui parle de la classe des coordonateurs. En gros ce sont eux qui ont pris le pouvoir en URSS, pas des prolétaires «ordinaires».

        Et puis même si ce serait des prolétaires au départ qui prendrait le pouvoir (faudrait voir à qui on a vraiment à faire), ils devriendraient vite des bureaucrates et non plus de simples prolétaires. Et puis tous les prolétaires ne peuvent pas prendre le contrôle de l’État, seulement une minorité, qui va parler, penser et surtout agir au nom de tous les prolétaires. On reste dans la représentation politique qui selon moi est aussi détestable que le travail salarié.

  3. Bakouchaïev, tu fais une critique du marxisme orthodoxe (ou vieux marxisme, ou même « marxisme-léninisme ») qui ne s’applique aucunement aux analyses et critiques de ce blogue. Je suis tout à fait d’accord avec toi sur tous les points, sauf le dernier.

    Présumer que les prolétaires prennent le pouvoir est une erreur : ils l’ont. Il suffit que de l’exercer. Aussi, comment peuvent-ils devenir bureaucrates alors que l’ordre établi, le « vieux monde » n’existe plus et que les rapports sociaux de propriétés ont complètement été transformés ? C’est comme parler de capitalisme sans propriété privée : c’est impossible.

    Enfin, prendre l’URSS comme exemple de communisme est problématique. Les classes sociales, le salariat et l’État existaient toujours. Seule différence est que l’État était l’employeur, et que la propriété était celle de l’État. Si tu considères l’URSS comme ayant été communiste (lui-même ne s’est jamais dit communiste, mais en route vers le communisme), alors là on ne s’entend pas. Je ne nie pas l’expérience catastrophique de l’URSS sous le nom du socialisme, mais faut pas tomber dans la propagande capitaliste non plus.

  4. Comme pour plein de trucs écrits ici, je ne suis pas en désaccord, vraiment pas même. Mais (parce que j ajoute toujours un mais vous savez bien^^)

    Donc dans notre contexte québecois:
    -On a pas assez faim
    -Dans notre belle société libérale ceux et celles qui possèdent (l’argent/les moyens de production) sont présentés comme ayant réussi par eux-même, comme méritant ce qu ils ont. Les gens ne révolutionneront rien tant qu’on ne sort pas de la pensée individualiste libérale qui fait que les bourgeoisies sont défendues par ceux et celles qu’elles exploitent.
    -On a pas assez faim
    -le « prolétaire » en tant que classe n’existe pratiquement pas ici. Les métiers historiquement sous payés et dangereux ont des acquis syndicaux qui font que certains métiers sont mieux payés qu être chargé de cours à l’université. Ce n est pas eux qui vont se soulever.
    -On a pas assez faim (à répéter et répéter)

    Bref contrairement à unionrevolte je suis loin de penser qu on s en va « inéluctablement vers les armes » Pas ici. Et pour m’engueuler avec des gens qui disent que des balles de neige sur la police c est méchant ben je pense qu on est loin loin loin de là.

  5. Kamaraade Says:

    Intéressant, comment pouvons-nous faire une révolte? Les gens mésadaptés sociaux n’ont pas ce qu’il faut pour lever une révolte.

    J’ajouterais que seul ceux qui sont capables de faire des révoltes sont justement des bourgeois qui désirent changer le système.

    Je ne pensais pas que l’UQAM était rendu ci-bas dans ces cours de philosophie et de sociologie pour engendrer de si mauvais penseurs.

    Je suppose que vous ne publierez pas mon commentaire, les communisme n’aime pas le dialogue. Ils veulent des moutons et une pensée unique. La droite est bien méchante, mais elle permet l’ouverture des dialogues. Il faut accepter la critique positive et négative.

  6. Kamaraade Says:

    Merci de m’avoir publier, j’apprécie l’ouverture d’esprit.

    C’est bien beaux les actes révolutionnaires, mais j’aimerais savoir en quoi ressemblera la société une fois la révolution et le communisme installé?

    Par exemple, on fait quoi pour le logis? qui vit dans des maisons ou tout le monde vit dans des tours d’habitation avec les mêmes meubles, même espace?

    Bref, supposer que tout fonctionne parfaitement et que vous écrasez les bourgeois. À quoi ressemblera l’avenir? Que ferons les bourgeois privé de toute richesse? ils seront rancuniers, car ils n’auront jamais accepté la perte de privilège. alors on fait quoi avec les bourgeois, on les extermine tous pour éviter une seconde révolution qui amènerait de nouveau un monde capitaliste?

    Ce qui intéressant avec les gens prônant le communisme, c’est que ce sont souvent des jeunes qui affectionnent l’esprit révolutionnaire, mais qui néglige d’imaginer le lendemain de la révolution. Y’a des éléments pratiques et concrets dont on doit se soucier, mais qui sont oubliés, parce que pas assez glamour.

    Je ne suis pas totalement contre le communisme, il y a du bon à aller chercher et à appliquer dans nos sociétés, mais de là, à tout appliquer à la lettre les écrits de Marx. Il y a une marge que je ne voudrais pas franchir. Je me méfie de tous ce qui est « by the book » : religion, philosophie, diète, finance, etc..

    • « Ce qui intéressant avec les gens prônant le communisme, c’est que ce sont souvent des jeunes qui affectionnent l’esprit révolutionnaire, mais qui néglige d’imaginer le lendemain de la révolution. Y’a des éléments pratiques et concrets dont on doit se soucier, mais qui sont oubliés, parce que pas assez glamour. »

      En effet, de nombreux « révolutionnaires » se montrent bien contre-révolutionnaires lorsque le moment de prendre de dures décisions se présente; l’observation et l’Histoire nous le démontre. Entre celles et ceux qui se disent communistes et celles et ceux qui le sont, il y a toute une marge. Bref, la lutte de classe est une affaire d’action, pas de discours.

      Néanmoins, parlant du lendemain de la Révolution, j’affirmerais que plusieurs des points centraux du communisme (majoritairement, les points soulevés dans le Manifeste) se sont réalisés dans certaines sociétés. Par contre, dans la plupart d’entre elles, les points touchant à la propriété privée sont évidemment ceux causant le plus de conflits. J’estime imaginer que la société post-révolutionnaire, en reprenant Marx, ne sera pas particulièrement différente de ce que l’on voit dans les sociétés capitalistes avancées. Grosso modo, les points de différence majeurs seront le temps de travail, la quantité de biens de luxe et la qualité de vie. C’est évidemment la propriété privée qui empêche de pleinement prendre contrôle localement de la « vie concrète » individuelle et sociale (je me réfère ici principalement à l’injonction à la valorisation).

      Les questions pratiques sont de l’ordre « local/communal ». Disons qu’il est le plus pratique et réaliste de laisser les communes développer des projets sur la base matérielle existante et d’organiser la production sur leurs BESOINS. Jamais on ne le dira assez ! Le communisme, c’est la production pour le BESOIN !

      « mais de là, à tout appliquer à la lettre les écrits de Marx. »

      En effet, même Marx lui même l’a dit, il n’a pas écrit un manuel pratique, mais un manuel théorique sur comment penser l’Histoire. Je me fracasse la tête sur les murs chaque fois que je vois quelqu’un lire Le Capital comme une Bible…

      À propos de l’extermination des bourgeois:
      Je spécifierais que l’extermination pure et simple de l’individu est superflu (Marx l’avait d’ailleurs dit) puisque retirer aux capitalistes leurs moyens d’exercer un pouvoir (leur propriété, leur État et leur armée) rend inutile la pure et simple extermination, ou bien la concentration. Disons que nous allons avoir initialement quelques frustré-e-s qui soient auront été tué-e-s lors de la guerre de classe, soient n’aurons d’autre choix que de se plier. Dans le cas d’ex-bourgeois socialement dangereux, il y aura une forme de contrôle idéalement post-carcéral. De toute façon, l’immense majorité des être humains ne sont pas bourgeois. J’aimerais ajouter que les sociétés du type stalinien on été sujettes à un délire qu’il ne faut jamais raviver. Ces sociétés ont créé un bourgeois-idéal-terroriste (je crois que cette analogie explique mon point), qui avait effectivement disparu, parallèlement à un état d’urgence permanent. Cela est par contre un débat non résolu sur lequel je me penche fréquemment. Pour l’instant, je me range à dire qu’il faut tenter d’éviter cela tout en appliquant ce qui est réellement nécessaire suite à la victoire.

  7. Kapitalnieztsche Says:

    Sauf !
    Sauf que si les bourgeois ne se laissent pas exproprié c’est parce qu’ils ont compris les petites combines marxistes : nos misérables mutins veulent ce que possèdent et font les bourgeois.
    De là on peut affirmer que le capitalisme est un système juste, il empêche de fausses révolutions aveugler le peuple, car en vérité ça en serait une. Quand la racaille enfile les cols blancs, il prend l’usage et l’apparat du bourgeois.

    Vive la réaction !

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