« Fuck the police » à Montréal

Cette nouvelle de ce matin me fait rire.

Elle me fait rire parce que c’est loin d’être terminé et que de telles actions directes (si l’on peut les nommer ainsi) vont continuer à éclore un peu partout, comme c’est massivement déjà le cas en Europe. Il n’est pas rare que des voitures et des postes de police soient, lors des jacqueries, non pas vandalisées mais littéralement brûlées et renversées. Au Québec, il y a un peu plus de retenu en raison des conditions matérielles d’existence qui n’ont rien de révolutionnaire ou pré-révolutionnaire. Mais tout de même, le message est clair : « fuck the police ».

Les commentaires du SPVM sont hilarants parce qu’ils prennent vraiment les masses pour des cons. Dire que les écrits FTP et ACAB (all cops are bastards) sont des slogans souvent scandés lors des manifestations … anti-policières ! Plus hilarant encore, c’est l’écrit de la journalisss qui fait une remarque que « c’est d’ailleurs lundi qu’aura lieu la manifestation annuelle contre la brutalité policière, manifestation qui tourne souvent au vinaigre » pour faire un lien extrêmement rapide entre ça et les petits vandalismes.

Vous l’aurez compris : le COBP a été pointé du doigt. Les maudits anarchisss ! Toujours euzautre, asti d’câlisss ! Étant donné que les vandales (!) étaient vêtus de noir, c’est qu’il y a là un lien avec le COBP et la manifestation anarchisss casseux d’vit’ ! Je veux dire, c’est évident : être cagoulé, c’est être anarchiste, et être anarchiste, c’est être avec le COBP, et être avec le COBP, c’est être membre de la manifestation annuelle contre la police ! Il me semble qu’une évidence plus marquée que ça, c’est la mort.

Quoique, une manifestation officiellement anti-police serait franc…

Mais bon, comme d’habitude, cela s’inscrit dans une campagne non-engagée et non-sérieuse de salissage envers cette manifestation et l’organisation. Loin d’être révolutionnaire et engagée dans la praxis, cette manifestation a sa raison de vivre sauf qu’elle est plus impertinente qu’autre chose. Dans la pratique, les contestataires de la manifestation n’ont rien à gagner concrètement si ce n’est qu’un petit laps de temps pour évacuer leur colère (qui serait plus potable à canaliser dans une organisation révolutionnaire qu’à éjecter dans le vide).

Soyons honnêtes une seconde : la manifestation du 15 mars, bien que amusante et manquant un peu de funk – les inscriptions sont toujours ouvertes en passant ! – se termine régulièrement dans les arrestations de masse, les procès débilement longs et inutiles, ainsi que les abus de policierEs qui s’en sortent indemnes les yeux bandés. Bref, c’est devenir un punching bag les bras ouverts pour la police ! Un genre de petit laboratoire accessible et gratuit pour les joujoux des chienNEs de garde du Capital.

Enfin. Je ne sais pas qui ont fait ces actions directes, mais je vous donne ma solidarité et mes félicitations. Ça en manque au Québec. Mais c’est impertinent pour la praxis et l’abolition totale et définitive du capitalisme : ça ne transforme aucunement les rapports sociaux et la réalité. C’est une réification du pouvoir, certes, mais sans plus. Les masses n’embarqueront pas dans ce « moule », cette « mouvance », cette « nécessité » de prendre les armes et de se révolter. Leur haine n’est pas touchée, leur routine n’est pas affectée.

C’est qu’il faut frapper, pas ailleurs.

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