L’origine du capitalisme

Le meilleur correctif qu’il convient d’apporter aux explications courantes qui nous présentent le capitalisme comme un phénomène naturel, et aux pétitions de principe à propos de ses origines, est sans doute de reconnaître que ce système, avec ses impératifs particuliers d’accumulation et de maximisation des profits, a vu le jour non à la ville, mais à la campagne, en une région bien précise et à une époque plutôt récente de l’histoire de l’humanité. De plus, on retiendra que ce régime n’est pas juste un prolongement ou un accroissement du négoce et des échanges commerciaux, mais qu’il a procédé à un changement radical dans les relations et les pratiques humaines les plus élémentaires, rompant de façon nette avec la manière dont les êtres humains étaient en interaction avec la nature depuis des temps immémoriaux.

==> Lire le chapitre 5 du livre (PDF)

3 Réponses to “L’origine du capitalisme”

  1. Quoi qu’on puisse penser des idées que développe cette auteur, il faut lui reconnaitre une plume admirable: analyses claires, sans fioritures rhétoriques, esprit de synthèse, l’outillage conceptuel limité au nécessaire, pas d’excès de terminologies futiles.

    Ma connaissance de l’histoire des faits économiques et sociaux est assez lacunaire, mais je crois tout de même que l’on ne doive pas s’en tenir à sa présentation des transactions de marché comme  »impératives » en régime capitaliste, même s’il s’agit d’une idée intéressante. Faisons remarquer que la production et la distribution des ressources n’est pas l’apanage d’individus qui se rendent en des endroits – réels ou virtuels – où l’on peut contracter librement. Il existe aussi, à côté du marché, toutes sortes d’organisations(à commencer par la firme) qui ont internalisé des opérations relevant de la production et de la distribution. Les individus qui oeuvrent au sein de ces organisations n’ont pas de relations marchandes, ils ont des relations hiérarchiques. Tout cela découle du fait, bien sûr, que ces organisations ne paient pas leurs employés pour un travail horaire spécifique, mais pour le droit de diriger leur travail pendant un certain laps de temps(voilà une hypothèse qui vous sera familière). Afin de contraster ces organisations avec celle du marché(de montrer ce en quoi elles s’opposent), vous n,avez qu’à imaginer une société incorporée qui, éventuellement, internaliserait toutes les opérations nécessaires à ses activités de base: partons d’une entreprise qui fabrique un produit x. D’abord, elle achèterait ses concurentes, puis ses fournisseurs. On ne s’arrête pas là: elle devrait acheter les fournisseurs de ses fournisseurs, et ainsi de suite. Elle devrait par ailleurs acheter le nécessaire pour la reproduction sociale de l’existence de ses employés(pour parler avec vos termes), les entreprises et autres contractants qui oeuvrent sur le marché agricole. In fine, on se retrouve avec une organisation qui planifie toutes les activitiés productives, et qui alloue toutes les ressources de la société. Du planisme, quoi. Le marché n’existe tout simplement plus.

    Puis la distinction qu’elle reprend de Marx entre pouvoirs  »économiques » et pouvoirs  »extra-économiques » me fait douter: après tout le respect du droit de propriété repose sur la possibilité de faire peser une menace – éventuellement physique – contre un individu qui l’enfreint.

  2. Tu sais, tu n’as pas vraiment besoin d’expliquer les autres chapitres. Je n’ai fait que donner un extrait, le chapitre 5. Ce dont tu parle est traité dans les autres chapitres du livre.

    Je te le recommande.

  3. Ce sont simplement les réactions que j’ai eues à la lecture de ce chapitre pris individuellement.

    Maintenant oui, éventuellement je vais le lire au complet.

    En toute honnêteté, si elle ne voit dans la logique du capitalisme que l’obligation de passer par le marché pour avoir accès à des ressources(capital, travail, biens de consommation, d’investissement), j’anticipe fortement sur le fait qu’elle doive négliger (par ex.) la présence des nombreuses opportunités(car elles occupent une grande portion de la main-d’oeuvre) qui existent en capitalisme de se coordonner par d’autres institutions que l’échange. Mais peut-être qu’elle nuance par la suite sa définition.

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