Les réformes, les réformes, les réformes …

C’est l’argument orthodoxe de toutE non-révolutionnaire ou pseudo-révolutionnaire attachéE au capitalisme d’un degré plus ou moins fort. « Luttons par la réforme, c’est ainsi que la société ira mieux ! » nous répètent ces gens qui, depuis trop longtemps, ont condamné les actions révolutionnaires.

« Il suffit de faire des réformes responsables et dignes ».

Oh, s’il vous plaît, épargnez-moi vos absurdes paroles vides d’analyse et de compréhension historique. L’histoire, ainsi qu’Ellen Meiksins Wood, nous apprend que le capitalisme a émergé dans les campagnes anglaises du 17e siècle et que, depuis, des réformes ont eu lieu. Des réformes pour rendre le capitalisme plus productif et plus profitable, c’est-à-dire augmenter sa concurrence et sa rentabilité : deux impératifs du capitalisme.

Prenez rapidement exemple sur le Québec où la frénésie capitaliste frappe de plein fouet. Les services sociaux se privatisent en masse, les tarifs sont à la hausse et les acquis sociaux tombent dans la réaction. Tout service impossible à privatiser doit, selon les troudkistes comme la face à claque de Joseph Facal, suivre les deux impératifs du capitalisme : être concurrentiel et rentable (production et profit). Si ces deux commandements moraux ne sont pas suivis, c’est que ces services sociaux ne peuvent rester « publics » et donc tombent inévitablement dans la logique marchande : la privatisation ou l’abolition tout court.

Beau paradoxe, n’est-ce pas ? Voilà la contrainte.

Les services sociaux publics se transforment d’une occasion (possibilité, sans contrainte, d’accès à la subsistance comme la nourriture, la santé, l’éducation, etc. d’une manière ou d’une autre) à un impératif (contrainte d’accès à une subsistance où celle-ci se retrouve dans le marché capitaliste). Ce phénomène de capitalisation (et de salarialisation), c’est exactement ce qui s’est passé il y a 300 ans à travers le globe pour envoyer sur le marché capitaliste toutes, mais toutes les subsistances, forçant ainsi les masses à se prolétariser pour obtenir un salariat. Ce salariat était progressivement l’unique moyen de se procurer le nécessaire pour vivre, c’est-à-dire se procurer sa subsistance dans le marché capitaliste qui était le seul endroit d’appropriation.

Il en était ainsi pour combler le manque grandissant du marché dans ses débuts précapitaliste et restreint à la luxure. Seule l’aristocratie achetait les biens du marché qui était principalement et majoritairement composé de produits de luxe, jusqu’à l’émergence du capitalisme. La circulation de ces luxes entre les différents marchés indépendants les uns des autres était assurée par les bourgeois (à ne pas confondre avec les capitalistes).

Eh oui, les marchés servaient principalement d’oisiveté pour les riches !

Les réformes, quant à elles, n’ont été faites que pour « agrandir temporairement » l’accessibilité des masses qui venaient en ville, à se procurer le nécessaire sur le marché (qui était très profitable justement !). Or, les conséquences à long terme se sont transformées en un gigantesque capitalisme globalisé (ne pas confondre avec mondialisé). De là la transition de l’occasion vers l’impératif – de « je peux me procurer par » vers « je suis contraint de me procurer par ».

Certes, toutes les réformes, depuis plus de 300 ans, n’ont réduit d’aucune manière ces deux logiques (concurrence et rentabilité). Au contraire, ces réformes ont servi justement à augmenter et améliorer à la fois la productivité et le profit ! Depuis l’existence du capitalisme, les réformes continuent à assurer la survie du capitalisme jusqu’à tenter de lui donner un visage humain afin de le rendre acceptable et « morale ». Mais le capitalisme, peu importe sa couleur, peu importe son visage, peu importe le foutu voile qu’on lui mets, reste et restera du capitalisme. Les rapports sociaux de propriétés, peu importe leur apparence, vont demeurer capitalistes !

Les réformes ne sont pas là pour détruire le capitalisme, mais le rendre « meilleur qu’il n’est déjà ». Il est impossible d’anéantir le capitalisme par des réformes, rentrez-vous ça dans la tête ! Sans révolution, démarrée par une insurrection, il ne peut y avoir de transformation concrète des rapports sociaux de propriétés pour les rendre non-capitalistes, c’est-à-dire socialistes, et s’enligner vers le communisme !

Tant que notre « praxis » restera coincé dans le réformisme, vous pouvez dès maintenant vous enlevez l’idée que le monde verra quelque chose de mieux que le capitalisme et son petit frère le fascisme.

2 Réponses to “Les réformes, les réformes, les réformes …”

  1. Je ne parlerais pas de socialisme ou de communisme, mais bien d’autogestion, de démocratie directe, d’économie participative, etc., mais je rejoins votre analyse. Les réformes n’ont faits que renforcer le système. Qui plus est, il n’y a pas eu de réformes majeures depuis des années au Québec et je serais prêt à parier que c’est le même phénomène un peu partout, avec la montée du «néolibéralisme», qui n’est qu’un retour au capitalisme sauvage, même si je suppose qu’il a évolué et qu’on doit apporter des nuances. Si la grève étudiante de 2005 n’a pas apporté de réformes majeures, je ne vois pas ce qui pourrait en apporter. On est allez aussi loin qu’on pouvait selon moi dans le cadre d’un mouvement réformiste (qui ne demandait pas de réformes majeures, mais un retour en arrière quant à une décision administrative). Un ami à moi me fesait remarquer peu après la grève (ou vers la fin?) que la prochaine étape était les bombes. Et il avait raison.

    Q’aurions nous dit d’une réforme de l’esclavage? Nous en aurions été scandalisé. L’esclavage devait être aboli (même si des gens douteux sont derrière tout ça) et il en va de même que le capitalisme.

  2. C’est une bonne analyse, les prisonniers ne veulent réformer leur prison pour la rendre plus tolérable, ils veulent la détruire.
    Les réformes servent à essayer de rendre tolérable le système actuel lorsque la masse en peut plus, comme Obama qui arrive en scandant le changement alors que le seul changement qui a eu lieu c’est la couleur de peau du président. Bill Clinton scandait la même chose tout comme Tony Blair, ça fait penser à la technique d’interrogatoire bon cop bad cop. Même Hitler scandait le changement radical.

    Par contre, est-ce qu’un régime communiste est si différend du capitalisme ?
    Il me semble que tous les deux mènent à des dictature bureaucratique répressive et à une société hiérarchisé avec des exploiteurs et des exploités. En tout cas historiquement ce fut le cas.
    Il me semble que l’anarchie serait un vrai changement.

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