Jean-Loup Lapointe, membre du gang policier

L’enquête publique concernant l’affaire Villanueva, jeune latino abattu par balles par la police de Montréal, révèle des éléments croustillants concernant les rôles de la classe policière dans la société capitaliste, des masses médias-poubelles et de l’administration locale même. Mensonges, manipulations, démagogies et exagérations sont au menu de cette mascarade judiciaire – qui est, rappelons-le, toujours répressive et capitaliste -, exemple parmi tant d’autres.

L’ordure Jean-Loup Lapointe, membre du gang policier, a affirmé dans son rapport quelques jours après l’assassinat commis qu’il avait craint pour sa vie et celle de Stéphanie Pilotte. Il a été battu, étranglé et mis au sol. Il se sentait dominé et envahit : il devait se défendre, et donc tirer à bout portant le bras tendu plus de trois coups de feu. Sous le voile de la légitime défense pour sa propre survie, il n’a pensé qu’à tirer vers les « masses de corps » – et non tirer en l’air pour effrayer. Une note apparue par magie de Stéphanie Pilotte « confirme » ces faits.

De ces fabulations, la vérité est tout autre : il n’a jamais été étranglé et battu. La note fantôme de Stéphanie Pilotte préservée secrètement pendant plus d’un an, devenue « partie intégrante des preuves » à peine une semaine avant son témoignage, fut écrite d’une façon très minutieuse et délicate – alors qu’elle était sous le choc. Le nombre de jeunes qui jouaient au « Craps » (jeu de hasard à l’aide de dés joué dans les casinos des États-Unis) dans un lieu publique, jeu prescrit par les règlements municipaux, étaient environ de cinq. Ce chiffre est au moins quatre fois plus petit que les dires des détracteurs médiatiques et torchons du camp de la réaction, soit entre 20 à 30.

Fait troublant : Freddy Villanueva n’a jamais touché Jean-Loup Lapointe.

Alors que Lapointe avait la chienne de sa vie (mais pas les autres, même après les coups de feu), Pilotte ressentait autrement : elle ne craignait pas mourir. Pourtant plus petite et plus « vulnérable », elle n’a jamais pensé à sortir son arme, ni même son poivre de Cayenne pour maîtriser la situation. Violant les procédures déontologiques policières, les deux agents n’ont pas été séparés suite à l’incident, aucune personne de la gang policière n’a posé de questions sur l’affaire, et ont rencontré leur délégué syndical-fasciste pour que Lapointe raconte les faits, « contaminant » ainsi la version des faits de Pilotte.

Au milieu, l'unique blessure de Jean-Loup Lapointe. Sur les côtés, les blessures de Stéphanie Pilotte.

Voici, en quelques mots, le « début » du conflit qui tourna au drame :

Le policier ordonne au groupe de rester sur place. Tous obéissent, sauf Dany Villanueva, qui quitte le groupe en marchant. Quand l’agent Lapointe leur annonce qu’ils recevront un constat d’infraction, Dany Villanueva devient «agressif». «Il gesticule agressivement avec ses bras et mains en criant plusieurs fois qu’il n’a rien fait», écrit le policier.

Cela lui vaut un second constat d’infraction pour «bruit et tumulte», annonce l’agent à Dany Villanueva. Le policier lui attrape alors un bras, et l’agente Pilotte prend l’autre. Le jeune homme résiste. Le policier craint qu’il ne dissimule une arme sur lui (aucun des cinq jeunes n’avait d’arme sur lui, en fin de compte). Il le projette au sol d’un croc-en-jambe. Sa coéquipière se charge de lui maîtriser les jambes.

Plusieurs éléments sont à retenir ici : ne pas obéir aux chienNEs de garde du capitalisme, même pour une pathétique et absurdité règlementaire de la ville vaut à une mort et des blessures certaines, le tout dans l’impunité totale pour le gang policier et les pires accusations, des plus ridicules aux plus ahurissantes, pour les victimes de ces répressions quotidiennes. L’agressif dans cette courte altercation fut Lapointe : il fait feu à moins de 33 centimètres (15 pouces) sur Freddy. Mais il ne faut pas l’accuser comme individu, mais comme classe, comme « gang », c’est-à-dire la police. L’agent Lapointe n’est qu’un morceau de l’immense casse-tête capitaliste dont la police est rattachée. Il n’est qu’un exemple, qu’un simple membre du gang policier.

Malgré ces quelques faits, il est important de rappeler que l’avocat engagé par le Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) est le même que celui de la Ville de Montréal. D’un côté, cette pourriture nauséabonde protège l’assassinat policier et la nécessité d’une telle institution ; de l’autre, il tente par tous les moyens légaux et démagogiques d’empêcher toute allusion profilage raciale, pourtant très présent au sein du gang policier. L’avocat est le même parce que les intérêts sont les mêmes. Le sanglot de Stéphanie Pilotte au Palais de Justice suite à une très simple question (qu’aurait-elle pu faire pour améliorer la situation ou que cela ne se produise pas ?) démontre bien cet entêtement policier à empêcher leurs agentEs de s’exprimer sans contrainte, sans obstacle dressés sur son chemin afin de les dévoiler sous la lumière et la justice du prolétariat.

Ce n’est aucunement nouveau : l’histoire nous a montré (et encore aujourd’hui) que les capitalistes et leurs vassaux chercheront toujours à protéger et cacher leurs intérêts véritables sous le couvert de vicieuses paroles universelles de « démocratie » et « liberté ». C’est là qu’on voit le vrai visage, encore une fois, de la police, de son administration et du capitalisme même.

Alors que la population et les familles du défunt et des blessés veulent connaître la vérité sur ce qui s’est réellement passé (tâche qui, en principe, n’est aucunement difficile lorsque les outils de connaissances sont disponibles sauf si l’on veut cacher quelque chose), la police intrinsèquement corrompue reste solidaire au même titre qu’un « gang de rue » (ou une « classe sociale consciente de ses intérêts » si vous préférez) en rejetant toute accusation et justifiant toute bavure et impunité prolétraitre. L’administration de la Ville de Montréal défend la position réactionnaire des agentEs de la paix capitaliste sous le voile de l’équité et de la justice (n’oublions pas la tentative de bannir les couvre-chefs pour toutes les manifestations comme en Europe). Or, dans le Palais de Justice de Montréal et pendant les témoignages, le débat demeure faux et n’explique jamais les faits du drame, voire les fondements, mais se limite à des détails insignifiants dans le but de perdre du temps, de retarder le tout et de décourager les plus avides de vérités.

Ces débats sont dignes de la société capitaliste : préserver la domination exploitante de la classe dirigeante, regroupant la bourgeoisie, l’actionnariat, le gestionnariat et leurs vassaux comme la police et la classe politique, est primordiale. De sorte, chaque question doit rester encadrée et éviter de mettre en péril l’existence même du capitalisme, restreignant ainsi les possibilités d’actions et d’agir du prolétariat, classe majoritaire. C’est le « cadre légal bourgeois ».

La police est l’expression directe de l’oppression de la bourgeoisie sur les masses. Elle n’est pas là pour servir le peuple, mais pour le réprimer contre toute attaque, aussi minable soit-elle, sur les rapports de propriétés : telle est la raison de son existence. Freddy Villanueva a été tué pour avoir joué aux dés avec de l’argent (l’argent étant la genèse du capitalisme), jeu fraîchement interdit par la Ville de Montréal. Une telle intervention dans une autre ville, ou avant son interdiction, aurait été « illégale ». Or, elle resterait quand même « justifiable » parce qu’il est question d’une intervention policière « pour la paix sociale », et qui dit intervention policière dit « a toujours raison, et même dans le tort, elle a raison ».

Pas d’argent, pas de capitalisme ; pas de capitalisme, pas de classe policière ; pas de classe policière, pas de patriarcat où le crime reste impuni et où aucune l’impunité pour le ou la meurtrière n’est portée. Pour mettre fin à l’argent, il faut mettre fin à ce qui le maintient en activité et en régulation dans les rapports sociaux, c’est-à-dire : le capitalisme. Il est impossible de réformer la police justement parce qu’elle est institutionnalisée et fait partie intégrante du capitalisme. L’unique moyen d’y arriver est par la lutte armée, par l’insurrection jusqu’à la révolution.

Toute autre tentative non-violente et réformiste est vouée à l’échec.

_____

P.S.: Vous pouvez lire ici un trou du cul du syndicat-fasciste à ce sujet.

Publicités

2 Réponses to “Jean-Loup Lapointe, membre du gang policier”

  1. Quand on ne peut plus mentir, on peut encore souvent camoufler la vérité. Je ne sais pas si nous arriverons un jour à faire payer tous ces pourris pour leurs actes, mais je l’espère.

  2. Pour des gens presséEs de défendre leur point de vue, le camp policier en a mis du temps avant de sortir son attirail de défense. Sans enquête, nous n’aurions jamais pu nous indigner devant les “graves” blessures de ces deux agents de la mort.
    Merci pour l’article, n’étant pas au Québec en ce moment, je serais passé à côté de ces nouveaux éléments.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :