Le jeu des sous-fifres prolétraitres du métro

À chaque début de mois, les sous-fifres prolétraitres du métro déclenche leur activité favorite : la saprophagie, c’est-à-dire l’activité de se nourrir de matière organique morte. N’ayant rien à faire et étant avides d’autorité, les rejetons du SPVM passent à l’action dès les premiers jours de chaque mois. Comme des charognards, cette milice du Capital doit assurer sa survie de sous-fifre en prouvant leur nécessité dans les métros par la chasse des plus disposéEs à se faire déchiqueter, le tout grâce à leur instinct « inné » de vorace.

Cet instinct a pour nom le profilage.

Puisque leur minable autorité n’est valable qu’envers les plus ignares, les plus fragiles, les plus aliénéEs et les plus mal-éduquéEs, ces vermines en quête de morts-vivantEs analysent les masses coincées dans leur routine morne habituelle, qui peuplent les wagons et stations du métro. Dès que possible, les yeux de ces sous-fifres se transforment en radar, émettant des rayons X pour la recherche spontanée de cibles potables à dévorer. Parmi toutes les cibles existantes, les trois premières sont les plus faciles : les « gangs de rue », les pauvres et les jeunes.

Les « gangs de rue », qui sont des jeunes à la couleur de peau « pas normale » pour la plupart, forment la première cible de cette maigre horde de la prolétraitrise de Montréal. Lorsque l’un d’eux (car ce ne sont que des hommes et des gens très organisés qui communiquent par télépathie, possédant un même gêne criminel qui s’apparente par le style vestimentaire) est détecté, aussitôt le ou la sous-fifre fait signe aux autres voraces de l’encercler à 4 ou 5 – dont unE qui le fixe du regard avec des yeux aussi ronds des billes – pour le mettre dans un coin et lui demander de montrer ses papiers (bref, le contrôler). S’il n’obéit pas, c’est qu’il résiste et donc doit subir une arrestation musclée. Le jeune membre de la secte des « yo » peut être fouillé (bien que ce soit illégal sans arrestation réelle) pour chercher de la drogue, une arme létale ou de l’alcool. S’il n’a rien de tout ça et qu’il a bel et bien ses papiers, et qu’il paie sa passe d’autobus que le Capital lui exige mensuellement, les sous-fifres le retiendront pour différentes raisons de « sécurité » jusqu’à ce qu’il s’impatiente.

Je sais que l’halloween est terminée, mais si vous êtes intéresséEs à savoir comment vit un « gang de rue » lors d’un emmerdement policier, déguisez-vous comme lui (selon la description stéréotypée) : pantalons avec fond de culotte, bandana sur la tête, manteau avec fausse fourrure autour du capuchon, une prothèse dentaire éclatant à la lumière et un t-shirt atteignant les genoux. Par un tel costume, vous allez très rapidement être la cible de ces sous-fifres et l’expérience pourrait pour vous étonner. Au final, vous allez réussir à détourner leur mécanisme de détection de proies potables qui correspondent à leurs critères de sélection puisque ce n’est qu’un déguisement, à moins qu’il soit sévèrement réaliste.

Après les « gangs de rue » – qui sont tous unis d’un même gêne masculin criminel, rappelons-le –, ce sont les pauvres. C’est leur deuxième cible en échelle de priorité, d’importance. Les caractéristiques qui rassemblent les pauvres sont vastes mais inter-reliés pour la mentalité cégepienne sous-fifre : malpropreté visible, extrême laideur, pilosité « provocante » (en d’autres termes, une barbe), style vestimentaire très négligé et odeur corporelle dérangeante (les mauvais parfums ne sont pas considérés). Si vous avez l’un de ces symptômes attention ! Votre risque d’être dévoréE par ces charognardEs monte d’un cran. Bref, l’intervention face à un individu jugé pauvre selon ces critères est limitée à une ou deux personnes. Le contrôle est généralement vite fait et négligé : le ou la sous-fifre n’a pas envie de vous sentir, et vous ne représentez aucunement un danger pour le Capital et les masses, mais une simple nuisance désagréable dont on préfère ignorer l’existence. Il y a même une escorte jusqu’à la sortie du métro pour éviter tout « incident probable » avec les masses contraintes dans leur banale routine.

Donc n’oubliez pas de vous raser, de porter de beaux vêtements propres, de sentir bon, d’être désirable et de paraitre bien. Ainsi, avec un veston-cravate de haute qualité et un accent européen de l’Est, vous allez pouvoir sauter les tourniquets sans problème. Les sous-fifres vous diront qu’ici, au Québec, « on fait c’te genre de chose là » et qu’il faut payer à la machine d’à côté. Répondez simplement que vous n’utilisez jamais le métro puisque c’est un moyen de transport pour les pauvres. Selon mes hypothèses très poussés et « fondés », le ou la sous-fifre avec qui vous jaserez chaleureusement vous donnera son café et cira vos chaussures. Après tout, c’est vous qui faites « marcher la société en faisant rouler l’économie » !

En dernière place du top 3, ce sont les jeunes, c’est-à-dire : majoritairement vous et moi. Ces racailles qui s’amusent toujours à faire des métro populaires toutE seulE, à provoquer les prolétraitres, à se masquer comme les « gangs de rue » et troubler l’ordre public. RéputéEs pour défier les autorités et ne jamais payer, les jeunes jugéEs suspectEs sont chasséEs à la course et les cris, parfois par la main mise au collet ou le placage physique comme dans le football américain. AttrapéE, le ou la jeune est intimidéE pendant le contrôle. Proche des « gangs de rue » et des pauvres, l’adolescentE est aussi fixéE du regard par un ou une des charognardEs et peut se faire fouiller pour port de drogue douce parce qu’après tout, être jeune c’est fumer du pot à tous les jours !

Afin d’éviter cette chasse aux jeunes, les hommes doivent se vêtir en Karl Marx (à moins qu’ils et elles savent (!) qui est Marx) et les femmes en jeune écolière. Autrement, les sous-fifres surveilleront tous vos faits et gestes. Gare à celui ou celle qui osera les regarder : vous allez automatiquement être la cible de leurs représailles et être accuséE de comploter avec les chasséEs (surtout si c’est un jeune criminel de « gang de rue »). Il faut donc se faire discret, les laisser-faire et baisser vos yeux de ce qui vous entoure. Suivez les masses qui se déplacent, passez les tourniquets et taisez-vous. Étrangement, à écrire tout ceci, il y a un élément qui nous est touTEs familier … je vous laisse deviner.

Bref, lorsque le membre de « gang de rue », le ou la pauvre et le ou la jeune est arrêtéE, celui ou celle-ci reçoit un magnifique ticket d’une centaine de dollars pouvant facilement aller à deux centaines de dollars si jamais vous osez agiter, osez résister et faire valoir vos droits. Même le fait de demander le nom de la personne qui reçoit une contravention ou d’assister à la simple intervention policière dans le métro peut vous couter des menaces et un ticket pour entrave au travail des policierEs. Le copwatching, autant avec votre œil que votre lentille de caméra ou de cellulaire, n’est pas du tout apprécié. Ni même votre doute face à l’autorité, aussi misérable soit-elle.

Cette forme de répression n’est propre qu’au capitalisme où le service de transport en commun possède une valeur marchande – qui est capitalisé, libéralisé. Les barreaux des tourniquets dans les entrées de métro ne sont présentes que pour contraindre les masses à payer pour se déplacer collectivement, et la police ne sert qu’à protéger ce Capital pour que les achats soient respectés. Sans capitalisme, à quoi servirait ces tourniquets ? Absolument à rien : il y en aurait tout simplement pas et touTEs pourraient circuler librement sans se faire contrôler. Là où il y a capitalisme, il y a police et il y aussitôt répression sous diverses formes.

Toute cette absurdité contemporaine n’a pas fini de gonfler, attendez de voir la suite … ou bien n’attendez pas et organisez-vous dès maintenant. À vous de choisir.

L'avenir des « points de contrôle » ...

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2 Réponses to “Le jeu des sous-fifres prolétraitres du métro”

  1. Rhinocéros Says:

    Le fameux jeu des apparences…

    Ayant moi-même une allure de petite fille rangée, j’ai moi-même pu constater que mon apparence m’évitait bien des ennuis. Si jamais j’ai pu accomplir quelques  »méfaits », je m’en suis toujours tiré à très bon compte, jouant la carte de l’innocence. Et même si j’ai pu profiter de cette mentalité, reste que je la juge comme étant parfaitement injuste, arriérée et stupide. Oui, l’injustice provient de notre système de pseudo-justice..

    Mais encore là me vient le questionnement, à savoir, une réelle justice sociale peut-elle exister? Je me le demande bien. Dans une société comme la nôtre, j’en doute bien. La justice est-elle d’appliquer les mêmes lois pour tous et toutes? Ou encore de savoir juger en cas par cas? Dans ces deux cas, l’injustice peut pointer le bout de son nez. Y a-t-il système de justice parfait? Je ne crois pas.

    Si toutefois notre société était plus égalitaire, peut-être notre justice pourrait-elle être plus juste. C’est l’espoir que j’ai. Espoir vain, si on ne fait rien pour que ça change…

  2. Déchet social Says:

    Le pire dans tout ce système, c’est le problème de la prévention. Comment peut-on prévenir le crime ou bien dans ce cas-ci, le non-respect d’un règlement débile?

    La réponse est de réagir à des stéréotypes. Leur but: cibler la proie potentielle. On a qu’en penser à cette saleté d’Arabo-terroriste, de jeune voyou ou de hippie malpropre! Mais qui pourrait rapporter de l’argent à la STM? Notons que la contravention est de 214$. Alors qu’il serait plus simple d’abaisser les prix pour voyager en transport en commun, voire instaurer la gratuité, il est plus avantageux d’engager des agents contrôleurs, mettre plus de flics, afficher plus de pub qui dit que la STM offre plus de service (pour légitimer les 42 hausses de tarifs dans les 10 dernières années)!

    De plus, la vérification systématique pour contrôler le paiement des titres de transport permet de vérifier si un individu a payé, ou s’il est recherché ou bien, de faire en sorte d’intimider les personnes visées (les minorités ethniques/visibles, les jeunes et les pauvres) afin de réaffirmer l’autorité en place. Instaurer un régime de peur pour enrayer la «criminalité» dans le métro et faire fuir à tout prix: les déchets sociaux, les «dealers», les «gangs de rue» qui traînent près des quais et des entrées des stations.

    Bref, faire du réseau de la STM, un endroit propre et sécuritaire, et très lucratif pour la société de transport car on le sait bien, se déplacer pour étudier, travailler est un privilège que l’on doit payer! (sic) Pour le moment, il faut suivre la masse de merde téléguidée par la routine de manière discrète, avoir l’air «normal», se prosterner devant ces connards et putes du contrôle social qui nous suivent jusque dans le cul, mais il ne faudra pas hésiter à en pousser un ou une sur les rails très prochainement. Le pire qui pourrait arriver, c’est une interruption de service… et il y en a presque quotidiennement.

    Salauds de prolétraîtres d’unité métro du SPVM. Un agent m’a déjà écrasé la face dans les vitres du métro Beaudry, alors que j’étais avec un «dangereux» individu de race noire, en me suspectant d’être membre de gang de rue et en procédant à une «arrestation» (qui n’a pas eu lieue officiellement).

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