La question du nombre…

Asimov, dans le premier tome de sa célèbre série Fondation (plus célèbre que géniale…), explique un principe à partir de ce qu’il appelle la psychohistoire :

[…] la tendance psychohistorique de la population d’une planète entière dépend partiellement d’une force d’inertie considérable. Pour la modifier, il faut soit disposer d’un nombre d’individus égal au nombre de la population, soit, si l’on ne peut compter que sur  un nombre relativement faible d’individus, avoir beaucoup de temps devant soi.

Adapter à notre problème immédiat : comment modifier les tendances de la planète à sombrer dans le spectacle de l’incohérence, l’esclavage comme fin et la jouissance comme nécessité (ou tout ce que vous voudrez de pas cool) ? Asimov, malgré que son œuvre soit teintée d’un optimisme bourgeois et technocratique, pose la question de l’inertie sociale, donc de la force faisant en sorte que les masses aillent dans une même direction, qu’il faudrait impérativement dévier de plusieurs degrés ! Pour ce faire, il faudrait effectivement plus d’effectifs que la poignée de révolutionnaires qu’abrite l’Occident !

De façon généreusement extrapolée, si une personne sur 1000 appuie la révolution violente, il n’y a toujours, au Québec, que des effectifs de 7000 individus (au grand maximum, et en calculant que beaucoup de ces 7000 individus seraient des révolutionnaires endormis). Un nombre infiniment trop faible pour renverser une tendance historique aussi forte que l’embourgeoisement des masses. Puisque le temps ne peut être la chose en laquelle il faut remettre le sort de la révolution, la question qui surgit de tout ce fatras est la suivante : comment augmenter les effectifs révolutionnaires rapidement ?

La réponse est simple : déclencher « officiellement » la guerre civile et donc contraindre les masses, par l’état d’urgence lié à la situation politique, à prendre position pour ou contre le renversement de la société bourgeoise violente et policière.

Merci, Az’ !

4 Réponses to “La question du nombre…”

  1. j’aime le dernier paragraphe🙂. c’est quoi la photo en passant?

  2. Putshtaki Richartaneautinant Says:

    La Commune de Paris, l’ami !

  3. Gang, devant vos ordis, vous semblez oublier une chose capitale dans l’idée de révolution des masses.

    La faim.

    Tant que le monde n’aura pas assez faim. Il ne sera pas assez revolté et sera prêt à se vendre (corps et idéologie) à la pensée dominante. Elle les nourrit.

    Et personnellement, je lutte de toutes mes forces pour me libérer des contraintes déjà imposées par la pensée dominante, je ne vois pas pourquoi j’en aiderai une autre à s’établir quand elle a également l’intention de brimer des gens pour arriver à une fin idéologique.

    Je ne trouve pas que ça s’en va vers le mieux.

    Je sais, j’arrête pas de chiâler quand je me pointe ici…

  4. Vois-tu, Pwel, plus d’un milliard sur sept vivent dans des bidonvilles et moins. Au Québec, nous sommes un minuscule village de 7 millions de personnes : c’est rien, mais rien du tout. La majorité de la planète vit dans la misère, mais ne possède absolument rien pour concrètement s’organiser, planifier et lutter collectivement. Ici, nous avons tous les outils, sauf que notre contexte est très différent : nous vivons dans un pays impérialiste, et la possibilité d’agir est plus maigre étant donné l’idéologie dominante qui nettoie quotidiennement les pensées et les aliène pour ne pas se révolter. Même que cette superstructure idéologique fait en sorte qu’on refuse, rejette et questionne toute tentative, toute idée, toute volonté de soulèvement parce que c’est très mal vu.

    Slavoj Žižek en parlait de cette « horreur de la violence » sauf quand elle est étatique ou bourgeoise.

    Reste que tu as raison quand tu parle de la faim : sauf que l’écrasante partie de la population mondiale qui cri famine est ignorée ; tout comme celle qui cri désir de justice et de révolution.

    Il faut aller au-delà de cette barrière, de cette contrainte qui nous freine et nous maintiens sur place.

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