Limiter la lutte au moyen de la grève est futile

Cette nouvelle est révoltante.

Elle n’est révoltante pas parce qu’il y a présentement une grève où les prolétaires frappe de plein fouet une importante partie des transports en commun du Canada. Elle n’est non plus révoltante parce que leur convention collective est échue depuis fin décembre 2006. Elle n’est nullement révoltante parce que les syndiqués ont le droit fondamentale et reconnu de faire la grève. Elle est révoltante parce que la bourgeoisie a commencé à foutre à la porte les 2 400 prolétaires en grève si celle-ci devait durer, et diabolise les prolétaires grévistes en victimisant les « clientEs aliénéEs » qui utilisent ce transport quotidiennement.

Cette stratégie bourgeoise est simple : assurer la domination des capitalistes sur les prolétaires. « Si les grèves inspirent toujours une telle épouvante aux capitalistes, c’est parce qu’elles commencent à ébranler leur domination » disait Lénine en 1899 dans un de ses textes À propos des grèves. Tous les moyens sont bons : scabs, désinformation, mises à pied, baisse salariale, menaces, diabolisation et encore. Dans toute cette affaire, le prolétaire isolé n’a pas son mot à dire : qu’il se la ferme et labeur pour le bourgeois, pour autrui, pour ses profits et non les intérêts du prolétariat. Lorsqu’isolé, il peut être renvoyé pour être remplacé par un autre. La bourgeoisie ne sera jamais en manque de prolétaires : le taux de chômage sert justement à cela, à garantir un sac de personnes prêtes au labeur et à travailler pour moins cher encore. Le prolétaire en a beaucoup à perdre en restant isolé.

Lorsque le prolétariat s’unit ; lorsque les prolétaires d’une usine, d’une compagnie, d’une entreprise mettent en commun leurs forces, la bourgeoisie craint aussitôt. Elle craint de perdre son trône, son pouvoir, sa position de domination. La grève vient justement pour empêcher que leurs conditions s’enfoncent dans la misère, mais n’en est qu’un fragment du prologue vers la guerre populaire prolongée, incluant l’insurrection. Elle débute sans objectif clair et cible précise. Il y a une colère, mais non-canalisée, faisant perdre tout le potentiel révolutionnaire et insurrectionnelle de la grève. C’est pratiquement faire la grève parce qu’il y a mécontentement et ras-le-bol, mais sans plus.

Son rôle n’est pourtant pas le renversement du capitalisme, ou la lutte contre la bourgeoisie et le capitalisme comme on l’a vu au travers de l’histoire. En réalité, la grève sert d’instruction aux grévistes (autant prolétaires qu’étudiantEs) à la lutte contre le capitalisme, la bourgeoisie ; à la compréhension de sa réalité, de l’ennemi et de soi ; à l’apprentissage de l’organisation, de la solidarité ; à la connaissance des lois, des règles bourgeoises et de son cadre légal d’action. En d’autres termes, la grève est une école de guerre qui épure l’aliénation sur ses conditions d’existences matérielles à l’immédiat.

Mais la grève ne suffit pas, et de nombreux militantEs, révolutionnaires, grévistes ont la fâcheuse croyance que déclencher une grève générale nationale (et donc, de tout le pays ou la province pour le Québec) forcera la bourgeoisie à lui céder tout ce que le prolétariat voudra. Lénine en faisant la remarque en 1899 et prévenait les prolétaires de cette erreur opportuniste :

Voyant la force que représentent l’union des ouvriers et leurs grèves, même de faible envergure, certains pensent qu’il suffirait aux ouvriers d’organiser une grève générale s’étendant à l’ensemble du pays pour obtenir des capitalistes et du gouvernement tout ce qu’ils désirent. Cette opinion a été également celle d’ouvriers d’autres pays, lorsque le mouvement ouvrier n’en était qu’à ses débuts et manquait tout à fait d’expérience. Mais cette opinion est fausse. Les grèves sont un des moyens de lutte de la classe ouvrière pour son affranchissement mais non le seul ; et si les ouvriers ne portent pas leur attention sur les autres moyens de lutte, ils ralentiront par là la croissance et les progrès de la classe ouvrière.

Les grèves ne sont pas une guerre en elle-même, une émancipation vers l’insurrection et à l’éclatement d’une guerre populaire prolongée dans le but de renverser la bourgeoisie et d’exercer le pouvoir réel des masses. Quiconque croit gagner indéfiniment avec la grève perd d’avance ; et quiconque n’investis pas son temps, son argent et sa sueur dans la grève a déjà tout perdu. Il est futile de limiter la lutte au moyen de la grève, et même néfaste puisqu’elle devient de moins en moins acceptée et crédible dû à l’absence complète d’une mouvance insurrectionelle, d’une idéologie révolutionnaire. Comme disait Lénine dans Que Faire ? : « sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire » !

Cessez votre pusillanimité, votre excessive timidité, votre passivité, votre abstentionnisme militantiste et révolutionnaire ! Luttez pour vos droits, pour votre avenir, pour votre vie et celui des peuples, celui des masses, celui des prolétaires ! Faites des occupations, des sabotages, des comités révolutionnaires et insurrectionnelles ! Armez-vous, organisez-vous, planifiez et frappez fort, très fort ! Ne vous vous laissez pas décourager par la désinformation, la répression et les promesses de comptables !

Prenez exemple sur la Corée du Sud, et en avant camarades !

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Une Réponse to “Limiter la lutte au moyen de la grève est futile”

  1. Putsh ! Says:

    Il faudrait tout d’abord arrêter d’attendre la moindre action révolutionnaire de la part du prolétariat contemporain…..

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