Montréal-Nord, embryon de la révolte

Les aboiements ont surgi avant-hier matin suite à une agitation entre agentEs réactionnaires et jeunes du quartier : « Nouvelle émeute à Montréal-Nord ! Encore les jeunes qui se battent contre la police ! Toujours les même, des trouble-faits, des gangs de rue, des chômeux qui s’piquent et volent ! ». Mais d’abord : que dit-on dans les mass-médias poubelles à ce sujet ?

Dans la soirée du 16 juin, vers 22h15, une intervention des prolétraitres a eu lieu dans le parc Carignan du district Nord-Est de Montréal-Nord, soit le même voisinage où fut assassiner Freddy Alberto Villanueva. Deux appels ont été reçus par la police signalant qu’il y avait une bagarre entre jeunes filles dans le parc où s’était rassemblé plus d’une trentaine de jeunes (nombre exagéré par la police affirmant 100). Un homme aux préjugés racistes raconte :

«Le grabuge est l’œuvre d’une bande de jeunes qui font du trouble avant d’aller se cacher. Ils veulent juste mettre le feu aux poudres. C’étaient des jeunes qui se tiraillaient jusqu’à ce qu’un coup de poing soit donné. Une dame en haut de chez nous a aussitôt appelé les policiers. À leur arrivée, les jeunes se sont rassemblés pour foutre le bordel », a raconté l’homme de 42 ans.

OrganiséEs, coordonnéEs, préparéEs, avant-gardistes et arméEs, les jeunes se sont donnéEs le mot pour affronter la horde prolétraitre qui est immédiatement arrivée sur les lieux, prête à toute épreuve. En ligne parfaitement placée, les jeunes ont donné le signal de tirer à volonté : c’est alors que des tonnes de projectiles de la taille d’un pavé, voire d’un meuble, ont été lancées sur les agentEs de la paix non-arméEs. Ceux-ci et celles-ci ne cherchaient qu’à encadrer le rassemblement de voyouEs spartiates en restant à l’écart étant donné qu’à leur arrivée, ils n’y avait pas une seule bagarre.

Étonnée, la police appelle l’anti-émeute équipée d’armure de béton, de casque indestructible, de matraque longue d’un mètre, de poivre de Cayenne et gaz lacrymogène en renfort. Dépassant le nombre de ce groupe de bandits, ils lancent la contre-attaque : paniquéEs, les voyouEs spartiates se sont enfuiEs dans les rues avoisinantes et ont tenté de faire un maximum de dommage matériel dans le but d’y faire régner la terreur, le terrorisme et le sang. Au total, soit à peine une heure après la bataille de Carignan, 9 bandits ont été neutraliséEs et la paix est revenue.

C’était la vision policière de la chose et des racistes du coin.

Réellement, la police est arrivée suite à l’appel de la dame, effrayée de voir des jeunes se rassembler dans un parc. Les jeunes du quartier, victimes de répressions policières et d’exclusions sociales, ont manifesté leur mécontentement de ces racistes de l’État soulignant qu’ils et elles n’étaient pas la bienvenue. Des objets ont été lancés en leur direction, ne faisant aucun foutu dégât réel sur la police super équipée, ainsi que des insultes (ces jeunes l’ont avoué, chose que la police ne fait jamais). Mais dans le même moment, un lance-grenadier provoque le groupe en leur pointant son arme, prêt à disperser la mince foule de jeunes. Les autres prolétraitres, main à la matraque, ont chargé dès le signal donné, tabassant quelques-unEs sans les répertorier comme des « blesséEs ». On le sait : unE manifestantE n’est jamais blesséE, c’est un mythe.

Or, les réactions furent nombreuses du côté des réactionnaires.

Les explications données par le bouffon de ministre de la Sécurité publique du Québec hallucinent un complot orchestré par les jeunes. Selon cette tête de nœud, il y a eu des agitateurs (comme moi !) organisés qui cherchaient volontairement à déstabiliser la « paix » dans le quartier et commettre des actes illégaux. Jacques Dupuis ose vomir des mensonges venimeux en disant que « l’intervention des policiers était justifiée. Il n’y a eu aucune provocation de leur part. Les policiers se doivent de protéger les gens face aux drames qui se produisent à Montréal-Nord ». Vous y voyez l’ironie dans cette affirmation grotesque ? Freddy Alberto Villanueva, c’était un drame produit à Montréal-Nord par la population locale ou la police elle-même du quartier ? Dire qu’une telle fourbe peut être ministre, surtout avec ses pseudo-analyses sociologiques tirées d’une boîte de céréale.

De plus, le Gourou de la police, Yvan Delorme, déclare que « certaines personnes veulent que ça dégénère » pour justifier la présence policière, ainsi que son accroissement. Eh bien, bonhomme, si tu veux pas que ça dégénère, commence par accuser au criminel tes prolétraitres assassins  pour enlever la croyance aux jeunes qu’il y a une justice à deux vitesses, décâlisse de Montréal-Nord et démissionne ! C’est sans oublier aussi cette déconnectée de la réalité, cette obsédée de la modération, Brunilda Reyes, qui affirme que la soumission, la passivité et la non-violence sont les réponses que les jeunes doivent adopter aux interventions policières, peu importe leur nature et leur finalité. Ceci est un vieux discours qui n’a eu pour effet que d’entretenir l’esclavagisme, l’aliénation et la culpabilisation.

La police et leurs vassaux sont si effrayés qu’une insurrection puisse à long terme aboutir de cet embryon de la révolte qu’ils culpabilisent les populations locales en leur fournissant des leçons de morale. Je vous assure, le maire du quartier a fait des appels aux parents pour prévenir les émeutes en disant qu’ils ont une responsabilité à entretenir avec leurs enfants. Bien que Will Prosper a su émettre des ondes rationnelles de ses paroles, il reste que l’ignare de maire prétend qu’il n’y a aucun lien entre l’insignifiante révolte de mardi soir et les émeutes du lendemain de l’assassinat de Villanueva. Sans oublier qu’un crétin du nom Guy Côté a affirmé que « ce monde-là (les jeunes de mardi soir), ça n’a pas de parents ».

Pourtant, les jeunes le disent d’eux et elles-mêmes : la police est raciste et leur inspire la violence (un jeune l’a dit lui-même : « quand on voit la police, ça nous inspire la violence »). Les chienNEs de l’État procèdent à du profilage racial, les traitent de nègres et viennent même les emmerder en raison de leur couleur de peau. Le maire a beau vouloir corriger le problème par des activités et du sport accompagnés de confettis et de jus, mais les racines pourries résident dans l’intégration sociale très mal adaptée à ces jeunes issuEs de l’immigration (ou non). Conséquence : pauvreté, chômage, racisme (incluant discriminations et préjugés), répression policière, exclusion sociale. Certaines personnes complètement dans les patates croient que ces jeunes vont vieillir et changer d’avis pour devenir de gentilLEs bourgeoisES veston cravate. Non : ils et elles vont continuer à se révolter, se solidariser, se nourrir de leur image d’exclue et l’alimenter par des actes plus négatifs pour se sentir entenduE, vuE écoutéE (même si c’est dans un sens très mauvais). Ces jeunes vont continuer tant que l’enquête publique n’aura pas lieu.

Ces imbéciles du capitalisme pensent qu’en réprimant la délinquance, elle va disparaître. Ce n’est pourtant pas en coupant le capitule du pissenlit qu’elle mourra : il faut l’arracher jusqu’aux racines. Il faut s’en prendre aux causes pour cesser les conséquences, et non l’inverse. Mais ça, nul bourgeois s’y intéressera : le profit et la rentabilité n’y sont pas ! Ces maniaques prennent un plaisir fou à insulter, frapper, menacer, arrêter, poursuivre, emmerder, encager et provoquer les jeunes de Montréal-Nord qu’il en vient un moment où une révolte semble être l’unique solution pour avoir un pouvoir réel, ne serait-ce qu’un cours laps de temps. À ces jeunes, je leur dis : unissez-vous, organisez-vous et révoltez-vous ! La bourgeoisie ne se gêne pas pour vous marteler, pourquoi le devriez-vous ? Mais avant : prenez conscience de vos conditions de vie, incluant votre situation de classe sociale actuelle…

P.S.: Richard Martineau, je t’emmerde solidement.

P.S.2:

Accusez au criminel Jean-Loup Lapointe !

Accusez au criminel Jean-Loup Lapointe !

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Une Réponse to “Montréal-Nord, embryon de la révolte”

  1. Il a l’air jeune le policier qui a tiré. En plus, j’avais cru comprendre que c’était une policière. C’était peut-être une bévue dû au stress. Tout ça pour dire que cette histoire est très controversée et personnellement…

    Tout Montréal devrait se révolter en même temps un quartier 1 heure après l’autre. Il n’y aurait jamais assez de policiers. Ça serait la pagaille. Ça serait magique. Tu me donnes envie de crier, de scander joyeusement « LE POUVOIR AU PEUPLE ». Pas aux infâmes illettrés… juste à ceux qui ont des idées nouvelles et fraîches.

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