Horreur du jugement

Il y a une maladie infantile engloutissant les masses québécoises depuis la fin de la Grande Noirceur dès les années 60. Cette maladie arriérée, c’est cette horreur, cette aversion, cette excessive antipathie pour le jugement, la critique, la mise et remise en question des faits, des paroles et des gestes. Depuis la « disparition » de l’Église et de ses tentacules, l’impiété des jeunes masses ne cesse de croître. Paradoxalement, la proportion à l’incapacité de recevoir une critique d’autrui, que ce soit par camaraderie, amour ou forte amitié, va dans le même sens. Nul ne veut être jugé ou critiqué, ne serait-ce pour un tort, une erreur ou un laxisme accru néfaste à court, moyen et long terme.

Si une personne ose lancer la critique, émettre un jugement et ce, avec preuves, explications et arguments à l’appuie, la réponse de la « victime » (c’est ainsi qu’elle se voit) reste et restera pareil : « Je n’ai pas à subir de procès d’intention ! » C’est le sophisme magique pour tout décrédibiliser et banaliser la critique, même si pertinente. Il en est de même chez les militantEs : l’autocritique étant bannie de leur esprit, ceux et celles-ci répètent les même erreurs, les même gaffes, les même fautes. Dès lors, une tentative de critique est de mise chez ces gens de peu de convictions, perdus et confus dans ce postmodernisme moribond. En retour, ce sont des aboiements qui jaillissent de leur bouche : « t’es pas mon père / ma mère / Dieu / le juge ! ».

Ces écerveléEs avides de « liberté de conscience, de pensée et de choix » – des termes qui ont perdu leur sens – ne veulent ni débattre, ni dialoguer, ni argumenter, ni discuter, ni s’autocritiquer. Ce serait « antimoderne » dans la mesure où, depuis que Dieu est mort, nul « juge » n’existe et touTEs sont permisES de faire ce que bon leur semble sans jamais être questionnéE sur leur comportement. Pour d’autres, cela reviendrait à être du paternalisme, de l’autoritarisme (souvent mal conceptualisé par les militantEs  frénétiques antiautoritaires), de la religion même ! Leur maladive saugrenue attitude renfermée les contraint, voire oblige à refuser toute possibilité de remise en place suite à leurs inexactitudes, maladresses ou bavures. Qui donc de ces rebelles égaréEs aimeraient se faire dire, en pleine figure, que telle position, ou tel comportement est néfaste ?

Ah ! et ces troudkistes de bourgeoisES en Assemblée Nationale qui demandent continuellement à la présidence de faire rappeler les lois et règlements de « bonne tenue » – déconnectés de la réalité miséreuse – à la personne qui osera monter le ton avec des propos hors du commun : « Monsieur le Président, j’aimerais que l’on fasse rappeler au jeune homme ici présent qu’il doit garder une attitude conforme aux règles parlementaires, et que les procès d’intention ne sont pas appréciés. » Hey ! Pourriture ! Il y a des gens dans la rue qui crèvent de faim, d’autres qui dorment et paient leur lit – l’asphalte – et des prolétaires esclaves renvoyéEs pour préserver ton cul réchauffés sur ton throne avec un salaire aux six chiffres ! « Mais je vous demande de corriger votre ton. » Oh, c’est vrai : ces gens-là, sans vivre et sans salaire, ont le temps de survivre quelques jours de plus, ça peut attendre !

Pour visionner les débilités des députéEs QuébécoisES « éluEs » via leur emmerdants discours vides à l’Assemblée Bourgeoise, cliquez ici.

Mais ce qui est affligeant, ce ne sont pas ces vautours du Capital. En fait, ce sont ces prolétaires qui ne font que rouspéter, radoter, « chiâler » contre un système qu’ils jugent (eh oui !) inapte et problématique, mais ne font rien ; et quand ils ne font rien, ils ne veulent pas se le faire dire ! « J’fais c’que j’veux ok ? » émane généralement de leur gorge. Au lieu de corriger les erreurs et de mettre un terme aux conflits interprolétaires ridicule, il y a une étrange frénésie qui est favorisée : celle de s’entre-bouffer et se diviser, et s’isoler pour enfin devenir sectaire.

Rappelons les paroles de Mao Tsé-Toung en ce qui concernait la critique et l’autocritique :

L’idéologie de la bourgeoisie et celle de la petite bourgeoisie trouveront sûrement à se manifester. A coup sûr, ces deux classes s’obstineront à s’affirmer par tous les moyens, dans les questions politiques et idéologiques. Il est impossible qu’il en soit autrement. Nous ne devons pas recourir à des méthodes de répression pour les empêcher de s’exprimer; nous devons le leur permettre, et en même temps engager un débat avec elles et critiquer leurs idées de façon appropriée. Il est hors de doute que nous devons soumettre à la critique toute espèce d’idées erronées.

Certes, on aurait tort de ne pas critiquer les idées erronées et de les regarder tranquillement se répandre partout et s’emparer du marché — toute erreur est à critiquer, toute herbe vénéneuse est à combattre —, mais cette critique ne doit pas être dogmatique; il faut écarter la méthode métaphysique et faire tout son possible pour employer la méthode dialectique. Une analyse scientifique et une argumentation pleinement convaincante sont ici de rigueur.

Il faut critiquer les défauts du peuple, mais il faut le faire en partant véritablement de la position du peuple; notre critique doit être inspirée par le désir ardent de le défendre et de l’éduquer. Traiter ses camarades comme on traite l’ennemi, c’est adopter la position de ce dernier.

Usez de la critique et de l’autocritique : ne vous gênez pas ! Cessez d’avoir cette horreur nauséabonde du « jugement » et d’empêcher toute possibilité de remise en question sur vos propres moyens (et même les miens !) de lutte, de dialogue et d’organisation ! Quand il y a une lacune, un défaut, il faut en parler et en débattre ! Mais bien sûr, sans adopter une position conservatrice de la divinité, ou des croyances purement métaphysiques venues du ciel tout en l’intériorisant. Le sectarisme et dogmatisme n’ont pas leur place.

Prolétaire ! Êtes-vous sectaire ?

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Une Réponse to “Horreur du jugement”

  1. Je suis en amour avec ton paragraphe 3 qui résume ma journée en gros…

    Sinon, tu n’arrêtes pas de dire que le prolétaire ne fait rien pour lui même et ses semblables, mais une seule personne ne peut pas changer les choses… En fait, je veux bien croire que oui. Il faudrait cependant un miracle. Tu m’as l’air tout désigné pour. Rassemble le plus de gens que tu peux et insurgeons nous pendant qu’il est encore temps. Que nous n’avons pas de puces sur nous !

    Ah j’avais oublié… les nouvelles cartes de débit sont munis d’une puce. Dorénavant, tout le monde peut vous retracer. Soyez sur vos gardes !

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