Québec : province à culture soumise arriérée

Ce sont les trois mots qui me viennent à l’esprit pour vulgariser la description de la « Belle Province » en ce qui trait la lutte sociopolitique et la morale. Une province qui se déclare développée, en avant sur le monde, culturellement riche, forte, « unie » et qui donne à sa population une identité nationale. Une province qui se veut en concurrence avec les autres nations, véhiculant des valeurs communes à tous et toutes comme la langue, l’histoire et la culture.

Ce discours est digne d’un nationalisme exécrable venant du 19e siècle, en retard de plusieurs révolutions nationalistes et bourgeoises. Nombreuses révolutions et guerres d’indépendances issues du nationalisme ont réussi à éclore pour déterminer de nouveaux territoires : pas pour les « frenchs canadians ». Les Patriotes de 1837-38 ont lamentablement échoué, les deux référendums ont été des échecs de la bourgeoisie québécoise (qui a accusé en 1995 la bourgeoisie canadienne et les ethnies « non-québécoises de souche » d’en être la cause), et l’omniprésence antisyndicale et réactionnaire de l’Église jusque dans les années 60 ont maintenu les québécoisEs dans une position arriérée. La colonisation anglaise, l’annexion de force du Québec au Canada, les balles enrobées de sucre promettant aux « frenchs canadians » de conserver leur petit catholicisme, ainsi que la loi martiale décrétée pour faire la chasse aux felquistes ont maintenu les québécoisEs dans une position soumise.

Ces quelques faits historiques se sont entretenus dans la culture québécoise, la rendant excessivement passive et tolérante face aux injustices, corruptions, mensonges, vols, exploitations et dépravations au point d’en jouir de cette position. Même qu’une attitude « autoflagellative » est adoptée pour perdurer cette absurdité culturelle. Les pertes gastronomiques de la Caisse n’ont été traduites que par un simple grondement dans la rue et quelques cris dans l’Assemblée Nationale. Le scandale des commandites n’a réveillé que les intellectuelLEs. Même les xénophobies face aux accommodements raisonnables, provoquées par la bourgeoisie populiste et alimentée par le prolétariat vide de conscience de classe, n’ont abouti qu’à une simple commission laissée aux oubliettes.

Petite analogie rapide.

Peuple de paysans, la méthode d’évacuation employée par les habitantEs du Québec n’est qu’une simple jacquerie, réprimée par le Seigneur  (l’État) qui est vu comme l’autorité suprême qui n’a jamais tort avec ses répressions, ses expropriations, ses exigences, ses demandes et ses fabulations. Les illettrés analphabètes et abrutis paysans (prolétaires) avides de catholicisme (individualisme) n’ont jamais su se révolter concrètement. Le résultat de cette incapacité à lutter, combattre, vaincre et à résister n’est guère fameux : il sombre ces ignares dans la toxicomanie et l’alcoolisme, deux agents extrêmement destructeurs des ambitions et des volontés révolutionnaires des masses prolétaires dans l’émancipation d’une nouvelle société. Pour les capitalistes, ça fait leur affaire ! Ils rendent la population léthargique tout en gonflant leurs propres coffres grâce labeur aliéné des prolétaires ! Les prolétaires ressentent une euphorie via le processus biologique des flux chimiques du cerveau, et deviennent dépendants de leur consommation. Celle-ci les empêche de réfléchir sur le monde, sur ce qui se passe, sur ce qu’ils subissent et jouissent de leur misère. Coûteux, les prolétaires travaillent de plus en plus pour subvenir à leur dépendance, donnant ainsi à la bourgeoisie ce qu’elle veut : sa vitalité et le fruit de sa force de travail au maximum. Antonio Gramsci disait sur le Fordisme américain :

[…] Le haut salaire est un instrument à double tranchant : il faut que le travailleur dépense « rationnellement » son salaire plus élevé, afin de maintenir, de rénover et, si possible, d’accroître son efficience musculaire et nerveuse, et non pour la détruire ou l’amoindrir. Et voilà que la lutte contre l’alcool, le facteur le plus dangereux de destruction des forces de travail, devient une affaire d’État. Il est possible que d’autres luttes « puritaines » deviennent elles aussi des fonctions d’Etat, si l’initiative privée des industriels se révèle insuffisante ou si se produit une crise de moralité trop profonde et trop étendue parmi les masses travailleuses, ce qui pourrait se produire à la suite d’une longue et importante crise de chômage. […] On observe couramment que le travail « obsédant » provoque des dépravations alcooliques […].

Conclusion ? Tout le monde est gagnant : autant les capitalistes qui inventent des pseudo-luttes contre la drogue et vendent leurs produits d’autodestruction, autant les prolétaires contre-révolutionnaires qui contre-produisent et refusent toute discipline ne serait-ce pour lutter avec une organisation idéologiquement établie.

Par exemple : qu’est-ce que la Saint-Jean-Baptiste ? La fête nationale du Québec ou la dépravation généralisée des masses soumises et arriérées du Québec, ne sachant où aller, quoi faire de leur misérable réalité, à consommer sous un thème de concours « Le plus de bières et de joints en un temps déterminé » ? Ces écervelés qui associent « peuple » à « autodestruction » ne font que miner et saper l’extrême mince conscience de classe que les québécoisEs possèdent si ce n’est la langue et l’histoire du territoire où le massacre des autochtones est constamment oublié. La perte d’orientation idéologique ralentie gravement toute insurrection, toute révolte, toute révolution, toute organisation des masses, et s’aggrave par « la diffusion massive de la drogue [et alcool] qui engourdit les aspirations révolutionnaires » et la nécessité de renverser le capitalisme. Ces conditions offrant autant de dépravations sont orchestrées par le capitalisme et forment le meilleur contrôle social invisible qui soit.

Toujours sceptique ?

Alors qu’en 1878, les travailleurs et travailleuses du Québec se révoltaient contre la bourgeoisie et ses vassaux à coups de pierres, de bris matériels et d’attaques physiques envers les ministres, ainsi que par les occupations, pour réclamer 50¢ de plus, aujourd’hui il est à peine imaginable d’insulter le mur organique (la police), qui sépare la bourgeoisie du prolétariat, au nom du communisme, de l’abolition de l’État ou tout simplement d’un monde meilleur. Le faire reviendrait à insulter la démo-crassie, la paix sociale et enfreindre l’harmonie sociétaire.

Alors qu’en France, les jeunes exclus de la société usent de mitraillettes comme les kalashnikovs et des pistolets contre les forces de l’ordre, au Québec on condamne toute sorte de violence, autant verbale, gestuelle que symbolique, en se dissociant complètement de l’action et de ses acteurEs que sont les manifestantEs et militantEs. Au Nord du Pérou, les combats sont ensanglantés entre les indienNEs amazonienNEs et forces de l’ordre où des morts et des blesséEs sont répertoriéEs. Ici ? Ce sont des gens effrayés, qui ont la terreur à la vue d’un mini-tank organique mobile, à peine capable de se déplacer sur de longues distances en compagnie de ses pois chiches blindés en ligne avec lui. Incapables de faire la différence entre l’acceptable et l’inacceptable, les québécoisEs se disent contre la violence dans toutes ses formes, mais applaudissent lorsque l’État intervient violemment et tue des citoyenNEs comme Freddy Alberto Villanueva. Le tout avec un « beau travail ! ».

Même la foutue exagération du SPVM d’aller déployer des escadrons anti-émeutes à St-Michel sur la rue Jean-Talon (après que le match Algérie-Égypte pour la qualification de la Coupe du Monde de FIFA est donnée victoire à l’équipe algérienne) n’a été accueuilie par aucune opposition, ni même un questionnement ou un étonnement de stupéfaction ! Partout à travers le monde, c’était la fête sans les foutues anti-émeutes : ici, elle était partout pour « contenir » la « manifestation agitée ». Lorsque c’était la victoire d’Italie en 2006, où étaient les anti-émeutes ? Nulle part.

Mais quelle est cette ahurissante réflexion « combattive » et syndicale ? Manifester dans la rue comme dans une festivité, avec  pause et nourriture plus boisson, puis revenir à la maison pour ouvrir la télévision et  commenter avec ses amiEs sur la manifestation, c’est ça la « lutte sociale » ? C’est donc ça pour vous, infâmes laxistes révolutionnaires prétendant, le militantisme ! C’est une lutte rose, un putain de passe-temps où « c’est le fun militer, on se sent vivant, et après une manif, c’est toujours avec plaisir qu’on va manger au McDo avec nos camarades » pour reprendre les paroles d’un camarade anarcho-communiste. Vous avez l’argent pour consommer les produits d’autodestruction, aller fêter hebdomadairement, mais vous n’avez ni temps, ni argent, ni énergie, ni volonté pour avancer la lutte révolutionnaire et l’implosion du capitalisme, ce système pourri jusqu’à la moëlle.

Votre pusillanimité est méprisante, et Thomas Walker disait une vérité tout aussi valable en 1794 qu’aujourd’hui :

En tant que groupe […] les dissidents n’ont jamais été à la hauteur de leurs principes ; […] par peur ou pour quelque autre motif, ils ont si farouchement prôné la Modération la plus Excessive qu’ils se sont plutôt avérés les ennemis que les amis de ceux qui ont risqué et agi le plus pour les droits du peuple.

Les « dissidents » ici, c’est vous, révolutionnaires. Je vous le rappel : le pouvoir est au bout du fusil !

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3 Réponses to “Québec : province à culture soumise arriérée”

  1. anartiste Says:

    Dur comme texte. meme si se faire rentré dedans sa fait du bien desfois. aussi fau, tu a oublier quand emme les grandes luttes des année 70, les soviets qui se sont foré a sept-iles , saint-jerome, theformine ou en plien couer de montreal a hocelga ou centre sud.
    Aussi, cherhcer simplement la violence de l’affrontement ne sert a rien, l’echec pthetique des brigades rouges, d’Action direct, de la faction armé rouge, des Black Panther et autres le prouve bien. La construction d,une conscience de classe sa se construit pas en deux heures. Faux du temps et des luttes, notre role c’est d’en crée et de radicaliser celle qui existe (la vilolence peu etre utile dans se cas la) et puis , regardons cela de plus pres, si on regarde l’evolution de la conscien politique depuis vingt ans je trouve que le vent tourne beaucoup plus de notre coté.
    aussi paraport au camarade anarcho-communsite il etait sarcastique qu’and il parlait?

  2. Lucas Says:

    Mettre moins d’épithètes et de participes présents(ex: C’est donc ça pour vous, infâmes laxistes révolutionnaires prétendant, le militantisme) dans votre texte, mon cher rafeeq, aiderait peut-être à le rendre plus lisible.

    (clin d’oeil)

  3. Ton texte est très lisible. Suffit d’un peu de concentration. Les gens ne lisent plus rien de toute manière : ne t’attend pas à grand chose d’eux.

    Alors, ça serait ça pour ta LA révolution ? À chacun son fusil et on tire quand quelque chose ne fait pas notre affaire ?! Tuer les gens au pouvoir ! Ce sont tous des sadiques ! Il doit bien y avoir une autre manière… Il est certain que les grèves où les manifestations s’avèrent tellement vaines en ces temps présents. Je m’ennuie d’un système ou le prolétaire est roi. Je veux un renouveau, mais nous battre en corps à corps est-il réellement une solution ? Tout ça est plutôt hypothétique… Surtout qu’une défaite représenterait le summum de la gouillardise. Nous pourrions dire avoir essayé, mais à quel prix ?

    De toute évidence, personne ne se ralliera à une telle idée. Ils te croiront fou.

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