Retour sur le Centre Social Autogéré : Analyses et perspectives

Malgré ce qu’en diront les plus bêtes d’entre nous, je pense que ce qui s’est passé dans la nuit du 28 au 29 mai dernier, constitue l’un des évènements les plus révolutionnaires et subversifs qui soit survenu au Québec ces dernières années et ce, malgré l’échec de l’occupation du bâtiment lié à la ridicule et maladroite intervention des gardiens de la paix sociale.

Dans quelle « boîte » on place ça ?

Bien plus qu’un squat « conventionnel », guidé par la nécessité du logement, le CSA s’accompagne d’une volonté de rupture consciente avec le marché et le droit bourgeois. Également, le squat traditionnel ne comprend pas de dimensions communautaires et politiques. Le CSA s’inscrit de plein fouet dans un mouvement de reconquête urbaine. Il comprend d’ailleurs tous les éléments d’un mouvement social (capacité de mobilisation, valeurs communes, enjeux conflictuels, opposants, actions diverses), mais bon, on n’est pas dans un insipide cours de sociologie, alors veuillez excuser ma totale indifférence quant à l’absence d’argument pour justifier chacun de ces points.

Mais on fait quoi avec un CSA ?

C’est sur ce point que l’on risque de se chicaner, mais tant pis. En mon sens, le but d’un CSA est de devenir « l’avant-garde » dans la coordination des instances para-capitalistes (groupes, bâtiments, activités économiques ou sociales ne s’inscrivant pas dans le marché ou dans le « regard » de l’État manager – on exclue donc les associations communautaires ; heureusement, d’ailleurs…). Vous l’avez compris, le CSA se manifeste comme l’outil par excellente de coordination dans sortie du marché, ce qui signifie la création d’un système économique non marchand à l’intérieur du système marchand violent et répressif. Difficulté de taille ? En effet.

Cela représente donc l’organisation de la production : nourriture, biens de consommation divers, logement, vêtements, mais aussi production de spécialistes et transmission du savoir qu’il faudra voler à la bourgeoisie. Il faudra une médicine pour la communauté, comme il lui faudra une agronomie! Bien entendu, tout cela représente des défis d’organisation et cela se fera progressivement, sur plusieurs années. Par exemple, ou faire pousser des légumes ? Sur les toits, dans des fermes collectives en banlieue ? Ou trouver des médicaments ? Dans les poubelles des pharmacies privées ? Imaginez un quartier complet, autogéré, quasi autosuffisant, où il n’y a aucun crime, parce que tout le monde mange et qu’il n’y a pas d’argent, où la police a peur d’aller, parce tout le monde ou presque est armé. Non mais (!), est-ce que cela ne ressemble pas à une commune ? Oui, c’est assez commune-like pour appeler ça une commune.

Le but de ce bref écrit n’est pas d’exposer le « comment » de la création de cette nouvelle entité économique, simplement d’énoncer les magnifiques possibilités qu’offre à long terme le CSA ; parti d’un organisme à but récréatif, social et politique, il devient le levier économique d’un quartier et le rail de son émancipation intégrale.

Bienvenue à bord du wagon-restaurant du progrès !

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Une Réponse to “Retour sur le Centre Social Autogéré : Analyses et perspectives”

  1. anartiste Says:

    regarde le squat de cristina au Danemark, sa ressemble au cartier don tu parle. (ils ont même fait un bassin d,insémination artificiel pour élever du poisson!)

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